Microfinance : Baobab Mali accorde plus de 5 milliards de FCFA de crédits chaque mois
Désormais détenu à 100 % par le groupe égyptien Beltone, le réseau panafricain Baobab a connu une forte croissance au Mali en 2025. Plus de crédits, plus d’épargne, et 3,5 milliards de FCFA versés aux caisses publiques. Derrière ces chiffres, un modèle qui s’appuie sur les entrepreneurs et les cadres maliens.
Plus de 5 milliards FCFA. C’est le montant des crédits que Baobab Mali accorde tous les mois à de nombreux entrepreneurs maliens.. L’institution de microfinance, présente dans le pays depuis 2013, a vu son portefeuille net de crédits passer de 33,3 à 36,2 milliards de FCFA en un an, et les dépôts de ses clients de 17,6 à 20,4 milliards.
Ces chiffres traduisent d’abord la vitalité de ses clients : commerçants, artisans, producteurs et petites entreprises qui empruntent, remboursent et épargnent davantage. « Nous avons fait le pari des entrepreneurs maliens en 2013. Leur capacité à s’adapter nous donne raison », résume son directeur général, Mor Talla Diop Tine.
Un actionnaire africain, une plateforme continentale
Le passage de Baobab sous contrôle égyptien, en janvier 2026, s’inscrit dans la continuité d’une activité déjà solidement implantée au Mali. Il lui apporte désormais l’appui financier d’un groupe international : Beltone Capital détient aujourd’hui 100 % du groupe Baobab, présent dans sept pays africains.
Pour les entrepreneurs maliens, cet adossement peut notamment permettre à Baobab d’accompagner des projets de plus grande ampleur. Lorsqu’une entreprise augmente sa production, investit dans de nouveaux équipements ou ouvre plusieurs sites, ses besoins de financement évoluent : les montants deviennent plus importants et les durées de remboursement doivent souvent être plus longues.
Pour la filiale malienne, ce nouvel adossement change l’échelle. En juin 2026, Baobab a signé avec la Société financière internationale (IFC) un mécanisme de partage du risque qui couvre cinq pays, dont le Mali. IFC garantit la moitié d’un portefeuille de prêts pouvant atteindre 100 millions de dollars, soit environ 56 milliards de FCFA, pour des crédits allant jusqu’à cinq ans. De quoi financer des PME qui veulent changer de dimension : acheter une machine, ouvrir un deuxième site, honorer une grosse commande.
Avec 18 agences au Mali, le choix de la proximité
Cette connaissance s’acquiert au contact des clients. Dans un entretien au Journal du Mali publié récemment, le directeur général de Baobab Mali, Mor Talla Diop Tine, décrit un réseau de 18 agences, dont 9 hors de Bamako. Cette présence facilite les démarches des entrepreneurs et permet aux équipes de suivre leurs activités dans la durée.
Les dossiers sont étudiés à partir de la réalité de chaque activité : le rythme des ventes, les délais de paiement des fournisseurs, le calendrier des récoltes. Pour les femmes, souvent les premières écartées du crédit, l’institution a lancé le Crédit Muso, avec des prêts de 100 000 FCFA à 1 million de FCFA sur dix mois, sans frais de dossier.
L’implantation locale constitue un atout commercial autant qu’un service rendu aux entreprises. Elle aide à apprécier une demande de crédit à partir de réalités concrètes : les ventes, les charges, les délais de paiement ou les variations saisonnières. Pour les clients, elle offre un interlocuteur capable de comprendre leur situation et l’évolution de leurs besoins.
Les stagiaires d’hier dirigent aujourd’hui
L’ancrage se lit aussi dans les équipes. Baobab Mali emploie 352 personnes, avec une moyenne d’âge de 30 ans. La plupart des chefs d’agence ont débuté comme stagiaires ou gestionnaires de portefeuille. Le directeur administratif et financier de Baobab Mali est par exemple entré dans l’entreprise en tant que stagiaire en 2017.
Pour le Mali, c’est une filière de formation à part entière : des centaines de jeunes diplômés qui apprennent à analyser une activité, à évaluer un risque et à gérer un portefeuille. Ce sont des compétences qui restent dans le pays.
Au moment où l’économie malienne doit compter sur ses propres forces, l’exemple de Baobab montre qu’un financeur peut grandir avec ses clients, et contribuer à l’effort national.
Khadydiatou SANOGO/maliweb.net
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