Célébration du 1er anniversaire de la fête de l'unité du Maroc : La démarche pacifique marocaine saluée pour la résolution de la crise dans ses provinces du Sud
L'Ambassade du Royaume du Maroc au Mali sous la conduite éclairée de Son Excellence Driss Isbayène a célébré, le 31 octobre dernier, le premier anniversaire de la Fête de l'Unité à travers une table ronde organisée à l'Hôtel Radisson Collection.
Les intervenants ont mis en avant la démarche diplomatique marocaine, les liens historiques entre le Mali et le Maroc ainsi que les enjeux de paix, de sécurité et de développement dans l'espace sahélo-saharien.
Cette table ronde était animée par d'éminentes personnalités aux profils divers, à l'image de l'ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, Driss Isbayène, de l'écrivain, historien et journaliste Daouda Tékété, ainsi que du directeur exécutif de l'Institut sahélien de recherche et d'analyse pour la transformation des conflits, Souleymane Satigui Sidibé, ancien président du Conseil national de la jeunesse du Mali.
Premier à intervenir sur le thème "Fête de l'Unité : genèse", l'ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, Driss Isbayène, a expliqué l'historique de cette fête, dont le fondement réside dans l'adoption, le 31 octobre 2025, par le Conseil de sécurité de l'ONU, de la résolution 2797 sur le Sahara marocain. A partir de ce tournant historique, a-t-il poursuivi, Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc, a donné ses hautes instructions pour instituer cette journée comme fête nationale, appelée "Aid Al Wahda" (Fête de l'Unité), avec tout ce qu'elle implique en termes de significations et de références à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale inébranlable du Royaume. "Une fête qui constituera désormais une occasion nationale fédératrice pour l'expression de l'attachement aux sacralités nationales du Royaume et à ses droits légitimes sur ses territoires du Sud, récupérés légitimement en 1975 et 1979", a expliqué le conférencier. À l'en croire, de 1988, date de la première résolution sur la question du Sahara, jusqu'en 2025, ce sont 73 résolutions qui ont été adoptées aux Nations unies sur la question, avec souvent trois à quatre résolutions par an, et de nombreux envoyés personnels du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara qui se sont succédés, a soutenu SE Driss Isbayène.Après James Baker en 2004, a-t-il poursuivi, quatre autres envoyés, MM. Peter Van Walsum (2005-2009), Christopher Ross (2009-2017), Horst Köhler (2017-2019), puis Staffan de Mistura (depuis 2021), ont entrepris successivement des tournées dans la région (Shuttle Diplomacy) pour rencontrer les parties au conflit et organisé, notamment, des "tables rondes".
Il a surtout insisté sur l'"Initiative marocaine d'autonomie pour la région du Sahara", présentée le 11 avril 2007 au secrétaire général de l'ONU. Une initiative qu'il juge de compromis, novatrice, responsable et ouverte, qui, par son contenu et sa finalité, garantit aux populations de la région la gestion de leurs affaires de manière démocratique et autonome, à travers de larges prérogatives dans les domaines législatif, exécutif et judiciaire. "Depuis cette date jusqu'à nos jours, toutes les résolutions du Conseil de sécurité adoptées sur la question du Sahara consacrent la prééminence de l'initiative marocaine, confirment son sérieux et reconnaissent sa crédibilité. Bien plus, par sa résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité a consacré la proposition marocaine comme unique base de négociation pour une solution définitive à ce différend et a réorienté formellement le mandat de l'ONU dans ce sens", a précisé S. E. Driss Isbayène. Le projet d'autonomie prévoit notamment un conseil transitoire représentant toutes les parties, qui veillera à toutes les consultations, y compris les élections pour désigner le Parlement de la région autonome; un conseil économique et social ; une région disposant de larges prérogatives en matière d'administration, de juridiction et même de police locale ; une région autonome qui pourra établir des relations de dialogue et de coopération avec d'autres entités régionales étrangères, sans oublier les ressources financières. Le diplomate a conclu que ce projet d'autonomie audacieux présenté par le Maroc pour les provinces du Sud, sera indéniablement un facteur fondamental de paix et de sécurité, non seulement pour le Maroc, mais aussi pour l'espace sahélo-saharien et tout le pourtour méditerranéen.
Des liens historiques qui remontent au XIe siècle
Intervenant sur les liens historiques entre le Mali et le Maroc, le journaliste, écrivain et historien Daouda Tékété a révélé que ceux-ci remontent au XIe siècle, avec des interdépendances économiques et spirituelles. Ils se sont renforcés au fil du temps, notamment dans les années 1960, sous le père de l'indépendance malienne, Modibo Kéïta, avec la création du Groupe de Casablanca en 1961.
"Le président Modibo Kéita et le Roi Mohammed V du Maroc s'unirent au sein du Groupe de Casablanca, un bloc de pays africains progressistes et anticolonialistes qui posa les fondations de l'Organisation de l'unité africaine en 1963", a rappelé Daouda Tékété.Cette relation entre nos deux pays, selon lui, n'a pas été un long fleuve tranquille, avec la reconnaissance de la pseudo-République sahraouie en 1984 par le régime militaire de Moussa Traoré. Malgré ce désaccord politique majeur, les canaux diplomatiques sont restés ouverts, selon le conférencier, qui a également rappelé la visite historique de cinq jours du Roi Mohammed VI en 2014, ainsi que le retrait, l'année dernière, de la reconnaissance par le Mali de la pseudo-RSAD.
Daouda Tékété a également salué l'Initiative Royale atlantique visant à favoriser l'accès d'un certain nombre de pays du Sahel à l'océan Atlantique à partir du Maroc, l'octroi de bourses aux étudiants maliens et la formation des imams maliens au Maroc. Les relations économiques ne sont pas en reste, avec la présence de nombreuses entreprises marocaines dans plusieurs secteurs.
Le dernier module développé lors de cette table ronde portait sur l'intégrité territoriale, la paix et la sécurité, ainsi que les réalités de l'espace sahélo-saharien. Un thème développé par Souleymane Satigui Sidibé. Pour lui, le Maroc défend sa souveraineté sur son Sahara et présente l'initiative d'autonomie comme une solution politique de compromis face à une crise de revendication d'un Etat fantôme revendiqué par un groupe narco-trafiquant, le "Front Polisario".
"La démarche marocaine privilégie la diplomatie bilatérale et multilatérale, la mobilisation de soutiens internationaux, la présentation de l'initiative d'autonomie et le développement des provinces du Sud. Du point de vue marocain, cette stratégie vise à consolider la reconnaissance de sa position et à défendre l'unité territoriale par des moyens politiques plutôt que par une escalade militaire", a soutenu M. Sidibé.
Il a également évoqué des accointances entre des groupes armés du Mali et ceux qui agissent au Maroc. "Plusieurs structures et ONG évoluant dans le Sahara marocain révèlent des liens entre le Polisario et les groupes terroristes, tels que l'utilisation des camps de Tindouf pour détourner des œuvres humanitaires à des fins de ravitaillement des groupes terroristes. Ces camps constituent aussi, selon plusieurs ONG, des refuges pour des terroristes traqués par les forces armées du Sahel central (Mali, Burkina et Niger), surtout les FAMa", a déclaré M. Sidibé. Il a salué les différentes initiatives pacifiques prises par le Maroc dans la résolution de cette crise, ainsi que les nombreux projets lancés par le Royaume chérifien dans ses provinces du Sud. Il s'agit du Programme de développement des provinces du Sud, lancé en 2015 et doté de plus de 77 milliards de dirhams. Il comprend notamment la voie express Tiznit-Dakhla, le port Dakhla Atlantique, des projets de dessalement, d'énergies solaire et éolienne, des zones industrielles, ainsi que le renforcement des réseaux électriques et de communication. La tenue de cette table ronde a été saluée par les différents acteurs de la société civile et les diplomates présents, qui ont également salué la démarche pacifique marocaine pour la résolution de cette crise dans ses provinces du Sud.
Kassoum Théra
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