Projet d'accord pour la paix et la réconciliation au Mali : Le Nord (Azawad) d’abord, le Mali à jamais
Vue générale à l'ouverture du second round de négociations inter-maliennes, le 1er septembre 2014.AFP PHOTO / FAROUK BATICHE[/caption] Partis à Alger pour des pourparlers autour de la paix, les protagonistes en sont à préparer la guerre autour de la partition du Mali. Car les Maliens n’accepteront pas et IBK ne signera jamais ce texte tel que présenté. Ce projet d’accord (31 pages), en date du 27 novembre 2014, est une version qui consacre tous les vœux des terroristes et autres assaillants coupables de la violence cyclique qui a causé des souffrances indicibles dans notre pays. Et face à ces apatrides, il est demandé à l’Etat malien de se mettre à genoux, sous le commandement de la Communauté internationale qui finance le terrorisme (voir dans nos parutions : Fruits rouges). Et d’ailleurs, c’est désormais avec les intégrés que la Communauté internationale s’engage à lutter contre le terrorisme au Mali, alibi pour leur fournir des armes contre le Mali : « Les Parties conviennent de la mise en place, en tant que de besoin et avec la participation effective des éléments intégrés, issus des mouvements, d'unités spéciales aux fins de lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée ». Nous vous proposons ci-dessous un extrait du projet d’accord : Préambule Nous, Gouvernement de la République du Mali et Mouvements signataires… ; Réunis à Alger dans le cadre du processus de négociations défini par la Feuille de route que nous avons adoptée à Alger, le 24 juillet 2014, en vue de parvenir à un Accord pour une paix globale et durable garantissant une solution définitive à la crise qui affecte les régions du nord du Mali, appelées par certains " Azawad " ; Exprimant notre profonde reconnaissance à l'Algérie, en tant que Chef de file de la Médiation, ainsi qu'à la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest(CEDEAO), l'Union africaine (UA), les Nations unies, l'Union européenne (UE) et l'Organisation de la Coopération islamique (OCI), le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, membres de l'Equipe de Médiation; Ayant procédé à une analyse approfondie de la situation du Mali, en général, et en particulier celle des régions du Nord, appelées par certains " Azawad ", marquées notamment par une violence cyclique doublée d'une mauvaise gouvernance qui n'a pas permis aux populations locales de participer effectivement à la gestion de leurs propres affaires et qui a engendré l'exode massif des communautés ainsi qu'une très grande pauvreté et un retard considérable en terme de développement socioéconomique par rapport au reste du pays, causant des souffrances indicibles, et exacerbant l'incompréhension entre communautés; Reconnaissant la nécessité d'une gouvernance conforme aux spécificités géo historiques et socio-culturelles de ces régions ; Déterminés à éliminer définitivement les causes profondes de la situation actuelle et à promouvoir une véritable réconciliation nationale fondée sur une réappropriation de l'Histoire et la reconnaissance des dérives qui ont été à l'origine de la marginalisation d'une composante de notre peuple ; Convaincus de la nécessité de reconstruire l'unité nationale du pays sur des bases novatrices, qui respectent son intégrité territoriale, tiennent compte de sa diversité ethnique et culturelle et de ses spécificités géographiques et socio-économiques, en même temps qu'elles permettent de valoriser la contribution des différentes composantes de notre peuple à l'édification d'un Mali nouveau, dans le respect de son unité et de son intégrité territoriale ; Reconnaissant la nécessité de restaurer sans délai la sécurité, promouvoir durablement la paix et la stabilité dans notre pays et traduire dans la réalité les règles de bonne gouvernance, de transparence dans la gestion, de respect des droits de l'homme, de la justice et de lutte contre l'impunité; Reconnaissant l'impératif de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée ; Réitérant notre attachement aux instruments africains et internationaux pertinents; Ayant à l'esprit les Accords antérieurs, ainsi que les difficultés rencontrées dans leur mise en oeuvre et leur suivi ; Convenons de ce qui suit : TITRE I : DES PRINCIPES ET ENGAGEMENTS GENERAUX Chapitre 1 : Des principes Article 1 : Les Parties, dans l'esprit de la Feuille de route, réitèrent leur attachement aux principes ci-après :
- a) respect de l'unité nationale, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et laïque ;
- b) respect et promotion de la diversité culturelle et linguistique et valorisation de la contribution de toutes les composantes du peuple malien, en particulier les femmes et les jeunes, à l'œuvre de construction nationale ;
- c) prise en charge par les populations de la gestion effective de leurs propres affaires, à travers un système de gouvernance prenant en compte leurs aspirations et leurs besoins spécifiques;
- d) promotion d'un développement équilibré de l'ensemble des régions du Mali tenant compte de leurs potentialités respectives;
- e) rejet de la violence comme moyen d'expression politique;
- f) recours au dialogue et à la concertation pour le règlement des différends ;
- g) respect des droits de l'Homme, de la dignité humaine et des libertés fondamentales et religieuses;
- h) Lutte contre la corruption et l'impunité ;
- i) lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et les autres formes de criminalité transnationale organisée.
- de Collectivités territoriales dotées d'organes élus au suffrage universel, bénéficiant d'un très large transfert de compétences et jouissant des pouvoirs juridiques, administratifs et financiers nécessaires. Dans ce cadre, la région sera dotée d'une Assemblée régionale élue au suffrage universel direct et élira à son tour son Président, qui est également le chef de l'Exécutif et de l'Administration de la région.
- d'une Zone de Développement des Régions du Nord du Mali, dotée d'un Conseil consultatif interrégional constitué des Représentants des Assemblées régionales concernées et chargé exclusivement de la coordination des efforts visant à accélérer le développement socio-économique local et d'autres questions connexes.
- Cette Zone sera dotée d'une Stratégie spécifique de développement élaborée conjointement par les Parties avec l'appui des partenaires internationaux et financée notamment par un Fonds pour le développement durable. Une Conférence d'appel de fonds pour le financement de la Stratégie sera organisée après la signature de l'Accord. La Zone bénéficie également, de façon prioritaire, des dispositifs de soutien par l'Etat prévus dans le présent Accord.
- Deux ou plusieurs autres régions peuvent, dans des conditions déterminées par la loi, constituer des entités intégrées et mettre en place les instances requises, afin de mieux promouvoir leur développement économique et social, dans la limite de leurs compétences en ce domaine, telles qu'énumérées dans l'Accord.
- II est reconnu aux régions, individuellement ou intégrées, le droit d'adopter la dénomination officielle de leur choix.
- Les cercles et les communes sont dotés d'organes délibérants (Conseil de cercle et Conseil communal) élus au suffrage universel direct dirigés par des bureaux ayant une fonction exécutive, avec à leur tête un Président de cercle et un Maire élus.
- II peut être procédé, par voie législative et conformément aux aspirations et besoins spécifiques des populations concernées, à un redécoupage administratif des différentes collectivités territoriales, dans une démarche de concertation entre elles et l'Etat, en tenant compte de facteurs liés à la viabilité économique, à la cohésion sociale et à la cohérence territoriale.
- Il est prévu la création à côté des organes des collectivités territoriales, de collèges consultatifs composés de toutes les sensibilités sociales, y compris les femmes et les jeunes, pour renforcer la participation locale au processus de prise de décision et assurer une meilleure implication dans les initiatives de développement socio-économique les concernant.
- II est prévu la création d'une Force de Sécurité intérieure (police territoriale) qui sera placée sous l'autorité des collectivités territoriales, dans le cadre de leurs pouvoirs de police.
- La création d'une deuxième Chambre (Sénat), représentant les collectivités territoriales et les notabilités traditionnelles et religieuses et constituant, avec l'Assemblée nationale, le Parlement du Mali. Un quota de sénateurs sera réservé aux notabilités traditionnelles régionales et aux femmes. Une Commission au sein du Sénat sera créée et chargée de veiller au respect des équilibres convenus dans l'accord et des spécificités culturelles et régionales.
- L'amélioration de la représentativité de l'Assemblée nationale par une plus grande représentation des populations du nord du Mali. Le ratio député/habitants qui est actuellement de 1/60 000 habitants pour les régions du Nord, passera à 1/30 000, et au moins un député par circonscription.
- La représentation équitable des ressortissants des communautés du Nord du Mali dans les institutions et grands services de la République (Gouvernement, diplomatie, sociétés d'Etat, etc.). De plus, un nombre minimum à convenir de postes ministériels, y compris dans les secteurs de Souveraineté, devront revenir à des personnalités issues du Nord Le Gouvernement présente au Sénat des rapports annuels sur les progrès accomplis en la matière.
- L'augmentation du nombre des sièges dans les organes délibérants, pour assurer une meilleure représentation des différentes composantes de la société, y compris les communautés pastorales et agropastorales et ce afin de renforcer la démocratie dans la gestion des collectivités territoriales.
- La valorisation du statut des autorités traditionnelles à travers leur prise en charge et la prise en compte dans les règles de protocole et de préséance.
- La revalorisation du rôle des Cadis dans la distribution de la justice, notamment en ce qui concerne la médiation civile, de manière à tenir compte des spécificités culturelles et religieuses.
- plan et programme de développement économique, social et culturel ;
- aménagement du territoire ;
- création et gestion des équipements collectifs et des services sociaux de base (éducation de base et formation professionnelle, santé, environnement, culture, infrastructures routières et de communication relevant du domaine régional, énergie, hydraulique et assainissement) ;
- agriculture, élevage, pêche, gestion forestière, transports, commerce, industries, artisanat, tourisme ;
- budgets et comptes administratifs régionaux ;
- établissement et application d'impôts et de recettes propres sur la base de paramètres déterminés par l'Etat ;
- institutions de redevances ;
- acceptation et refus de dons, subventions et legs;
- octroi de subventions;
- prises de participation;
- négociation et signature d'accords de coopération décentralisée et de jumelage; et
- sécurité, maintien de l'ordre et protection civile.
- la réalisation des projets de développement décidés par l'Etat et les organismes publics ou privés concernant ces entités;
- les nominations des responsables des structures relevant de l'Etat ;
- l'exploitation des ressources naturelles, notamment minières.
- transférer aux collectivités territoriales les services déconcentrés relevant de leurs domaines de compétence;
- rendre plus attrayante la fonction publique territoriale, prioritairement dans les régions du nord du Mali;
- déconcentrer le recrutement dans la fonction publique territoriale, dont 50% des effectifs seront réservés aux ressortissants des régions du Nord.
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