Abdoulaye Maïga, un rescapé des combats de Kidal raconte le "carnage"

24 Mai 2014 - 12:13
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_307222" align="alignleft" width="300"]Mali : Scènes de guerre à Kidal L'entrée de la ville de Kidal[/caption] "Les assaillants ont d'abord jeté des roquettes dans la salle où se tenait la réunion, tous ceux qui s'y trouvaient ont été arrosés de balles"     Dans le gouvernorat, ça a été un "carnage": Abdoulaye Maïga, fonctionnaire à Kidal (nord du Mali) et rescapé des derniers combats dans cette ville entre armée malienne et rebelles touaregs, a cru que sa dernière heure était arrivée.     Directeur régional du Développement social à Kidal (plus de 1.500 km au nord-est de Bamako), Maïga, explique qu'à ce titre, il ne pouvait pas manquer la rencontre avec le Premier ministre Moussa Mara venu dans la ville le 17 mai avec une importante délégation de Ministres.     La rencontre se déroule dans une grande salle au gouvernorat quand soudain, à l'extérieur, des affrontements éclatent entre soldats maliens et groupes armés. La délégation venue de Bamako quitte précipitamment les lieux, y laissant les infortunés fonctionnaires, hommes et femmes.     "Quand la délégation s'est retirée, on a été encerclés. L'un d'entre nous (...), un préfet, est venu nous dire: "Bon, on est encerclés, c'est fini pour tout le monde"", raconte Maïga à l'Afp, s'exprimant mercredi à Bamako en marge d'une rencontre avec le Ministre de l'Intérieur, Général Sada Samaké.     Les assaillants prennent d'assaut le bâtiment: "ils ont d'abord jeté des roquettes dans la salle" où se tenait la réunion, tous ceux qui s'y trouvaient "ont été arrosés de balles". "C'est là où il y a eu le carnage", poursuit Maïga, le ton calme mais encore sous le choc. Huit fonctionnaires ont été "froidement abattus", selon les autorités. Dont le préfet venu annoncer à ses collègues l'encerclement du bâtiment, précise Maïga. Les assaillants "se sont ensuite dirigés vers d'autres bureaux, là aussi ils ont fait des rafales", poursuit-il. Une vingtaine de personnes, dont Maïga, se mettent à couvert "sous un escalier", se serrant le plus possible dans l'espoir de ne pas être vus des assaillants. Ils sont rapidement découverts et capturés, mais échappent à la mort. "Je crois, dit-il, que c'est le fait qu'on ait été dans l'obscurité qui, en partie, nous a sauvés. Autrement, nous aurions" été tués.     TOUTES SORTES D'HUMILIATION   Selon un bilan officiel du gouvernement, les affrontements du 17 mai ont fait 36 morts (dont huit militaires) et plusieurs dizaines de blessés. Une trentaine de fonctionnaires -rescapés du gouvernorat- ont été retenus pendant 48 heures, "pris en otage" selon Bamako, "prisonniers de guerre" pour les rebelles touaregs. Tous ont été libérés grâce à des négociations menées par la mission de l'Onu au Mali (Minusma). "J'ai vu les éléments du Mnla (rebelles touareg du Mouvement National de Libération de l'Azawad), c'est surtout eux que j'ai vus", reconnait Maïga, à propos des assaillants.     Kidal est le fief du Mnla indépendantiste, et le gouvernement central n'a jamais réussi à complètement y reprendre pied, malgré l'offensive lancée en 2013 par l'armée française qui a permis de libérer le nord du Mali de l'emprise de groupes islamistes.     Bamako affirme que le Mnla avait reçu lors des affrontements de ce début de semaine le renfort de groupes jihadistes et de narcotrafiquants armés, ce qu'ont nié les rebelles touareg.     Abdoulaye Maïga assure avoir vu "des jihadistes" le jour de sa libération sur le trajet le long de l'aéroport, dont certains "aux pantalons coupés court", criaient "Allah akbar (Dieu est grand)! Allah akbar!". Il n'évoque pas les militaires français de l'opération Serval, dont plusieurs dizaines sont pourtant présents à Kidal.     Maïga rapporte aussi des conditions de captivité difficiles aux mains des rebelles touareg: otages dépouillés de leurs affaires, séparés, déplacés à plusieurs reprises ou entassés dans une pièce sans aération, sous la surveillance de jeunes combattants, certains visiblement drogués.     Mais aussi des menaces et des tortures psychologiques: quand les proches des fonctionnaires appelaient sur leurs téléphones portables confisqués, les ravisseurs répondaient qu'ils étaient "déjà morts". "Moi, plusieurs fois on m'a appelé. Ils ont dit que je suis mort", révèle-t-il.     Le Ministre de l'Intérieur Sada Samaké a rendu hommage aux ex-otages, pour avoir "accepté d'aller servir (l'État malien) à Kidal, dans des conditions extrêmement difficiles."     "Vous avez subi toutes sortes d'humiliations. Ce qui vous est arrivé est inexplicable et impardonnable", leur a-t-il dit, avant de remettre à chacun quelques billets dans une enveloppe pour couvrir leurs besoins immédiats. Source : Afp

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Commentaires (19)

User
Jean-Phillipe Cissé
Jean-Phillipe Cissé 12 ans
Je condamne le comportement de l'entourage du pr ministre.
Helios
Helios 12 ans
Maiga, toi tu es un véritable menteur. Tu aurais eu un peu plus de crédibilité en faisant ta déclaration sur BBC . Qu'est ce qui nous montre que tu ne nous as pas raconté une histoire fabriquée de toute pièce?
sony ali ber
sony ali ber 12 ans
mr mara a commis une faute grave de gouvernance il s,est sauver de kidal ,et laisser les autres venu a sa rencontre dans les mains des bandits du mnla.pourquoi ne pas demander aux soldats de la mussma ,de tout faire pour eviter un bain de sang ,c,est vraiment de l,amaterissme ,une vie est une vie ,la tienne est la meme que ceux qui ont ete tuer ,c,est un scandal d,etat et dans une democratie l,opposition a parfaitement raison de demander votre demission
justicequity
justicequity 12 ans
Il n'y a que la vie de Mara qui est importante celle de nos valeureux hauts fonctionnaires qui malgré tous les risques sont allés au nord pour remplir leur devoir ne vaut rien sinon Mara ne les aurait pas laisser à leur propre sors au gouvernorat entre les mains de l'ennemi , autant le Mali est le dernier pays de la planète autant on doit être admiratif du courage sans limite de ces fonctionnaires , je sais que beaucoup de maliens même contre 20 millions CFA par mois n'auraient pas acceptés de se rendre à kidal pour occuper une fonction, Mara doit partir et ne jamais participer à la gestion de toute chose publique .
justicequity
justicequity 12 ans
Ce lâche et irresponsable Mara doit partir et les familles des victimes doivent saisir la justice pour mise en danger volontaire de la vie d'autrui et non assistance à personnee en danger . Comment convoquer les plus habités autorités régionales et les laisser lâchement au gouvernorat pour sauver votre propre peau , surtout qu'il n'etaient pas 1000 si on compte les morts civils et otages ils étaient (les civils) entre 70 et 100 pas plus , certainement que c'est un coup bien réfléchis je laisse ces hauts fonctionnaires civils comme appât en sauvant ma propre peau pour mettre le feu au poudre , si Mara avait des couilles il aurait dormi au gouvernorat , on s'est battu pendant des mois sur ce même pour faire éclater la vérité par rapport à Sanogo qui était perçu comme un dieu vivant , on fera la même chose que pour Mara et la vérité finirapar triompher .
Emoo :IBK est une Vraie Honte
Emoo :IBK est une Vraie Honte 12 ans
Kassin , une excellente analyse qui doit servir notre stupide Mansa d'IBK. les Bambaaras aiment dire, que Dieu ne mette pas ton sort entre les mains de tes ennemis.... !!!! Aujourd'hui notre sort est entre les mains de rebelles criminels et leurs collabos, nos voisins, a savoir le ... Burkina, l'Algérie et la Mauritanie. Cela me donne la chair de poule. Nous gardons espoir en Dieu pour aider le Mali a sortir de cet imbroglio dans lequel le laxisme et la médiocrité érigés en système de gouvernance nous ont conduits en quelques années... J'ai mal...
Boulkhair Diarra
Boulkhair Diarra 12 ans
Tout le monde comprendra finalement ATT y compris SANOGHO;SURTOUT LUI
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