Bamako : trois meurtres liés à l’homosexualité ou à des intérêts financiers élucidés par la police
Au cours d’un point de presse animé ce mercredi 28 octobre 2026 dans les locaux de la Direction générale de la police nationale (DGPN), le Contrôleur général de police Youssouf Koné, directeur général de la Police nationale, a présenté les résultats des enquêtes ...
Au cours d’un point de presse animé ce mercredi 28 octobre 2026 dans les locaux de la Direction générale de la police nationale (DGPN), le Contrôleur général de police Youssouf Koné, directeur général de la Police nationale, a présenté les résultats des enquêtes sur trois affaires criminelles survenues récemment à Bamako. Les investigations ont permis l’interpellation de plusieurs suspects en 24 à 48 heures. Les mobiles présumés évoqués concernent notamment des conflits à caractère sexuel et un différend financier.
Grâce aux investigations menées par les services de police et à l’exploitation des indices recueillis, plusieurs suspects ont été interpellés dans le cadre de ces trois affaires criminelles. Lors de son intervention, le directeur général de la Police nationale a détaillé les circonstances des faits ainsi que les principaux éléments recueillis par les enquêteurs.
Broulaye Doumbia retrouvé mort à l’ACI 2000
Selon le récit de la police, la première affaire concerne un Broulaye Doumbia, un promoteur de salon de coiffure âgé de 23 ans et résidant à Sébénikoro. Son corps sans vie a été découvert le 14 octobre dernier, aux environs de 4 heures du matin, par la police de l’ACI 2000 dans un caniveau situé derrière un restaurant. Les premiers éléments de l’enquête présentés par le directeur général de la police estiment que le nommé Broulaye Doumbia aurait été abattu par balle dans un appartement meublé de l’ACI 2000. Après cette forfaiture, son bourreau a traîné son corps dans un lieu isolé avant de l’abandonner sur ces lieux. Lors que la police a découvert, elle a vite lancé des investigations qui, selon les explications du Directeur général de la police, ont conduit à l’interpellation de six individus. Parmi eux, la police a pu identifier le principal suspect de cet acte ignoble. Il s’agit d’un militaire âgé de 21 ans, radié des effectifs des forces armées maliennes. Appréhendé par les forces de sécurité, le suspect aurait reconnu les faits. Avant de fournir à la police le mobile de sa forfaiture. D’après le récit de la police, il s’agit d’un différend lié à un acte à caractère sexuel. Lors de son interrogatoire, le présumé suspect aurait notamment évoqué une tentative de viol dont il affirme avoir été victime.
Moctar Fofana : un meurtre sur fond de chantage présumé
La seconde affaire élucidée par la direction générale de la police est relative à l’assassinat de Moctar Fofana, un boutiquier de 53 ans établi à Djélibougou, retrouvé la gorge tranchée sur son lieu de travail à proximité d’un élève établissement scolaire. Les faits en question sont intervenus le 18 octobre 2026, aux environs de midi. C’est ce moment précis que le commissariat de police de Boulkassoumbougou est intervenu après la découverte du corps sans vie de la victime dans l’antichambre de sa boutique. Deux jours plus tard, un jeune homme de 18 ans, présenté comme étudiant, a été interpellé puis placé en détention. Selon les déclarations rapportées par le directeur général de la police, le mobile présumé serait lié à un chantage impliquant des vidéos à caractère sexuel. Le jeune suspect aurait expliqué aux enquêteurs que la victime le harcelait sexuellement depuis l’âge de 17 ans et le menaçait de diffuser des vidéos compromettantes tournées à son insu. La police a également fait état de soupçons d’abus sexuels visant notamment de jeunes talibés fréquentant la boutique du défunt. Ces accusations devront être examinées dans le cadre de la procédure judiciaire.
Boubacar Ly : un différend financier de 10 millions de FCFA
Contrairement aux deux premières affaires de meurtres, la troisième porte sur une affaire de vente de véhicule qui aurait mal tournée. Ce différent a coûté la vie Boubacar Ly, âgé de 23 ans. La police explique que le 26 octobre 2026, vers 21 heures, l’exploitation d’une alerte de disparition relayée sur les réseaux sociaux a permis aux commissariats de Sébénikoro et de l’ACI 2000 d’interpeller un groupe de jeunes. Parmi ceux-ci, figurait un ami de la victime présenté comme le principal suspect.
Selon les informations communiquées par Youssouf Koné, le suspect aurait tenté de faire disparaître le corps en l’enfouissant dans un tas d’ordures en feu, dans le quartier de Sébénikoro, afin d’effacer les traces du crime. Le mobile présumé serait lié à un différend financier portant sur la vente d’un véhicule évalué à 30 millions de FCFA. Les deux parties ne seraient pas parvenues à s’entendre sur le règlement d’un reliquat de 10 millions de FCFA.
Le principal suspect n’était pas à son premier meurtre. Il était connu par les services de police pour une affaire remontant à 2023, dans laquelle il aurait mortellement renversé un policier. Il a été placé en détention avec d’autres suspects, selon les informations présentées lors du point de presse. À l’issue de la rencontre à la Direction générale de la police nationale, les journalistes ont été invités dans les locaux du commissariat du 14ᵉ arrondissement, situé à l’ACI 2000, afin de constater la présence des suspects et d’effectuer des prises de vues. La présentation de ces trois affaires illustre les résultats des investigations menées par la Police nationale face à des crimes dont les mobiles présumés seraient liés à des conflits à caractère sexuel ou à des intérêts financiers. Les responsabilités des personnes mises en cause devront être établies par la justice.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net
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