Édito : Le bilan de Moussa Traoré, le malaise de ses tombeurs

16 Mars 2016 - 05:55
Mis à jour: 11 ans
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Édito : Le bilan de Moussa Traoré, le malaise de ses tombeurs
Adam Thiam chroniqueur et éditorialiste du Républicain
Le Mali sous Moussa Traoré : c'est désormais  en librairie, le titre du livre-bilan de la double  décennie du tombeur de Modibo Keita, venu en 1968 dans la liesse populaire  et parti en 1991 sous les huées d'un pays révolté. Publié sous la direction de l'emblématique Djibril Diallo avec la contribution de plusieurs caciques de l'ex Udpm, l'ouvrage collectif mesure le ton, pèse et soupèse chaque mot. La volonté de proposer une plaidoirie plus qu'un réquisitoire est manifeste. Au demeurant, le genre n'est pas sans précédent sous nos cieux. Sous la direction d'Iba Ndiaye, l'Adema mitraillée par son opposition avait été en son temps, contrainte au bilan. Et si Att n'eut pas le temps de proposer un livre unique sur ses réalisations, celles-ci furent l'objet de présentations périodiques par ses Premiers ministres successifs. Même les inconditionnels de l'Usrda ont été entendus dire à l'occasion de la célébration du cinquantenaire de notre Indépendance, que les huit ans de Modibo Keita dépassaient en résultats les quarante ans restants du Mali indépendant.  Ceci dit, si les auteurs du livre- bilan de l'Udpm agitent plus le drapeau blanc que la canonnière, un fait ne peut pas être sous-estimé :  leur livre sort vingt cinq ans mois pour mois après ce que les Maliens appellent leur révolution. Celle qui eut raison de Moussa Traoré. Elle était quête de pluralisme et de démocratie. Elle était appel de justice sociale. Elle était désir d'avenir face à un dividende démographique faiblement anticipé par les décideurs. Dès lors, ce que l'ex parti unique fait et qui devrait faire réfléchir un mouvement démocratique débandé,  c'est de parler d'une voix autour d'une gouvernance  qui prétend avoir laissé au pays: une armée, une école, des infrastructures et une morale. Le livre ne le dit pas mais il n'a pas été écrit sans avoir en filigrane les querelles intestines qui ont miné l'ère démocratique, de même que l'inquiétant boom de la corruption grimpée  à une échelle quasi industrielle après Gmt malgré des mesures systémiques ayant eu l'effet de mettre fin aux cauchemardesques mois de 90 jours d'antan avant d'induire des décennies de taux de croissance économique positifs. Notre démocratie aurait dû être à son seuil d'irréversibilité, il est vrai. Or il n'en est rien. La compétence, il est vrai, aurait dû être le seul critère de gouvernance. Or à cet égard, Moussa Traoré a de meilleurs arguments. La démesure n'a pas lieu d'être  car le pays tire la langue en dépit de la sollicitude de l'aumônier international. L'Etat en crise multiforme est une menace pour lui même et pour les autres et cette tragédie est celle du Mali post-démocratique. Les faiblesses du parcours après 1991 ne sont donc pas niables. Pour autant, ce sont nos fils nos filles nos mères nos épouses qui sont tombées, les mains nues face à l'erreur d'appréciation. Le Général avait dit que ce n'était pas à lui de demander pardon. Là dessus il a été entendu. Pour son bilan, le débat est en route, parions-le! Adam Thiam 

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Commentaires (62)

User
ousmane
ousmane 11 ans
Non seulemnet 23 ans de pouvoir, mais avec des 99, 9999% Kabako.
Manshow
Manshow 11 ans
pour parler du Mali il faut remercier Moussa TRAORE car il était le seul à vouloir travailler pour le Mali. Les démocrates d'aujourd'hui travaillaient pour le faire partir depuis 1968. Ils n'ont fait que scier la branche de l'arbre Mali sur lequel ils étaient assis. Ils n'ont pas appris à construire un pays. Maintenant qu'ils sont sont au pouvoir peuvent -ils construire un Pays?
N'faly Diarra
N'faly Diarra 11 ans
le regime de moussa traore faut mieux que les regimes de fameux alpha att ibk vraima;tout les gens qui dit moussa cesi moussa cela par ce que maintena leur pere entrainne de vole pille le mali si j voie les enfants des pere malhonne qui parle sur le reseaux soso vraima le mali ces du n importe quoi;demandez vous vos pere
Kader
Kader 11 ans
Vaine tentative que de vouloir réhabiliter le pire régime que le Mali ait connu. Moussa et ses sbires doivent faire extrêmement attention pour ne pas réveiller les rancœurs encore vivaces à leur endroit au sein de la population. Les Maliens savent raison garder, mais de là à les prendre comme des ineptes il y a un pas qu'il ne faut surtout pas franchir. Sinon la prochaine fois risque d'emporter tous ceux que la première vague avait sciemment toléré. Les victimes de l'époque GMT sont encore trop nombreuses pour que certains essaient de se moquer d'eux ou de les narguer. Alors attention, chers messieurs!
koyrakoy
koyrakoy 11 ans
moussa est la pire des choses au Mali quelque soit ce qui se aujourd'hui on ne peut le comparer avec le regime sanguinaire et autoritaire de gmt ;une calamité de 23 ans.
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