Edito : les perdants de la révolution du 26 mars

24 Mars 2016 - 00:17
Mis à jour: 11 ans
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Edito : les perdants de la révolution du 26 mars
La révolution du 26 mars est l’aboutissement d’une longue marche du peuple malien vers la démocratie, l’amélioration de ses conditions de travail et de vie. C’était une soif des libertés individuelle et collective. Des patriotes maliens au nombre desquels, il faut  d’abord rendre hommage aux morts (Abdrahamane Baba Touré, Kadari Bamba, Halidou Touré, Mamadou Elbéchir Gologo, Mamadou Lamine Traoré, Ibrahima Ly, Toto Diarrah, Bakary Karambé et bien d’autres) et aux vivants (Victor Sy, Bakary Pionnier, Adama Samassékou, Mme Ly Madina Tall, Mme Sy Kadiatou Sow, Mme Bintou Sanankoua, Mme Adam Ba Konaré, Me Mountaga Tall, Pr Ali Nouhoum Diallo, Pr Dioncounda Traoré, Pr Alpha Omar Konaré, Soumeylou Boubèye Maïga, Ibrahim Boubacar Keïta, Me Hamidou Diabaté, Me Drissa Traoré, Dr Oumar Mariko, Pr Yoro Diakité, Tiébilé Dramé, etc.). C’est  bien la lutte acharnée, méthodique, consciente de ces hommes et femmes, durant une longue période mouvementée, en dents de scie, de l’histoire politique de notre pays qui a eu raison de la dictature des 23 ans du Général Moussa Traoré. La sortie répétitive des élèves et étudiants du Mali réclamant de meilleures conditions de vie et d’études ainsi que la grève illimitée de l’UNTM ont été déterminantes dans la chute de la 2ème République. Les associations politiques, notamment l’ADEMA et le CNID, ont réussi l’ouverture démocratique avec le multipartisme intégral consacré par la Constitution de février 1992. Les travailleurs du Mali ont vu leurs payes majorées et l’amélioration de leurs conditions de travail. D’année en année, les agents de l’Etat ressentent des augmentations de salaires, de primes ou d’indemnités. Le salaire du fonctionnaire malien a considérablement augmenté durant les deux décennies écoulées, même si l’Etat peut mieux faire, à travers une bonne gouvernance et une gestion rigoureuse des ressources de l’Etat. Ceux qui ont payé un lourd tribut à cette révolution, ce sont bien les élèves et étudiants du Mali avec 622 morts et des centaines de blessés. Cependant, depuis 1992, où les bourses ont atteint 26 250 FCFA, contre 15 000 avant la révolution, celles-ci n’ont connu aucune amélioration. Cette situation pourrait être compréhensible si des résidences universitaires avaient été construites pour les apprenants en quantité et en qualité, si des bibliothèques universitaires avaient été conçues en leur faveur, si des restaurants universitaires ou encore des amphithéâtres avaient été multipliés par 20 ou 30, étant donné que chaque année le nombre d’étudiants s’accroit fortement. Hélas, force est de constater que c’est loin d’être le cas. S’y ajoutent le manque de professeurs de qualité à tous les niveaux (fondamental, secondaire et supérieur) et l’insuffisance de classes et de matériels adéquats d’apprentissage. Il y a, certes, des efforts, des réformes en vue, avec la cité universitaire de Kabala. Mais le rythme n’est pas à hauteur d’ambitions. Au niveau de l’enseignement secondaire, la seule réforme porte sur la nomination des cadres, la promotion des amis, frères, parents et assimilés. Au niveau de l’enseignement supérieur, le ministre Tall, on le voit tous les jours, se démène  comme un beau diable pour résoudre des situations ponctuelles, avec sa marque de modernisation de l’enseignement supérieur, mais cela est insuffisant pour un enseignement de qualité. Les moyens n’étant pas au rendez-vous, les résultats escomptés ne pourront pas suivre. Il est donc grand temps que l’Education soit une priorité, pas dans le discours mais dans les faits, les actes, afin que les grands perdants de la révolution du 26 mars 1991 puissent avoir leur part, pas du gâteau, mais ce qu’ils méritent : apprendre dans des bonnes conditions pour pouvoir servir demain le Mali, avec compétence et abnégation. Sans complaisance. Chahana Takiou

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Commentaires (70)

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Abdoul Kader Siby
Abdoul Kader Siby 11 ans
bjr Chahana Takiou! Une certaine honnêteté intellectuelle et l'histoire voudraient qu'en parlant de la révolution du 26 Mars 1991 que vous rendez aussi hommage à un grand Monsieur, celui, sans lequel tous les combats menés par tous ceux qui vous avez cité en hommage n'auraient pas aboutis. Il est le symbole de la démocratie au Mali qu'on le veuille ou non. Merci cher journaleux!
Tango
Tango 11 ans
Le développement et la démocratie sont en marche. Les mesures continues d'êtres prises restons solidaire, unis, le Président IBK veut faire du mali un pays émergent. il vaut croire.
Zulu
Zulu 11 ans
En ce qui me concerne les vrais perdants sont qui ne veulent l'avancer du pays, qui ne pensent qu'à leur bonheur.
Lakouille
Lakouille 11 ans
lorsqu'on entame une lutte pour le pays on ne pense pas qu'à soit même mais pour nos enfants, petits enfants.qu'est ce que nos enfants deviendront? merci à vous grâce à vous nous parlons de démocratie. ce journaliste qui cherche à révolter arrête ça te ressemble pas.
Tais toi
Tais toi 11 ans
Les élèves qui ont été les pionniers de cette révolution ne sont pas laissés du tout pour compte. Nous avons assisté à plusieurs changement tant qualitatif que quantitatif en leur faveur et les mesures continuent d'être prises...
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