Sommet Russie-Afrique : à quoi s’attendre de la rencontre de Moscou ?
Le président russe, Vladimir Poutine, et le président burundais, Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine (UA), coprésideront la rencontre
Des approvisionnements en céréales à l’énergie nucléaire, en passant par l’éducation, les technologies et les nouvelles routes commerciales, la Russie et les pays africains cherchent à élargir leur coopération à l’occasion du troisième Sommet Russie-Afrique, qui s’ouvre mercredi à Moscou.
Les délégations de 48 des 54 pays africains ont confirmé leur participation à ce sommet de deux jours, dont 22 seront représentés par leurs chefs d’État, selon le conseiller du président russe pour les affaires internationales, Iouri Ouchakov.
Le président russe, Vladimir Poutine, et le président burundais, Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine (UA), coprésideront la rencontre.
Le programme prévoit des sessions plénières, des rencontres bilatérales et des échanges avec les dirigeants d’organisations régionales africaines, ainsi que la tenue du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique.
Parmi les dirigeants que Vladimir Poutine doit rencontrer figurent le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, et le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.
Les principaux sujets à l’ordre du jour
Le commerce et les investissements devraient figurer parmi les principaux sujets abordés, aux côtés de l’énergie, de l’agriculture, des infrastructures, de la sécurité alimentaire, des sciences, des technologies, de l’éducation et de la coopération humanitaire.
Les échanges commerciaux entre la Russie et les pays africains ont dépassé 27 milliards de dollars en 2025, selon Iouri Ouchakov, contre environ 16,8 milliards de dollars en 2019, année de la tenue du premier sommet Russie-Afrique à Sotchi.
Les transports et la logistique figurent également à l’ordre du jour. Les deux parties entendent examiner les moyens de développer les routes commerciales, d’améliorer les connexions et de diversifier les marchandises échangées.
Les participants devraient adopter une déclaration finale ainsi qu’un plan d’action du Forum de partenariat Russie-Afrique pour la période 2027-2029.
Une déclaration distincte sur la coopération dans le domaine des usages civils de l’intelligence artificielle est également prévue, ainsi que la signature d’accords intergouvernementaux et interinstitutionnels dans plusieurs secteurs.
L’énergie et la sécurité alimentaire au cœur des échanges
L’énergie demeure l’un des secteurs les plus développés de la coopération entre la Russie et l’Afrique.
L’un des principaux projets est celui de la centrale nucléaire d’El-Dabaa, en Égypte, dont la construction est assurée par le groupe public russe Rosatom.
Le forum organisé en marge du sommet prévoit également des discussions sur l’énergie nucléaire, la production conventionnelle d’électricité, les énergies renouvelables, les activités minières et le développement des infrastructures énergétiques.
Plusieurs pays africains cherchent à accroître leurs capacités de production d’électricité face à la hausse de la demande, portée par la croissance démographique et le développement industriel.
L’agriculture constitue un autre pilier des relations entre Moscou et les pays africains. La Russie est notamment un fournisseur important de blé et d’engrais pour plusieurs États du continent.
À la suite du sommet de 2023 à Saint-Pétersbourg, Moscou a livré gratuitement 200 000 tonnes de céréales au Burkina Faso, au Zimbabwe, au Mali, à la Somalie, à la République centrafricaine et à l’Érythrée, conformément à un engagement annoncé par Vladimir Poutine.
Les discussions de cette année devraient porter sur les approvisionnements en céréales et en engrais, ainsi que sur les technologies agricoles, la transformation des produits alimentaires et la logistique.
De Sotchi à Moscou : une coopération appelée à se renforcer
Le premier Sommet Russie-Afrique s’est tenu à Sotchi en octobre 2019. Le deuxième a eu lieu à Saint-Pétersbourg en juillet 2023, à l’issue duquel les participants ont adopté une déclaration définissant les priorités de la coopération politique, économique, sécuritaire et humanitaire.
Les dirigeants avaient également convenu d’organiser le sommet tous les trois ans. Entre ces rencontres, la Russie et les pays africains ont mis en place un format de concertation au niveau ministériel.
La première conférence ministérielle s’est tenue à Sotchi en 2024, suivie d’une deuxième réunion au Caire en décembre 2025, consacrée notamment aux préparatifs du sommet de Moscou.
La rencontre de Moscou doit désormais permettre d’évaluer la mise en œuvre des accords précédents et de définir les priorités du partenariat russo-africain jusqu’en 2029.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
Source: https://www.aa.com.tr/fr
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