Collision de trains en Espagne : Panne, « erreur humaine »… Ce que l’on sait sur cette catastrophe ferroviaire

Drame •Deux trains reliant Madrid à Séville sont entrés en collision près de Tolède, faisant au moins 68 morts. Le premier a percuté par l’arrière le second, immobilisé sur la voie. L’une des pires catastrophes ferroviaires en Europe depuis 2013

28 Oct 2026 - 22:00
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Collision de trains en Espagne : Panne, « erreur humaine »… Ce que l’on sait sur cette catastrophe ferroviaire

Le bilan ne cesse de s’alourdir. À 17 heures, il faisait état de 68 morts et 108 blessés. Deux trains sont entrés en collision ce mercredi matin à 150 km au sud de Madrid, à Urda, près de Tolède. Le bilan humain est très lourd. Il s’agit de l’une des pires catastrophes ferroviaires depuis vingt ans en Europe. La deuxième en moins de dix mois en Espagne, après les 46 morts à Adamuz (Andalousie), le 18 janvier.

Que s’est-il passé à Urda, au sud de Tolède ?

Les deux trains accidentés faisaient le même voyage, en provenance de Madrid et à destination de Séville-Santa Justa. Le train Renfe (AVE 2080), équivalent d’un TGV en France, était parti de Madrid-Puerta de Atocha à 8 heures et son arrivée était prévue à 10h39. Le train Iryo (service 6076) circulait également vers la capitale andalouse et se trouvait devant l’AVE au moment du choc. Il aurait dû arriver à Séville à 10h35.

À 8h53, l’AVE a percuté par l’arrière l’autre train, alors immobilisé sur la voie. Broyée, la première voiture de l’AVE a quitté la voie pour se retrouver en contrebas. Les trois dernières voitures du train Iryo ont été propulsées hors des rails. Les deux dernières étaient totalement détruites sur les images que la Guardia civil a rapidement diffusées.

Pourquoi le ministre évoque une « erreur humaine » ?

À 8h30, une panne du système de contrôle LZB (pour Linienzugbeeinflussung) a touché le réseau ferroviaire. Ce système de contrôle de vitesse continu et de signalisation en cabine est utilisé sur les lignes ferroviaires à grande vitesse, en Allemagne, en Autriche et en Espagne. Six trains se sont alors retrouvés à l’arrêt, dont les deux incriminés. Après six minutes, le contrôleur a pourtant autorisé le conducteur de l’AVE 2080 à repartir.

Or, selon le ministre des Transports Oscar Puente, « il y a eu un signal rouge qui aurait dû empêcher la reprise de la marche ». Selon lui, l’AVE a parcouru 25 kilomètres à 200 km/h entre 8h36 et 8h53 avant de percuter le train Iryo. 17 minutes pendant lesquelles ni le contrôleur, ni ses supérieurs, n’ont vu la catastrophe qui prenait forme sous leurs yeux. Une décision que le ministre qualifie « d’inexplicable », alors que l’Iryo était encore à l’arrêt sur la même voie. « Personne ne s’explique comment il a pu ordonner à tous les trains arrêtés de repartir normalement, alors qu’en plus, il avait reçu la communication de l’Iryo indiquant qu’il était à l’arrêt ».

Que préconise le protocole ?

Ce passage du mode automatique au mode manuel en cas de panne du système automatique est classique. Le ministre précise que « cela se produit dans tous les systèmes de transport, y compris routier ou aéronautique : lorsque le système informatique tombe en panne, on passe en manuel ». Mais si le contrôleur estime que les trains peuvent repartir, les conducteurs ne peuvent alors le faire qu’à une vitesse limitée.

Or, Oscar Puente précise que c’est même l’un des six conducteurs de train auxquels ce contrôleur avait donné l’ordre de repartir « normalement », c’est-à-dire à pleine vitesse, qui l’a corrigé. Il lui a rappelé que le protocole, dans une telle situation, sans système informatique de sécurité, imposait de circuler « à vue ». C’est-à-dire à une vitesse de 40 km/h maximum. Lorsqu’un train roule à 200 km/h, il lui faut entre 1,6 et 2 kilomètres pour s’arrêter complètement en freinage d’urgence. Soit un temps compris entre 40 et 60 secondes (selon la masse du train, notamment, et l’adhérence des rails, notamment).

Qui sont les victimes ?

Vingt-quatre morts se trouvaient dans la première voiture de l’AVE. Les autres victimes étaient dans les dernières voitures de l’Iryo. 397 personnes se trouvaient à bord de l’AVE, 147 à bord de l’Iryo. Le bilan provisoire, à 17 heures, faisait état de 68 morts et 108 blessés, dont 58 hospitalisés. L’ancienne ministre de l’emploi et de la Sécurité sociale (de 2011 à 2018) Fátima Báñez (Parti populaire), ferait partie des victimes, selon les médias ABC et Democrata. Le chef de l’opposition, Alberto Núñez Feijóo (PP), se montre plus prudent. Une heure après ces annonces, il a expliqué de son côté qu’il n’avait « pas de nouvelles » de l’ancienne ministre.

Passager du train AVE, Ignacio Relaño, a évoqué à la télé espagnole « un freinage extrêmement brutal, un bruit assourdissant, un choc violent. » Il se trouvait pour sa part dans la troisième voiture. « Le train a semblé basculer, puis s’est redressé avant de s’immobiliser ». Son témoignage est glaçant. « Le pire, c’est ce que j’ai vu en m’approchant de l’avant du train : des personnes coincées, certaines qui criaient, des morts, un homme qui avait perdu un bras, une autre personne assise, sous le choc, comme si elle était dans un autre monde. »

Source: https://www.20minutes.fr/

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