Crise au Mali : quels risques de contagion pour le Sénégal ?

10 Mars 2013 - 09:21
Mis à jour: 14 ans
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cartepresque un tabou à Dakar, où tout se passe comme si la crise malienne se déroulait loin, très loin du Sénégal. Il faut dire que les histoires récentes des deux pays paraissent très différentes. La vitrine de la démocratie malienne a volé en éclats en mars 2012, avec un putsch contre un président qui était prêt à partir... Au même moment, le Sénégal se mobilisait au contraire pour faire « dégager » par des manifestations de rue et la voie des urnes le président Abdoulaye Wade, tenté de s’incruster au pouvoir...

Des destins liés

Mais les destins des deux ex-colonies françaises sont liés, et pas seulement parce qu’elles abritent en partie les mêmes peuples. Certaines des causes de la crise malienne sont bien présentes au Sénégal :
  • corruption,
  • présence d’un trafic de cocaïne organisé par les cartels latino-américains,
  • creusement des inégalités sociales,
  • crise de confiance à l’égard des élites et de l’administration,
  • radicalisation de l’islam
  • et vélléités indépendantistes dans l’une des régions du pays.
C’est ce que rappellent deux chercheurs sénégalais, Mouhamadou el Hady Ba (philosophe, docteur en sciences cognitives de l’EHESS), etPierre Amath Mbaye (consultant en analyse stratégique, master d’ethno-méthodologie de Paris 8), dans un document publié par Innovations politiques et démocratiques (Ipode), un think tank basé à Dakar.

Crise de basse intensité en Casamance

La carte du Sénégal
Ils relèvent avec beaucoup de justesse l’existence d’une « crise de basse intensité » en Casamance, région du sud du pays où sévit depuis les années 1980 une rébellion indépendantiste. Une crise latente, comparable à celle qu’a vécue le Nord-Mali avec les revendications autonomistes puis indépendantistes des Touaregs - avec, en toile de fond, un important trafic de drogue, comme au nord du Mali, qui a déjà déstabilisé le petit pays voisin qu’est la Guinée-Bissau. Extraits.
« Tout comme pour le Mali d’avant fin 2011, tous les observateurs semblent convenir que la crise casamançaise ne remet pas fondamentalement en cause la stabilité et la pérennité de l’Etat sénégalais. De fait, depuis le début de l’année 2013, des progrès semblent être faits dans la voie de la résolution de la crise casamançaise.

Et si la Gambie plongeait dans le chaos ?

Une question que l’on pourrait se poser cependant est celle de savoir ce qu’il en serait de cette crise si l’un de nos voisins du Sud ou la Gambie en venait à plonger dans le chaos. Ne pourrait-on pas imaginer un effet domino par lequel des armes guinéennes ou gambiennes se retrouveraient aux mains de nos rebelles du Sud ? (...) Ce que le cas malien nous apprend, c’est qu’une crise de basse intensité non résolue peut avoir une évolution foudroyante à la faveur d’un changement géopolitique imprévu. La chute de Kadhafi et l’afflux d’armes subséquent dans un pays peu préparé à une telle éventualité ont contribué à la partition du Mali.

Mouvements d’humeur dans l’armée

(...) De manière symétrique à ce qui se passe dans le reste de la société sénégalaise, l’armée sénégalaise est extrêmement inégalitaire avec une poignée d’officiers supérieurs choyés par la nation et le reste, y compris des officiers, vivant des conditions financières assez difficiles. Par ailleurs, des militaires de retour d’opérations extéreiures ont été jusqu’à devoir manifester, par le passé, pour recevoir les primes qui leur étaient dues, à plusieurs reprises. Cette situation est extrêmement préoccupante car même si l’armée sénégalaise s’est toujours illustrée par son républicanisme, ce type de mouvement d’humeur est un mauvais signal. C’est après tout d’une mutinerie semblable que la calamiteuse aventure du capitaine Sanogo et de ses hommes a débuté au Mali. Enfin, l’armée sénégalaise a pu être prise à défaut à plusieurs reprises en Casamance, jusqu’à voir huit de ses soldats pris en otage au cours d’une seule attaque, et un officier supérieur commandant une unité d’élite menacer de démissionner en opération, à la suite de graves dysfonctionnements logistiques. » rue89.com/

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Commentaires (17)

User
Louis vuitton tote
Louis vuitton tote 13 ans
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1FILSDUMALIBA
1FILSDUMALIBA 14 ans
Bien le Mali & le Senegal sont coe 2 freres jumeaux, les conditions sont tres differentes des 2 cotes. C'est u peu absurde ce vous dites la. Mais la mauritanie a un government bizarre & le racisme qui s' y vit contrs les mauritaniens de peau noir en dit long. On ne sait jamais mais je ne crois le Senegal soit toucher par l'islamisme ou djihadistes.....
Sowafrica
Sowafrica 14 ans
Le Mali reste un grand pays malgré ses problèmes et mérite mieux. Cependant, comparer sa situation à celle du Sénégal au niveau de l'organisation de l'armée, et de la gravité des rébellions, c'est soit la mauvaise foi intellectuelle, soit l'ignorance. La guerre au Mali a des relents raciaux et pose un problème géostratégique. La France, qui vient en sauveur, en "ami" d'un peuple frère, héberge et a certainement soutenu le MNLA.Et la facture de cette guerre risque d'être salée pour le Mali. La France a visiblement un intérêt dans la région et c'est ce qui motive son intervention. S'il y a un point commun entre les deux situations, c'est que le pays ami, en l'occurrence la France, entretient des rapports plus qu'ambigus avec les deux rébellions. Mais mis à part ce fait, je n'en vois pas d'autres.Sur la menace islamiste. Là aussi, il y a très peu de chance de voir le Sénégal souffrir d'islamisme, la pratique islamique dominante prend en compte les valeurs sociétales sénégalaises.
Pseudo supplementaire
Pseudo supplementaire 14 ans
Dans la série : « NOS GRANDS HOMMES, LES CONNAISSONS-NOUS VRAIMENT ? » aujourd’hui : LE CAPITAINE AMADOU HAYA SANOGO ! Si nous connaissons tous par coeur les épopées glorieuses des Grands de l’Histoire de notre Maliba, paradoxalement, ce sont les Grands Maliens actuels que nous connaissons le moins bien ! Dressons donc un portrait détaillé de cette figure désormais historique du Mali d’aujourd’hui: Le Capitaine Amadou Haya Sanogo, sa personne, sa vie, son œuvre ! Nonobstant sa simplicité mentale évidente, Sanogo est un individu à multiple facettes, des plus complexes à cerner; Déja, Capi appartient à une espèce que les anthropologues les plus pointus peinent à définir : Il est à la fois Superman, Pétomane, et Quadrumane, ce qui est rarissîme ! même dans l’armée !... Déjà, en tant que créature, Capi présente des phénotypes qui constituent une véritable énigme pour les anthropologues : A lui seul, il réunit le front bas du Néanderthalien, l’apparence générale du Pan Troglodytès (Chimpanzé actuel), et la structure mentale de l’actuelle Numidae Meleagris (pintade domestique…) Un cas, je vous dis !... Par ailleurs, l’actuel Président du C.M.S.R (ça ne prononce pas, ça s’éternue !), jusqu’ici Président du C.N.R.D.R.E (ça ne prononçait pas non plus, ça se rotait !), est doté des mêmes capacités cognitives que l’Homme de Néandertal qui, il y a 200 000 ans, sut apprendre de lui-même à utiliser des outils (pierres tranchantes, etc…) ou encore, à domestiquer le feu. A l’instar de son cousin préhistorique, Sanogo sut apprendre très tôt, seul, et sans l’aide de quiconque, à domestiquer le Décapsuleur et à en découvrir le maniement ! Du reste, autre signe flagrant de son cousinage direct avec la préhistoire, cette manie grotesque de se balader partout avec son gros bâton magique : L’atavisme, mes frères… L’atavisme… Au paléolithique, les ancêtres de sanogo se promenaient partout avec une grosse massue de pierre à la main, aujourd’hui, notre libérateur mi-singe mi-volaille se promène partout avec son gros bâton ! L’atavisme… Autre particularité: Son instinct Grégaire ! Le Sanogus Africanensis Débilum ne vit qu’en groupe… D’où le fait que Sanogo est depuis le 1er jour entouré d’une nuée de pintadeaux en treillis qui lui sont semblables en tous points : Braillards, dégonflés, limités intellectuellement, et terrorisés au moindre coup de fusil : Le C.N.R.D.E ! Enfin, dernier signe distinctif propre à tous les représentants de cette espèce venue tout droit des tréfonds de la préhistoire : Le regard !… Prenez Sanogo sur TOUTES ses photos dans la presse, je bien toutes ! Vous constaterez qu’à lui seul, son regard bovin aggravé par ses lourdes paupières en capotes de jeep traduit toute l’arriération mentale du Sanogus Africanensis Débilum ! On sent que chaque fois que Sanogo pense à quelque chose, c’est A RIEN !... Idem le lieutenant Konaré, autre digne représentant de cette race mi-singe mi-volaille ; Celui pour qui même un discours de Sanogo est difficile à lire… Son regard là encore donne une idée du vide sidéral de son crâne ! Lui aussi, les rares fois où il lui arrive de penser, c’est forcément à rien… Et si l’Individu Sanogo comme on voit est en soi atypique, son parcours professionnel l’est pas moins : Alcoolique-bon-à-rien, Sanogo intègre le prytanée ; Là, il réussit l’exploit de s’en faire virer suite à un bizutage auquel il n’a même pas participé !!! Plus tard, une banale gueulante de bidasses à Kati dégénère en véritable coup d’état, et le même Sanogo se retrouve propulsé Grand Chef Suprême d’un coup d’état auquel là non plus, il n’a même pas participé !!! Plus tard encore, suite à une panne de cervelle de la CEDEAO, notre humanoïde en treillis se retrouve bombardé Ancien Chef ( !...) sans avoir JAMAIS dirigé AUCUN ) état où que ce soit !!! Aujourd’hui, il se retrouve bombardé Président du comité machin pour ses compétences professionnelles, lui, dont la principale caractéristique est justement de n’avoir JAMAIS eu AUCUNE compétence que ce soit !!! Ainsi, mes frères, depuis le 22 mars, la présence de ces putschistes mi-singes mi-pintades à Kati, fait ressembler le camp Soundiata à Jurassic Park et menace dangereusement le zoo par une concurrence sans merci.
Sowafrica
Sowafrica 14 ans
L'auteur de cet article ignore totalement la société sénégalaise.Déjà la situation casamançaise n'est en rien comparable à celle du Nord-Mali. En Casamance depuis le depuis de cette rébellion, aucun village n'a été occupé et la présence de l'Etat sénégalais se fait de plus en plus sentir avec la construction d'une université régionale et l'augmentation du nombre de lycées etc. C'est vrai que la zone n'est pas totalement maitrisée, mais on est très loin de la situation chaotique décrite ou prévue dans cet article. Au niveau de l'armée sénégalaise, même si je reconnais que le salaire du soldat du rang laisse à désirer, les conditions d'évolution et l'obtention de grade sont soumises à des règles strictes de compétences et de mérite. Les généraux disposent d'une bonne formation intellectuelle. Et l'armée a toujours été dans les casernes ou au front, c'est-à-dire à sa place. Penser à un coup d'Etat, c'est méconnaître l'organisation et le sens du devoir chers à tout responsable sénégalais.
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