Edito : le Compte à rebours a-t-il commencé pour les Ex-partis politiques ?

24 Juin 2025 - 08:19
6
Edito : le Compte à rebours a-t-il commencé pour les Ex-partis politiques ?

La section des comptes de la Cour Suprême du Mali a, dans une correspondance  lue à la chaine nationale ORTM, demandé aux ex-partis politiques dissous de fournir toutes les pièces  justificatives des sommes d’argent perçues durant les 25 dernières années dans le cadre du financement public des partis politiques et cela d’ici le 30 juin 2025.

Après ce communiqué les réactions des ex-leaders politiques ne se sont pas fait attendre à l’image de Me Mountaga Tall. Pour ce grand Avocat et de surcroit ex-leader politique, la demande de la Cour Suprême est à la fois illégale, inopportune et renferme un stratagème visant à éliminer les grands partis. Par conséquent il n’est pas question pour lui de répondre à cette demande. Pour Me Tall comment pourrait-on demander à un cadavre de venir assister à ses propres funérailles. Autrement dit à partir du moment où il est formellement interdit aux militants, cadres et responsables des partis politiques d’avoir accès aux différents sièges de leurs formations politiques dissoutes pour quelque motif que ce  soit, il est alors illogique voire illégal de demander encore un compte à ces mêmes formations.  Comme si cette interdiction ne suffisait pas le gouvernement a prohibé également toutes les activités à caractère politique ce qui signifie que les partis politiques n’existent plus. Alors comment pourrait-on exiger encore de quelque chose qui n’existe plus de fournir les justificatifs ? C’est pourquoi les ex-leaders des ex-partis politiques, à l’image de Me Tall,  crient  au complot visant à mettre hors course la cinquantaine de partis politiques qui étaient éligibles au financement public des partis politiques. Le juriste voit en cette demande un véritable stratagème visant à éliminer tous les grands partis, sinon les pièces auraient été toujours fournies à la section des comptes de la Cour Suprême, sans lesquelles pièces il n y a point d’éligibilité au financement public. Me Tall demande à son tour aux autorités judiciaires de fouiller les archives pour sortir les pièces demandées. Il a exhorté les autres ex--leaders politiques et premiers responsables des ex-partis politiques de ne pas répondre à la lettre de la section des comptes de la Cour Suprême.   

En effet,  après avoir dissous les partis politiques et les associations à caractère politique sans sommation et sans condition au préalable, après avoir interdit l’accès aux différents locaux abritant les sièges des ex-partis politiques, après avoir interdit toute activité à caractère politique  des cadres, militants et responsables des différents ex-partis politiques, les autorités de la transition sont déterminées à leur administrer le dernier coup de grâce , en  demandant aux ex-partis politiques de rendre compte de l’utilisation qui a été faite des sommes d’argent perçues durant les 25 dernières années, dans le cadre du financement public des ex-partis politiques. Si nul ne doit s’offusquer d’un audit ou même d’un contrôle financier surtout après avoir perçu des sommes d’argent du contribuable et cela au nom de la transparence et de la rigueur, la manière de le faire peut prêter à confusion pour ne pas dire  pourrait donner l’impression d’un règlement de compte ou du moins d’un compte à rebours afin de mettre le grappin sur les  ex-grands partis politiques, in fine, pour les éliminer de l’arène politique. Le projet a l’air d’un règlement de compte vis-à-vis des ex-anciens grands partis, ceux qui étaient éligibles au financement public. Si tant est que les autorités sont de bonne foi, si tant est qu’il n y a aucun piège qui se cache derrière cette demande, Ceux qui ont dissout les partis politiques devraient d’abord  abroger le décret de dissolution afin de leur permettre de fournir les pièces justificatives des dépenses qu’ils ont effectuées. Il est bien entendu de notoriété publique qu’à chaque fois  que l’on perçoit de l’argent du trésor public, on rend compte de l’utilisation qui  en a été faite, c’est un devoir légal. Ceci a toujours été fait par tous les partis éligibles au financement public depuis 2005 !

En définitive, la question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir quel est le but recherché par les autorités en ouvrant cet autre front, surtout  à un moment très crucial de la vie de notre patrie, caractérisée par une insécurité de plus en plus exécrable, une crise sociopolitique sans précédent, une crise financière difficile et une crise diplomatique gravissime. Le Mali a besoin d’union sacrée, de cohésion sociale  et surtout de consensus pour juguler la crise multidimensionnelle à laquelle le pays est confronté.

Youssouf Sissoko

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 1
Drôle Drôle 1
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (7)

User
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
Journaliste végétatif Youssouf Sissoko i Malankolon den ani Fasomandju den tu es un écervelé apatride et un tres sale nègre de maison pour la Metropole!! Tu ne peux pas protéger tes politiciens Maliens complexes, faibles et corrompus formates par la FrancAfrique!
Traore Ousmane
Traore Ousmane 1 an
Rien que du rififi !
Ousmane traore
Ousmane traore 1 an
Tous des malhonnêtes ces partis PLÖ. Qu'ils sachent que les choses ne seront plus comme avant.
niory  Keita
niory Keita 1 an
"Le Mali a besoin d’union sacrée, de cohésion sociale et surtout de consensus pour juguler la crise multidimensionnelle à laquelle le pays est confronté." Si réellement ceci est vrai ,il faut alors s'exécuter c'est à dire fournir les pièces justificatives des sommes perçues d'autant que vous dites que : "Il est bien entendu de notoriété publique qu’à chaque fois que l’on perçoit de l’argent du trésor public, on rend compte de l’utilisation qui en a été faite, c’est un devoir légal."
Sangare
Sangare 1 an
Les incultes politiques ont compris, après dissolution des partis politiques, que conserver le pouvoir doit être fait avec le multi-partisme. C'est l'enseignement international qui l'impose. La pression n'est plus du côté des occidentaux, mais aussi par l'allié incourtable des USURPATEURS qu'est POUTINE. Ce dernier ne cesse de dire aux puchistes d'organiser les élections. Depuis l'élection du puchiste gabonais sans véritable contestation ni interne, ni externe,les autres puchistes veulent marcher dans ses pas. LE PUCHISTE GABONAIS A PRIS SOIN D'ÉCARTER LES PERSONNALITÉS GÊNANTES AVANT D'ORGANISER LES ÉLECTIONS. Les autres, le voyant accepté par la communauté internationale,constatent que c'est un chemin qu'il faut prendre. Le puchiste guinéen est entrain d'écarter les PERSONNALITÉS GÊNANTES. Ce n'est pas ce qu' ALASSANE OUATARA fait depuis qu'il est au pouvoir? À croire que c'est lui qui a conseillé le puchiste gabonais puisque que ce dernier l'a choisi comme parrain. Au Mali, c'est le chemin pris à travers les poursuites judiciaires ILS ONT COMPRIS TARDIVEMENT QUE LA DISSOLUTION A ÉTÉ UNE ERREUR. Ils devraient plutôt écarter les PERSONNALITÉS POLITIQUES au lieu de s'en prendre aux partis politiques. Le puchiste gabonais a écarté les personnalités soit par la corruption à la ATT c'est-à-dire en les confiant des fonctions politiques,soit par des artifices juridiques notamment la limite d'âge, être gabonais de père et de mère. ASSIMI GOITA VEUT ÉCARTER LES PERSONNALITÉS POLITIQUES AVANT DE LEVER LES SANCTIONS SUR LES PARTIS POLITIQUES AFIN DE FAIRE PLAISIR À SON MAITRE POUTINE C'EST À DIRE ORGANISER LES ÉLECTIONS. Ils pensent arriver à ses fins à travers le financement des partis politiques. La justice est actionnée comme elle l'a été pour faire taire certains leaders d'opinion. Donc l'action judiciaire en cours contre les partis politiques visent en réalité certaines personnalités politiques tels MOUSSA MARA, MOUNTAGA TALL,EMPÉ, MODIBO SIDIBE .. Sans adversaires politiques gênants, ASSIMI GOITA se présente aux élections présidentielles. D'ailleurs la préparation a commencé en corrigeant son talon d'Achille:l'incapacité à s'exprimer devant le public. Il commence à s'exprimer de plus en plus car il s'agit de préparer les élections qui vont être fixées POUTINE est contre le mandat sans élections. Il sera satisfait!! IBK a exercé le pouvoir en tentant de satisfaire la France croyant ainsi préserver son pouvoir. En 2018,une élection bâclée a fait élire IBK. Deux ans après, un mouvement de a eu raison de lui. LA PREUVE QUE C'EST LE PEUPLE QU'ON DOIT SATISFAIRE. Si ASSIMI GOITA est élu en tentant de satisfaite POUTINE, le peuple malien montrera que c'est lui le véritable propriétaire du pouvoir, non l'extérieur.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (114)
  • Nfp (74)
  • Kankan (57)
  • Sissoko (27)
  • Citoyen du monde (24)