Nouvelle monnaie pour l’AES : Entre ambition souveraine et incertitudes économiques

Depuis quelques semaines, une vague de rumeurs envahit les réseaux sociaux : les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) auraient quitté la zone franc pour créer leur propre monnaie.

06 Oct 2025 - 12:38
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Nouvelle monnaie pour l’AES :   Entre ambition souveraine et incertitudes économiques

Des publications enthousiastes annoncent la fin du franc CFA, symbole d’un héritage jugé encombrant. Pourtant, derrière la ferveur numérique, la réalité est tout autre : aucune nouvelle devise n’a encore été lancée, aucun billet n’a été imprimé. L’annonce qui a enflammé les discussions est née à Bamako, lors de la visite du président nigérien Abdouramane Tiani, où fut évoquée la création prochaine d’une banque confédérale du Sahel.

L’idée, ambitieuse et hautement symbolique, s’inscrit dans une volonté de souveraineté monétaire partagée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cette banque confédérale serait le socle d’un futur système financier propre à l’AES, destiné à financer les projets de développement, réduire la dépendance à l’extérieur et, à terme, envisager une monnaie commune. Sur le plan politique, l’initiative traduit une dynamique d’intégration et d’affirmation régionale. Sur le plan économique, elle ouvre un champ d’interrogations techniques et institutionnelles d’une rare complexité.

Créer une banque confédérale ne relève pas d’un simple geste politique. C’est une entreprise structurelle qui exige la mise en place d’un cadre juridique harmonisé, d’une gouvernance crédible et d’une discipline financière partagée. Il faudrait d’abord instaurer une banque centrale confédérale, dotée d’un mandat clair de stabilité monétaire et disposant de réserves de change solides. Or, les pays de l’AES présentent aujourd’hui des économies fragiles : peu diversifiées, dépendantes des importations et des cours mondiaux de l’or ou du coton, avec des réserves en devises limitées à quelques mois d’importations. Ces fragilités réduisent la marge de manœuvre pour soutenir une nouvelle monnaie ou maintenir un taux de change stable.

Le franc CFA, malgré les critiques qu’il suscite, offre à ses membres une garantie de convertibilité assurée par le Trésor français, ainsi qu’une relative stabilité des prix. En sortir, c’est aussi renoncer à cet ancrage et à la sécurité qu’il procure. Une monnaie confédérale du Sahel, non adossée à une devise forte, serait exposée à des risques de dépréciation et d’inflation. Les importations (carburant, denrées alimentaires, médicaments) deviendraient plus coûteuses, affectant directement le pouvoir d’achat des populations.

À cela s’ajoutent des défis institutionnels. Une monnaie commune suppose une coordination budgétaire étroite et une transparence rigoureuse dans la gestion des finances publiques. Sans discipline commune, la tentation de financer les déficits par la création monétaire serait grande, au risque d’alimenter l’inflation et d’éroder la confiance. La future Banque confédérale devrait donc être indépendante du pouvoir politique, avec un mandat centré sur la stabilité et la crédibilité plutôt que sur le financement des dépenses publiques.

Quelles idées pour réussir ?

Pour réussir, la transition devrait être progressive. Il serait nécessaire d’abord de renforcer les fondamentaux économiques : accroître les réserves de change, stabiliser les budgets, harmoniser les politiques fiscales et développer des outils de suivi macroéconomique communs. Un ancrage temporaire à une monnaie internationale euro, dollar ou yuan, pourrait aussi contribuer à éviter une volatilité excessive au démarrage.

Mais au-delà des calculs économiques, la démarche porte une dimension symbolique forte. Elle traduit la volonté des pays de l’AES de prendre en main leur destin et de repenser leur modèle de coopération, après des décennies d’intégration au sein de l’UEMOA. Elle s’inscrit aussi dans un contexte géopolitique mouvant, marqué par la redéfinition des alliances, la montée des partenariats avec la Russie, la Chine ou les BRICS, et la volonté d’affirmer une voie sahélienne de développement.

Pour autant, l’expérience internationale montre que la souveraineté monétaire ne se décrète pas : elle se construit. La Guinée, dès 1960, fut la première à quitter la zone CFA. Son expérience fut marquée par une inflation rapide et un isolement financier. À l’inverse, des pays comme la Mauritanie ou le Cap-Vert ont réussi leur transition, mais au prix de longues années de rigueur budgétaire, de réformes institutionnelles et de dialogue avec les partenaires économiques.

Les États du Sahel ont donc devant eux une tâche délicate : affirmer leur autonomie sans compromettre leur stabilité. Le projet de Banque confédérale, s’il est conduit avec méthode et réalisme, pourrait devenir un instrument d’intégration et de crédibilité régionale. Mais une précipitation, motivée davantage par l’enthousiasme politique que par la préparation technique, risquerait d’avoir l’effet inverse.

La monnaie, disait un économiste, n’est pas seulement une question de chiffres : c’est une question de confiance. Et la confiance, elle, ne se fabrique pas dans les discours, mais dans la cohérence des politiques publiques. La souveraineté monétaire n’est donc pas une fin en soi, mais le résultat d’une stabilité économique conquise pas à pas.

Dans une vision optimiste, l’on peut dire que l’AES n’a pas encore quitté la zone franc, mais qu’elle aurait engagé un mouvement plus profond : celui d’une réflexion sur l’avenir économique du Sahel. Cependant, comme le ferait tout bon coureur qui veut atteindre à la ligne d’arrivée, se préparer par la lucidité en prenant en compte ses lacunes et faiblesses, est un grand pas vers la réussite.

Ahmed M. Thiam

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Commentaires (20)

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Fanga/MaliMali/Samuel, des faux pseudos
Fanga/MaliMali/Samuel, des faux pseudos 12 mois
Après Fanga, MaliMali, voilà Samuel. Derrière ces pseudos, il n'y a personne. Il y a une agence. L'agence Russe African Initiative dont la mission est d'inonder les sites, les réseaux et les forums d'article exclusivement rédigés par ChatGPT et dont le but est de faire de la propagande Russe et focaliser le public sur les sempiternels mots d'impérialismes et de colonialisme dans le but de braquer la population sur l'ancien colonisateurs la France. La preuve est l'absence stricte de fautes de frappe et la ponctuation est impeccable. Révitez tous les commentaires de Fanga et MaliMali, vous ne verrez pas de fautes de frappe. Et pour personnaliser la réponse, l'agence reprends une, deux ou trois phrases pour mieux orienter ChaGPT. Il est inutile de vain de vous fatiguer à répondre aux posts Fanga, MaliMali et maintenant Samuel. C'est le travail d'une agence qui se moque de ce que vous écrivez, ils ont un travail à fournir tous les jours qui ne tiens pas compte de ce que vous écrivez. Le Journaliste Dissa Diarra avec son école bidon de journalisme est parfaitement au courant de cette manipulation. Il a été recruté par cette agence pour servir de relais à la manipulation des opinions publics par les Russes.Tout le monde peut allez consulter le site des journalistes indépendants " Forbidden Stories " sur les méthodes de African initiative.
Samuel
Samuel 12 mois
Bonjour, Mon pseudo, Samuel, je le porte depuis 2003 et il est connu sur de nombreux sites panafricains dont les administrateurs me connaissent aussi de nom et parfois personnellement. Sur ce même site, Maliweb, je portais le pseudo de MODIBBO mais, pour une raison que je ne m'explique pas, j'ai été bloqué par les administrateurs pendant presque 3 ans. Et bien avant cela, entre 2012 et 2014, je portais le pseudo de Kaman, bien connu de tous ceux qui sont sur ce forum. Cela fait quand même des années et des années avant ChatGpt et tu peux vérifier ce que je dis sur ce même site et beaucoup d'autres où tu pourras facilement retrouver ce que j'écrivais il y a 10 à 15 ans et bien avant encore puisque je suis parmi les tout premiers forumistes africains. Il faut arrêter avec le complotisme et la paranoïa. Je n'ai pas besoin de ChatGpt pour écrire ce que j'écris. Quant à être agent des Russes, trop peu pour moi. Je gagne très bien ma vie. Je ne vois pas pourquoi je me contenterais d'un minable salaire de petit agent provocateur payé à la semaine. Pourquoi est-ce que tu ne relis pas les posts de MODIBBO, Kaman et Samuel sur d'autres pour voir que j'écrivais comme j'écris aujourd'hui 20 ans, 15 ans, avant la parution de ChatGpt? Vraiment, vous méprisez les gens au point de croire qu'ils ne sont pas capables de réfléchir par eux-mêmes.
Cleanup
Cleanup 12 mois
La junte a aujourd'hui d'autres soucis, Bamako est encerclé. Tiani peut encore mettre du pétrole dans son avion russe, mais les autres comment pourront ils s'enfuir ?
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
Sans gouvernement, la France ne tiendra pas l’échéance alors que la dette publique française (à 114% du PIB) est à près du double du plafond autorisé (60%). La France a promis à l’UE une trajectoire de redressement des comptes publics, c'est-à-dire de réduction des dépenses pour repasser d'ici à 2029 sous la barre de 3% de déficit contre plus de 5% aujourd’hui.
T.Sankara
T.Sankara 12 mois
THIAM, TU ES ENTRAIN DE MELANGER DEUX CHOSES DISTINCTESS: LA CREATION D'UNE BANQUE CONFEDERALE ET LA CREATION D'UNE MONNAIE CE QUI SELON TOI PROVIENT RESEAUX SOCIAUX ( - une vague de rumeurs envahit les réseaux sociaux ). S'EN REFERRER, C'EST BIEN MAIS BASE SON ARTICLE SUR UNE "RUMEUR DES RESEAUX SOCIAUX" ME DESOLE. LES JOURNALISTES MALIENS DOIVENT FAIRE MIEUX QUE CA.
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
Thiam a ete paye pour écrire ce mauvais torchon sur la monnaie de l'AES donc il ne voit que l'argent reçu des politiciens afin de faire peur aux gens comme les politiciens le font avec la propagande terroriste.
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
Thiam tu dis a ton mystérieux et mediocre économiste que nous avons de l'or en pagaille, nous sommes en mesure de sortir du Franc des Colonies Francaises d'Afrique et le plus vite que possible!
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