Ministère des Mines de l''Energie et de l''Eau : Où va l’or du Mali ?

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    Le Centre International de Conférence de Bamako a servi de cadre d’un atelier national de diffusion du document : « Lancement du rapport sur la transparence des revenus au Mali », les 1er et 02 février 2007. L’atelier a regroupé les experts, les gérants des sociétés minières et les géologues  des mines au Mali.  Cet atelier a permis aux participants d’échanger sur tous les aspects de la mine et partager les expériences de bonne gestion minière avec leurs homologues du Ghana et du Sénégal en vue d’apporter les solutions à l’extraction minière.

    Le Mali regorge d’énormes potentialités de ressources minières, il s’agit des sites d’or de Morila, Sadiola, Yatéla, Kalana et Loulo. Tous les sites font un levier de l’or par semaine, étant donné la transition relativement rapide de la base d’exportation du pays qui est passée d’une dépendance extrême au coton vers l’or qui est devenu le premier produit à l’exportation. Il est très difficile pour les individus et les organisations citoyennes de discuter avec les sociétés minières. Si les citoyens maliens doivent dans le long terme tirer profit de manière significative de leur production d’or, les revenus générés par l’or doivent être gérés de façon transparente et équitablement redistribués. Cependant la publication de l’information apparente ne suffit pas. Une meilleure information sur les revenus miniers nécessite l’existence d’une société civile forte, informée et capable de tenir son gouvernement pour responsable d’une utilisation appropriée des revenus de la malédiction du sol.

    Il faut noter que depuis le démarrage des travaux d’extraction des mines, le trafic sur la route principale a augmenté de façon dramatique. Tout l’équipement de même que de grands camions citernes chargés de carburant utilisé pour les groupes électrogènes diesel qui alimentent toute la mine sont transportés sur cette route. La communauté s’inquiète non seulement de la poussière qui se dégage, mais également de l’état de la route et de l’augmentation du nombre d’accidents qui rendent difficile le travail des services d’urgence sur place. Les leaders de la communauté lancent un appel pour des réformes du cadre juridique de l’exploitation minière qui vont encourager l’investissement des revenus miniers dans des infrastructures, comme dans la construction de meilleures routes et autres aménagements, dans les communautés affectées directement par l’exploitation minière.  Des centaines de milliers de tonnes de sable déplacés du fait du forage de la carrière à ciel ouvert par exemple à Sadiola empiètent sur les champs agricoles, obligeant les cultivateurs à se déplacer sur de longues distances vers des zones où ils peuvent cultiver leur maïs, mil et arachides. Beaucoup de pays comme le Mali qui sont relativement riches en ressources minières restent pauvres en termes d’indicateurs de développement comme la santé et l’éducation. Les jeunes n’ont pas de travail et les hommes non plus n’ont pas de travail à la mine.

    De nos jours, les hommes n’ont pas souvent de l’argent. Toutefois ceux qui arrivent et ne peuvent trouver du travail dans l’exploitation minière se tournent vers des activités destructrices pour l’environnement. La forte demande en bois et en charbon de bois a entraîné la déforestation de la zone, martèle M. Balla Sissoko, maire de Sadiola. L’état doit partager les informations de l’action minière avec la population si non donc il manque de transparence sur la destination de l’or au Mali.

Rassemblé par Yamalou DOLO
(source Trésor caché d’OXFAM)

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