Rébellion du Nord: Le Professeur Issa N’Diaye accuse le Burkina Faso, La Mauritanie et le Qatar !

08 Août 2012 - 10:48
Mis à jour: 14 ans
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L’émission ‘’le débat d’Afrique’’ du dimanche dernier portait sur le Mali. Comme invités sur le plateau : Ibrahima N’Diaye de l’Adema, Tiébilé Dramé du Parena, Oumar Mariko du Sadi et le Professeur Issa N’Diaye. Le débat s’est déroulé à la malienne, autrement dit plus d’accusations accusatrices de part et d’autre que de mea culpa et de perspectives certaines pour une sortie de crise. Qu’à cela ne tienne, une affirmation du Professeur Issa N’Diaye a capté notre attention et mérite une analyse plus ou moins circonstancielle. Dans son mot de conclusion, le brillant universitaire a évoqué le soutien de la rébellion malienne par des pays d’où la complication de la donne. A la question de notre confrère Assane Diop de savoir ces pays qui soutiendraient la rébellion au Mali, selon lui, le Professeur Issa N’Diaye a répondu « Le Burkina Faso, La Mauritanie, la France et le Qatar… ». Ce genre d’accusation est monnaie courante au Mali étant donné que la crise actuelle a immergé dans un débat ou règnent malheureusement démagogie et médisance sur objectivité et citoyenneté. Encore que cette dernière accusation émane d’un intellectuel respecté, supposé mesurer les pour et contre de ses propos, et dont l’audience ne souffre d’aucune contestation. Ce qui donne une connotation plus étendue au propos et mérite, par voie de conséquence, une pertinente réflexion surtout en cette période très sensible. Ceci étant, trois aspects méritent d’être soulignés, situés dans leur contexte et développés par rapport aux réalités conjoncturelles auxquelles le Mali fait face. Primo, le professeur Issa N’Diaye est un citoyen malien. Par conséquent ce statut lui garantit, dans les conditions prévues bien entendu par la loi, certaines prérogatives dont celles liées à la liberté d’expression. Accuser donc la Mauritanie, le Burkina Faso, la France et le Qatar de soutenir la rébellion au Mali, et de manière si exhaustive, est un droit qui lui revient. Toutefois la véracité de cette accusation ne mérite-t-elle pas, faute d’arguments et de preuves solides, d’être remise en cause ? Autrement dit, de quels éléments disposent le professeur Issa N’Diaye pour soutenir cette thèse ? Ses informations en la matière sont-elles réellement fondées ou motivées par une analyse limitée, plus ou moins abstraite, et dépourvue de toute objectivité ? La situation actuelle du pays a favorisé l’émergence de toute sorte de ragots, tout en ôtant au débat national toute sa quintessence. Les accusations non fondées et souvent saugrenues ont beaucoup contribué à détériorer le climat social et facilité une fuite en avant des maliens vis-à-vis de leurs responsabilités collectives et individuelles. De tels propos méritent donc une attention particulière, surtout lorsqu’ils émanent d’un éminent universitaire tel que le Professeur Issa N’Diaye. Secondo, ne faudrait-il pas saluer le courage de l’homme face à cette déclaration ?  La responsabilité des pays en question n’est pas à sa première remise en cause. Plusieurs voix se sont d’ores et déjà prononcées sur la responsabilité de la France dans la mise en place de la rébellion, notamment dans le soutien du MNLA. Des réactions du président Blaise Compaoré, sur le dossier du Nord, ont très souvent porté à confusion auprès des populations maliennes, créant du coup un sentiment de doute quant à la position du Burkina Faso dans cette affaire. Le soutien sans faille du Président du Faso apporté aux rebelles du MNLA après ‘’leur correction’’ par leurs partenaires islamistes et son attachement au dialogue en disent long sur cette question. Que dire du Qatar dont les actions en faveur des islamistes radicaux, dans tous les pays au monde, ne sont qu’un secret de polichinelle. Ou encore de la Mauritanie qui, au regard de sa divergence sur la question du sahel avec le pouvoir déchu, ne manquerait pas de raison pour en vouloir au Mali au point de formater et soutenir une rébellion armée pour ses propres intérêts. D’arguments pour remettre en cause l’implication de certains pays dans les problèmes actuels du mali, ils n’en manquent point. Mais en réalité, l’heure est-il à ce genre d’accusations ? Ou du moins, ces accusations ne peuvent-elles pas être désastreuses pour le Mali à l’heure où nous sommes ? Tertio, eu égard au paradoxe que cette crise alimente, l’on peut prendre une distance relative vis-à-vis des propos du professeur Issa N’Diaye. Contre toute vraisemblance, ces quatre pays jouent actuellement un rôle très important dans la crise que connait notre pays sur le plan sous régional et à l’échelle internationale. Tous, sur le plan humanitaire, ont apporté et continuent d’apporter leurs aides aux maliens. Un nombre considérable de nos concitoyens a trouvé refuge au Burkina et en Mauritanie, depuis le déclenchement de la crise. Sur le plan politique, le Burkina joue un rôle primordial pour la stabilité au Sud et le retour effectif à l’ordre constitutionnel. L’option militaire envisagée par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest repose essentiellement sur les pays voisins du Mali, dont la Mauritanie et le Burkina Faso. La France demeure, à l’heure où nous sommes, un soutien non moins négligeable pour le Mali auprès du conseil de sécurité et de paix des nations unies. Le réçent périple de Laurent Fabius, auprès de plusieurs pays africains, et ses énormes plaidoyers en faveur du Mali illustrent à bien des égards cette nouvelle perception de la France contrairement à la présidence Sarkozy. En d’autres termes, ces accusations du Professeur N’Diaye peuvent être mal perçues par ces pays concernés et remettre en cause leurs efforts consentis en faveur de la crise que connait notre pays. De nombreuses conséquences peuvent en découler sur les plans diplomatique et moral (la dernière déclaration du président mauritanien en dit long à ce sujet). Ces accusations peuvent s’avérer être des insultes ou diffamations dans certaines circonstances pour ces pays. Elles pourraient, à la limite, constituer des atteintes graves à leur intégrité morale vis-à-vis du Mali. C’est donc dire que nous sommes dans une phase très sensible qui nécessite à la fois la réserve et la vérité. Le peuple malien, plus que jamais, mérite de connaitre la verité sur ses problèmes. Les responsabilités des uns et des autres doivent être situées. Cette tache incombe à tous les fils de la nation. Ce devoir de restitution de la verité passe inéluctablement par des accusations. Sauf que celles-ci doivent être portées dans la réserve et en toute modestie, autrement dit vérifiées et vérifiables au risque de ne compromettre nos relations avec nos partenaires et nous induit nous-mêmes dans des erreurs qui peuvent être fatales et nous pousser à passer sous silence nos propres responsabilités, ce qui risquerait d’engendrer une hypocrisie apocalyptique.   FOUSSEYNI MAIGA 

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Commentaires (27)

User
Malien
Malien 14 ans
Avant de faire cet article, le journaliste aurait du demander au Pr Issa N'Diaye de lui fournir la preuve de ses accusations.
YAO
YAO 14 ans
JE SUIS D ACCORD AVEC LE PROFESSEUR NDIAYE LE MALI DOIT DECLARER LA GUEERRE A LA MAURITANIE PRINCIPALE BAILLEUR DU MNLA OU LUI RENDRE LA MONNAIE DE SA PIECE EN SOUTENANT LES NEGRO MAURITANIENS AU SUD DU PAYS.
Bazouka
Bazouka 14 ans
Tu fais cette déclaration parce que tu es en déhors du Mali.
diawoye
diawoye 14 ans
honte d'apprendre que ces dirigeants politiques face à vous accusation où il était de 10 ans att responsable non seulement la trahison si ce n'est pas tous les politiciens qui trahissent nous att Maliba gouvernement a vendu personne ne dit rien Mali Sanogo a jeté grand coup avait toutes les raisons
ahmadou
ahmadou 14 ans
honetement soyons objectifs soit on veut la democratie alors on accepte nos divergences dans les idéés ou on accepte que la democratie est un luxe comme le disait l'autre et on monte sur nos arbres et on attend qu'on nous jette du pain de singe comme nos dirrigeants de ces vintg dernières annrees et leurs journalistes digestifs
Dongo
Dongo 14 ans
Issa N'Diaye est un universitaire, lieu du savoir et d'où l'on peut évoquer toutes les hypothèses. Ces donc des propos, auxquels d'autres consciences universitaires d'autres pays peuvent répondre, sans porter préjudice à quelque relation que ce soit. Nous devons nous réjouir que de tels esprits non seulement courent les allées de nos universités, mais s'agitent et publient, dénoncent et formulent des voies à suivre.Personne n'accuse BHL (Bernard Henry Lévy) d'être l'instigateur de la guerre en Lybie et cependant que de tribunes, de micro et de défilés. Que la France officielle d'avant Hollande, accueille des agitateurs du MNLA,donne écho à leur discours de haine et de mensonges est proprement révoltant et incline à croire à une collusion. En tant que pays colonisateur, qu'a-t-il laissé pour la postérité au peuple bleu, pour lui épargner un supposé génocide? Quand la Mauritanie héberge avec couvert et lit douillet des responsables du MNLA, leur autorise à se répandre dans les média sur leurs hauts faits de guerre contre l'armée malienne dont la seule motivation est le perdiem,le mot "ami", prend un autre sens. Le Burkina??? Pourquoi,n'est-il pas comme le Niger, qui abrite une forte communauté touareg et dont les prises de positions sont à l'opposé? Ce qui manque à nos officiels, c'est le courage de dire la vérité à nos amis. Le Burkina a toujours été soupçonné de servir de pays de transit des armes qui alimentent la rébellion touareg du Mali. Qu'il trouve dans les arguments du MNLA matière à négocier est consternant. J'adhère entièrement à ce que dit Monsieur Yiromi. Le MNLA ne veut pas du bonheur du peuple touareg. Qui sont aujourd'hui le grand contingent de déplacés dans les camps de fortune? Et même si vous aviez l'indépendance, dans combien de temps allez-vous apporter la prospérité à votre peuple? La Mauritanie après 50 ans indépendance ne peut vous servir d'exemple encore moins le Burkina.
walid
walid 14 ans
merci mon frere je suis d'accord avec le professeur c'est pas aujourd'hui que les rebelles africains en general et ceux du Mali ont toujours comme base arriere le burkina faso, le mali est devenu un fonds de commerce du President Compaore depuis longtemps et nos hommes politiques ne comprennent pas ou veulent pas le croire car chacun defend sa tasse de the. Pour la france s'est connu si l'on voit de pres les avantages que certains politiques ont toujours accorde aux touaregs en faisant comprendre que ces gens sont persecutes au Mali. le cas du Qatar aussi merite de voir les choses en face; cet pays a toujours ete du cote des rebellions; c'est un plaisir pour cet micro Etat de se donner une importance. la Mauritanie de Abdoul Aziz n'a jamais porte le Mali et ses Autorites dans son coeur. Donc moi je pense qu'un intellectuel comme Issa a le droit de denoncer les pratiques des pays voisins qui veulent pas que le Mali se releve. et la position de CMD est bien objective c'est pas les autres qui viendront nous aider nous devons prendre notre destin en main. le cas de la cote d'ivoire et du congo et autres pays soutenu par des forces etrangeres sont eloquents. les forces exterieures ne combatront jamais pour nous et c'est de l'argent a gaspiller. les forces maliennes ont besois du materiel et du renforcement des capacites pour faire fasse a leur devoir de defense de l'integrite territoriale. pour sortir de l'impasse nos dirigeants doivent s'entendre et faire face a l'essentiel. on comme l'impression que rien n'a change depuis le depart de ATT. les cadres sont nommes a vie a des postes; Tous les Ambassadeurs dans les pays cites par DIAYE comme dans d'autres pays doivent etre releves.Ils n'ont rien fait pour mieux vendre l'image du Mali; un cadre apres un an; deux ans a un poste il doit etre evaluer. malheureusement dans notre pays c'est des criteres obscurs qui dictent tout.donc nous ne pouvons pas compter sur la classe politique actuelle pour redresser le bateau mali helas continuer a prier pour ce pays qui merite pas ce triste sort.
Moussa Abdou Maiga
Moussa Abdou Maiga 14 ans
Je suis d'accord avec le Professeur Ndiaye et tous les Maliens pensent la meme chose que la Mauritanie veut influencer le Mali pour des maures maliens d'origines mauritaniens . Nous avons rencontré des laches Maliens , sinon , ce pas une mauritanie toute en tiere qui inquieter le Mali , le temps nous dira et depuis les independances , nous Maliens , nous savons que sur toutes nos frontieres , nous n'avons aucun ami . la deastabilisation dont nous sommes victimes , ne saurait durée , donc qu'ils nous aident ou non , nous saurons nous defendre
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