Autorités intérimaires au nord du Mali : La répartition du pouvoir, un véritable problème

15 Juil 2016 - 08:45
Mis à jour: 10 ans
21
Autorités intérimaires au nord du Mali : La répartition du pouvoir, un véritable problème
Koulouba : Le Président de la République rencontre les leaders de la CMA et de la Plateforme (samedi, le 27 février 2016)
Conformément à l’esprit de l’accord de paix signé, les autorités intérimaires doivent être mises en place dans les collectivités territoriales des cinq régions du Nord. Les leaders politiques et les chefs d’Etat-major des mouvements armés (CMA, Plateforme) seront les principaux bénéficiaires des postes à pourvoir. Mais, qui va prendre quoi et où ? Qui serait désigné comme président du conseil de cercle de Kidal ? Voilà tout le problème et le danger que court la mise en place des autorités intérimaires au Nord. En effet, cette question d’autorités intérimaires intervient au moment où le climat de paix est très volatile au nord et particulièrement à Kidal. Une petite brouille entre groupes armés pourrait nous amener à la case départ. Lesquels continuent, chacun, de défendre son propre intérêt depuis leur fusion en octobre 2015 à Anéfis. La collaboration entre troupes militaires à Kidal montre à suffisance le degré de leadership qui anime les chefs censés être nommés en remplacement des autorités des collectivités actuelles. Dans le cadre de la répartition des postes au niveau du chef-lieu de cercle, la ville de Kidal doit revenir à la Coordination des mouvements de l’Azawad(CMA), selon les responsables de cette formation. Pourtant, le GATIA du Général El Hadj Ag Gamou, membre de la Plateforme de son côté ne partage pas du tout cette volonté de la CMA de s’approprier la capitale de l’Adrar des Ifoghas. En plus, depuis un temps, à Kidal, entre le GATIA, membre de la Plateforme et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, membre de la CMA, une véritable tension règne. A l’origine du problème, le porte-parole de la CMA, Almou Ag Mohamed indique que «  ce sont des mouvements de troupes constatés à Kidal et autour de la ville par le GATIA qui sortent  de l’ordinaire. S’agit-il d’une  manigance ? Que cache-t-il  à la CMA ? Mystère. Pour rappel, le même Groupe d’autodéfense touareg imghad et alliés(GATIA) du Général Gamou avait érigé deux check-points à Kidal, aux entrées nord et sud qui sont les principales portes stratégiques de la ville. A l’époque le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad avait protesté contre cet état de fait. Donc, c’est pour dire qu’entre GATIA et HCUA, c’est une histoire ancienne. Le porte-parole du HCUA, Almouzamile Ag Mohamed, explique que « lorsque l’accord de paix a été signé, le Gatia n’était pas à Kidal, mais sa présence ne nous pose pas de problème ; ce qui nous pose problème, ce sont les mouvements de ses troupes et ses check-points improvisés ». Aux dernières nouvelles, le Général El Hadj Ag Gamou viserait la présidence du conseil régional de Kidal dans le cadre de la mise en place des autorités intérimaires conformément à l’Accord pour la paix et la réconciliation signé à Bamako les 15 mai et 20 juin 2015. Toutefois, il faut reconnaitre que cette volonté du Général Gamou constitue un véritable problème entre ceux qui se disent héritiers de Kidal, membres du HCUA, principal rival du GATIA. Du côté des proches de Gamou, on affirme que celui-ci qui a tout donné pour le Mali est déterminé cette fois-ci à aller jusqu’au bout, à tel enseigne qu’il serait prêt à quitter, au cas où il n’obtiendrait pas gain de cause, l’Armée malienne en abandonnant son grade de Général. Et, il a tout le soutien de la Plateforme, assure un membre du mouvement sous couvert de l’anonymat. En définitive, une chose est sûre et certaine, c’est que le fait de remplacer une autorité légitime par une autre illégitime au nom d’un accord pour la paix et la réconciliation aussi contesté que controversé, constitue un goulot d’étranglement. C’est pourquoi la répartition du pouvoir dans les collectivités territoriales au Nord Mali est source d’un véritable problème dont l’issue reste à imaginer. Ousmane MORBA 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (21)

User
Oumar Seikou Arama
Oumar Seikou Arama 10 ans
ses hommes nais save pas diriger un region ses son des comercen grocisse de laire marchandise au sahara se letas malien quil dois anprofite de ses homme un capable de travaielle poure laire propre famielles de instaler lautorite teritorialle du mali ci au ci vive le mali
mouna
mouna 10 ans
Cette entente entre le gouvernement et les groupes armés est respectueuse de certains principes. Les autorités transitoires qui seront créées ne peuvent pas prendre certaines décisions sans au préalable consulter leur hiérarchie qui est l’État central. Donc c’est toujours dans le cadre d’un Etat unitaire que nous allons rester.
mira
mira 10 ans
C’est dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de paix que le gouvernement malien a décidé de mettre en place des autorités transitoires pour conduire le processus de paix comme prévue. Après des refus et autres hostilités des groupes armés à ce projet, ils ont fini par s’entendre avec le gouvernement sur les modalités de mise en place de ces autorités. C’est une bonne nouvelle, à ma conviction.
agnes
agnes 10 ans
Je ne doute pas une seule seconde de la bonne volonté de notre gouvernement dans la mise en œuvre de l’accord de paix d’Alger. Sans les autorités transitoires, le retour de la paix qui doit passer par l’accord d’Alger, est difficile voire même impossible.
antha
antha 10 ans
Le gouvernement malien et les groupes signataires se sont mis d’accord pour mettre sur place des autorités transitoire qui doivent conduire le processus de paix et de réconciliation nationale et organiser les élections locales.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (111)
  • Nfp (73)
  • Kankan (58)
  • Sissoko (27)
  • Citoyen du monde (22)