Paix et sécurité au Mali : Et si la solution s’appelait Iyad?

14 Août 2015 - 00:42
Mis à jour: 11 ans
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[caption id="attachment_130551" align="aligncenter" width="620"]Paix et sécurité au Mali : Et si la solution s’appelait Iyad? Iyad Ag Ghali,[/caption] Son nom a fait le tour du monde, alors que lui-même ne paye pas de mine. Iyad Ag Ghali reste un personnage de roman dont les pantalonnades et les intimes accointances avec les régimes passés ont fini par modeler une hydre tentaculaire qui donne froid dans le dos, s’elle ne hante pas les nuits des autorités maliennes. Haut comme une pomme, front ridé par la réflexion, barbe fournie et joliment soignée, lunette de soleil qui cache mal des yeux scintillant de malice. Voilà en quelques traits l’homme qui régente la nébuleuse islamiste à partir des récifs montagneux du Tegharghar.  L’épopée d’Iyad Ag Ghali se raconte au-delà des frontières maliennes, puisque le chef du mouvement Ansar Eddine a connu ses plus hauts faits d’armes dans des théâtres d’opération commando impliquant la Lybie du bouillant colonel Mouammar Kadhafi. Pourtant, rien ne prédisposait ce digne héritier d’une famille noble d’éleveurs de la tribu des Ifoghas à cette aventure tumultueuse. Parcours atypique    Agé d’à peine vingt ans dans les années 80, il prend la route de la Lybie comme de nombreux Touaregs qui fuient le chômage et les terribles sécheresses qui dévastent la région. Là-bas, le futur chef rebelle enchaine les jobs à la sauvette, jardinier, gardien de voitures,  avant d’intégrer comme des milliers d’autres Touaregs, la légion islamiste de Kadhafi. Au Liban où on envoie Iyad combattre les milices chrétiennes, puis sur le terrain Tchadien, il s’initie à l’art de la guerre. C’est en combattant aguerri qu’il revient au pays lorsque Kadhafi démantela la légion en 1987. Iyad troque alors son uniforme militaire pour celui de la rébellion Touareg dont il va devenir une icône. A la tête du mouvement populaire de libération de l’Azawad, il lance sa première action d’envergure le 28 juin 1990. Un assaut contre la gendarmerie de la ville de Ménaka. C’est à cette époque qu’il sera repéré par l’Algérie, puissance régionale qui craint de voir s’exporter les velléités autonomistes sur son territoire. Les Algériens, dans leur stratégie d’infiltration des mouvements qui leur sont hostiles, utilisèrent Iyad qui devient ainsi la pierre angulaire. Ce n’est pas fortuit que ce soit Iyad Ag Ghali qui signa l’accord de paix de Tamanrasset  en 1991 sous l’égide de l’Algérie, alors même que l’objectif de la rébellion n’était pas atteint. En son temps, Iyad fut considéré par bien des maliens comme celui qui a ramené la paix dans le nord du Mali. Il fut traité par certains rebelles de traitre passé sous la coupe de l’Etat du Mali. C’est la division. Iyad qui a acquis la confiance des autorités maliennes, et le soutien de l’Algérie, fonde le Mouvement National de l’Azawad (MNA). Un mouvement constitué majoritairement de Touaregs modérés. Mais subitement, sans que personne n’y comprenne grand-chose, il bascule dans le fondamentalisme religieux qui semble tirer son explication dans le discours anti-occidental cultivé dans les camps d’entrainement Libyens. Entre 1997 et 1998, des missionnaires Pakistanais  affiliés au courant Jamaal al Tabligh prônant un Islam rigoriste débarquentà Kidal et arrivent à faire d’Iyad leur disciple. Il fit même un court séjour au Peshawar. Tout en adhérant aux thèses fondamentalistes, en fin stratège, il rejette les attaques suicides et le terrorisme. Negociant subtil        Cette posture soutenue par ses bonnes relations avec l’Algérie, fait de lui l’intermédiaire privilégié de Bamako pour la libération d’otages occidentaux aux mains du groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), ancêtre d’AQMI. Le bisness des otages devient alors une activité  régulière, très lucrative pour Iyad qui touche d’importantes commissions  à chaque négociation. Toujours à la manœuvre, Iyad créa, par opportunisme, en 2006  un nouveau mouvement  dénommé l’Alliance  Démocratique pour le Changement et dans la foulée, une autre  rébellion éclate. Les négociations avec le gouvernement malien se dérouleront à Alger  et comme à l’accoutumée, IYad devient encore le faiseur de paix. Admiré et redouté, il sera  nommé  consul à Djeddah en 2007.Mais ses contacts avec des groupes salafistes sur place, lui valurent  une expulsion du territoire en 2010. De retour  au Mali, Iyad renoue avec son bisness favori, le marché des otages.  A son actif, plusieurs libérations  d’occidentaux. Mais après l’effondrement   de la Lybie, Ibrahim Ag  Bahanga tente de fédérer  les combattants Touaregs  revenus de Lybie et d’autres guerriers locaux. Iyad revendique le leadership, ce que lui refuse  le mouvement. C’est  le clash qui amena Iyad à créer son propre mouvement  Ansar Eddine,  autour de certains fidèles  et des membres  d’AQMI  pour  se lancer  enfin dans une croisade qui finit de convaincre, plus d’un, de  sa réelle nocivité. Mais s’il n’est  jamais arrêté, c’est que le « lion du désert » n’a rien  perdu de son influence dans la région. Ses puissants réseaux en Algérie et au Mali en font  de lui une personnalité incontournable, pesant de tout son poids dans la crise malienne. Les feux d’artifice de  ses fidèles et alliés ayant occasionné plusieurs morts dans le sud du Mali prouvent à suffisance  que le chef Touareg n’a  rien perdu de ses  nombreux relais dans le pays. Au coeur du débat   Dans ce contexte, devons-nous nous résigner sans imaginer des solutions ? L’affirmative  serait suicidaire tant qu’une piste,  infime soit-elle, se profile. Aujourd’hui, l’homme  responsable de tous nos   malheurs,  inscrit sur la liste noire des Américains comme étant un terroriste   indécrottable, à avoir mort ou vivant, peut en raisonnant  même par  l’absurde, devenir un maillon essentiel dans la quête  de la paix  et de  la stabilité dans  le pays. L’idée peut paraître incongrue,  mais elle vaut la peine d’être  analysée jusqu’à prouver le contraire.  L’histoire  a démontré qu’Iyad  Ag Ghali a été l’artisan des deux accords signés en 1991 et en 2006 avec le gouvernement malien. Après ces-dits  accords, aucun coup de feu n’est venu troubler  le sommeil des Maliens jusqu’au chaos libyen, mère de nos malheurs. Mais aujourd’hui que constatons-nous ? La signature de l’accord du 15 Mai et du 20 Juin 2015 n’a toujours pas ramené la paix recherchée. Il y a bien  lieu de se poser la question si toutefois  une autre signature de l’accord, une troisième,  ne manque pas afin  de faire taire  définitivement  les armes  au Mali. Toute chose qui  fait référence à celle  du « lion du désert », Iyad Ag Ghali, qui contrairement aux mouvements  signataires, la CMA et la plate-forme, n’a jamais épousé les thèses  séparatistes de ces derniers. L’heure est à la réflexion, car la liberté dont dispose  Iyad dans ses déplacements à la frontière algéro-malienne, malgré la présence des militaires français  de Barkhane avec toute leur logistique de surveillance, il est à craindre qu’il ne soit  utilisé par les puissances occidentales et même régionales comme moyen de pression  sur le gouvernement malien pour l’aboutissement de certains objectifs  hautement stratégiques .Il est temps qu’on se pose la question suivante : Iyad  peut-il être récupéré  en le faisant renier  ses thèses islamistes , ce d’autant que c’est  à la suite d’un malentendu sur la libération de l’Azawad qu’il créa   son mouvement Ansar-Eddine. Cela peut s’expliquer aussi par dépit, d’autant que même au plus fort de la crise malienne, il a  toujours prôné un Mali unique mais sous la bannière islamique. La grande question  Alors quelle réaction pourrait susciter le retour dans le giron malien d’Iyad Ag Ghali que l’on pense garant de paix et de stabilité dans le pays, en témoigne la recrudescence  de la violence malgré la signature de l’accord de paix ? A ce sujet, les avis seront sans doute mitigés. Mais y’aurait-il pour l’instant plus à perdre de la neutralisation ou de la capture d’Iyad Ag Ghali qu’au maintien de sa liberté et pourquoi pas à sa récupération au profit de la paix ? Voilà une réflexion pour le président Ibrahim Boubacar Keita, seul habilité à juger du bien-fondé d’une décision hautement sensible que la levée du mandat d’arrêt international contre Iyad et surtout l’effacement  de son nom sur la liste noire des terroristes à retrouver morts ou vivants. Mais ce qui est sûr, le président saura se prémunir d’une part, des suggestions de ceux qui pourraient perdre dans la réconciliation avec Iyad tous les avantages et privilèges dus à leurs rangs et d’autre part,  tendre une oreille attentive aux partisans de cette rêverie qui pourraient être ceux ayant été curieusement visités par la grâce. L’erreur est humaine et le pardon d’essence divine, donc le rêve est permis. Alor rêvons que le Mali retrouva la paix en se réconciliant avec ce terroriste mais dont l’adhésion préserverait des milliers de vies humaines qui sont aujourd’hui en perpétuel danger malgré les accords signés de bonne foi. Simple réaction de désarroi diront certains,  mais si telle est la solution, alors c’est tout le Mali qui  y gagnerait. Amadou SANGHO  

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Commentaires (106)

User
BFT
BFT 11 ans
LES TOUAREGS QUI ONT PRIS LES ARMES NE REPRESENTENT MEME PAS LA COMUNAUTE TOUAREG APLUS FORTE RAISON LES POPULATIONS DU NORD.................... :arrow:
fadjal
fadjal 11 ans
Restons fidèles à nos civilisations, nos croyance humanistes à la civilisation mondiale. Pensons et vivons dans notre temps et dans notre espace ; souvenons nous du notre univers Historique qui vaille : celui des CIVILISATIONS MILLÉNAIRES qui ne meurent jamais : Celle du Mandé, du Macina, Ghana, Songhaï, des empires berberos-soudanais, d’Égypte aux cotés de grandes autres Mésopotamie, de Perse, de Bagdad, de Damas, de Cordoue, ….. Alors revenons aux seuls arguments qui vaillent ! et rappelons nous que : Pourquoi Iyad quand il s'agit de Kouffa?: la raison: Faire détester et mépriser les touaregs par eux-mêmes contre leur propre communauté de destin pour qu’il ne rentre pas dans la mondialisation. Une intégration par une désintégration. Ainsi on passe à coté de Kouffa et on revient aux touaregs: Qui est le Divin et qui est le Diable ! Faire plus de haine pour plus de guerre quand on diabolise et déshumanise une race une ethnie alors on peut après faire sa guerre en toute conscience d’éradication du « de la vermine » sur cette terre : toujours soumis à des intimidations, harcèlements, arrestations, menaces et massacre.  Remettons les pendules à l’heure et déconstruisons ces arguments réducteurs qui se fondent sur une conjecture événementielle et non pas sur toute l’Histoire : la grande histoire millénaire des civilisations en dehors de l’espace et du temps et finalement revenir à la conjoncture actuelle du conflit malien qui est un en réalité un conflit politique ! Maliens je vous suggère de bien lutter contre le terrorisme : celui de Kouffa, comme celui d’Iyad, comme celui d’autres horreurs, ….que personne ne vous fasse croire que la case paix passe par Iyad ou un autre démon. Lutter aussi contre toute ces idées fascistes, racistes touaregophobes qui font la promotion de la « race satanique » exactement comme le faisaient dans les années 30 les fascistes nazis contre les juifs pour justifier après leur extermination. Nous avons dépassé ces lâchetés, celle de lorgner les terres de son voisin, celles d’éliminer physiquement son opposant politique touareg (Tombouctou), celle de s’approprier les biens de son voisin touareg sous tous ces prétextes fallacieux parce qu’il est facile de lui collé une étiquette. Ne soyons pas nos propres bourreaux en se laissant aveuglés par des politiciens en mal de trouvé des solutions idoines ! Ils nous ont enfoncés dans cette guerre insensée depuis 50 ans et pense trouver le miracle en nous suggérons Iyad comme solution… Si Iyad est la solution dans ce cas les citoyens, dont les touaregs particulièrement méritent plus d’explications !! Des personnes devront répondre des crimes et des assassinats de nos concitoyens touaregs, de nos administrateurs égorgés, de nos femmes de nos enfants….En premier ceux qui clament Iyad, doivent répondre devant Dieu et les hommes de leur accointances !!!!
Amadou TOURE
Amadou TOURE 11 ans
Plagia ! M Amadou Sangho votre article est scandaleux et je demande a ce qu il soit retiré ! non seulement vous faites l eloge d’un criminel. mais en plus vous avez recopie l article de la journaliste nommée Thalia Bayle déjà été vu sur tous les sites. vous etes un irresponsable denué de cervelle et une honte absolue pour votre profession. prenez-vous les maliens pour aussi idiots que vous-meme ?
INZISS
INZISS 11 ans
CHER MOULAYE CISSOKO TU N`A RIEN COMPRIS UN PAYS RESPONSABLE N A PAS BESOIN DE FILS POURRIS. L`ALLEMAGNE A REJETE LES NAZZIS POUR POUVOIR FAIRE FACE A SON AVENIR AVEC LE CONCERT DES NATIONS........DE MEME CEUX QUI BRISENT CHAQUE JOUR LES VIES D HONNETES CYTOYENS SONT DES FILS POURRIS QUE NOUS MALIENS REJETONS EN TOUT ETAT DE CAUSE...... :idea:
nostrra
nostrra 11 ans
Iyad solution = Iyad mort
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