Entre Nous : Constat et espoir de Mo Ibrahim
L’homme d’affaires soudano-britannique, initiateur de la Fondation qui porte son nom, Mo Ibrahim, déplore le recul de la démocratie et des droits fondamentaux sur le continent.
Le fait est rapporté par plusieurs médias à l’occasion de la publication du dernier Indice Ibrahim de la Gouvernance Africaine (IIAG) qui est l’outil de référence de la qualité de la gestion des affaires publiques dans 54 Etats d’Afrique. Le Président de cette Fondation spécialisée dans l’évaluation de la gouvernance en Afrique déclare que « les dirigeants africains sont influencés par la montée des hommes forts observée dans plusieurs régions du monde …..On observe partout ce phénomène de montée en puissance des hommes forts. Si vous êtes un dirigeant africain et que vous voyiez cela se produire ailleurs, vous vous dites : "Pourquoi pas moi aussi ?"».
« Les résultats de l’IIAG 2026 mettent en évidence la résilience de l’Afrique dans un contexte mondial pour le moins chahuté. Ils montrent également que de nombreux pays parviennent à progresser sur les plans économique et humain malgré une dégradation de la sécurité et de l’Etat de droit. Il reste qu’un tel compromis n’est pas viable à long terme. Sans progrès en matière de sécurité, d’Etat de droit et de participation, les avancées économiques et sociales ne sauraient perdurer, et resteraient en tout état de cause plus faibles », a souligné Mo Ibrahim.
La Fondation Mo Ibrahim met en lumière « les conséquences des récents coups d’Etat militaires et des conflits armés qui ont contribué au recul de la gouvernance dans plusieurs pays ».
Malgré tout, le Président de la Fondation Mo Ibrahim affiche de l’optimisme quant à l’avenir du continent. Il fonde son espoir sur la jeunesse africaine. 60% des Africains ont moins de 25 ans. À l’horizon 2050, un jeune sur trois dans le monde sera africain. Mo Ibrahim estime que « cette nouvelle génération, mieux informée et mieux formée que les précédentes, jouera un rôle déterminant pour exiger davantage de transparence, de responsabilité et de démocratie auprès des dirigeants africains ».
Quand Mo Ibrahim fait le constat du recul de la démocratie et des droits fondamentaux, force est de lui donner raison lorsqu’on entend certains discours populistes sur la démocratie, ou lorsque les défenseurs de la démocratie s’emmurent dans le silence.
Cependant, force est aussi d’émettre des réserves sur l’optimisme du Président de la Fondation Mo Ibrahim sur la jeunesse africaine. Quoi espérer d’une jeunesse manipulable et toujours prête à suivre les princes du jour sans réfléchir ? Une jeunesse tête en l’air qui n’a pas conscience de son rôle de fer lance de la nation ? Une jeunesse qui n’a pas confiance en elle-même. Une jeunesse abonnée à la facilité qui confie son sort au plus offrant ?
Si la jeunesse apparaît comme une opportunité, force est déplorer qu’une telle jeunesse représente plutôt une menace pour l’essor du continent africain.
Par Chiaka Doumbia
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