Pour la résolution de la crise politique au Mali : Le duo Dioncounda-Cheick Modibo Diarra doit jouer sa partition

04 Mai 2012 - 00:10
Mis à jour: 14 ans
72
Pour la transition qui s’amorce sur les bords du Djoliba, le comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat (CNRDRE) du Capitaine Amadou Aya Sanogo a du mal à comprendre que  le treillis militaire et la démocratie ne font jamais bon ménage. C’est donc aux deux acteurs politiques incontournables que sont le président intérimaire et son Premier ministre d’en tirer toutes les conséquences… Dans l’intérêt exclusif du Mali. L’on doit comprendre que le coup d’Etat du 22 mars est peut-être la manifestation d’une exaspération de plusieurs sous-officiers et militaires de rangs de la grande muette du Mali. La gestion de la rébellion dans le septentrion par l’ex-président Amadou Toumani Touré a été officiellement et principalement invoquée pour justifier cette violente prise du pouvoir par les armes. Seulement, il est désolant de constater que, près d’un et demi après ce putsch, pas un seul petit doigt des militaires - désormais sous la coupe des putschistes- n’a été levé en direction des groupes armés et djihadistes envahisseurs du Nord-Mali. L’on a visiblement pris goût au pouvoir. Il fallait, à défaut de le conserver, le surveiller ou le garder à portée de main. D’aucuns prêtent même au Capitaine Sanogo l’intention ou le plan d’un certain ATT : céder le pouvoir après la transition et revenir le « récupérer démocratiquement » à travers les urnes. Or, il est établi que le président du CNRDRE a comme collaborateurs forcés de cette Transition deux acteurs politiques de poids : le président de la République par intérim, Pr Dioncounda Traoré et le Premier ministre, Dr Cheick Modibo Diarra. Comme par hasard- Dieu seul sait pourquoi- ces deux hommes sont les chefs de formations politiques qui convoitaient sérieusement le pouvoir que s’apprêtait à céder le président Amadou Toumani Touré. Les présidents respectifs de l’Adéma-PASJ et du RpDM sont également deux scientifiques de haut niveau du Mali. Le meilleur professeur de mathématiques et le seul astrophysicien que le Mali ait connu sont, confient un analyste de la scène sociopolitique nationale, de « fins tacticiens politiques ». Ayant eu les parcours qui sont les leurs, Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra sont à même d’appréhender le rôle éminemment crucial qu’ils peuvent jouer dans la phase actuelle de l’histoire politique du Mali. S’il est établi que les militaires, du moins ceux qui semblent propulsés devant la scène, ne sont pas soumis à ces deux premiers responsables constitutionnels du pays, il va sans dire que c’est à ceux-ci de « prendre leur responsabilité », comme le dirait Capitaine Sanogo. Quand le président de la République et une délégation gouvernementale participent à un sommet de la CEDEAO, les décisions issues de cette conférence ne sont-elles pas frappées du sceau de la participation du peuple malien ? Y a-t-il meilleure consultation du peuple qu’à travers la participation des représentants de ce peuple ? Le président de la République n’est-il pas légitimement le représentant d u peuple, chargé de défendre ses intérêts dans les rencontres internationales ? Le Mali n’est-il pas membre fondateur de la CEDEAO ? Le Mali n’a-t-il pas envoyé des troupes au compte de la CEDEAO sur d’autres théâtres ? Les troupes de la CEDEAO sont-elles des « troupes étrangères » sur le sol voisin malien en crise ? Que vaut cette fierté maladive, ce nationalisme aveugle, ce chauvinisme exacerbé que de considérer les frères militaires burkinabé, ivoiriens sénégalais, togolais et autres venus éteindre le feu allumé sur le sol national comme des zombis qui menacent notre souveraineté ? Sachons raison garder ! Dans tous les cas, pour ce qui concerne la direction de la Transition par le président intérimaire, avec l’humilité, l’esprit de sacrifice et la hauteur d’esprit  qui le caractérise, Pr Dioncounda Traoré vient d’appeler les uns et les autres à calmer le jeu. « En aucun cas, je ne serai, ni n’accepterai d’être un problème pour  ce pays. Je me place donc en dehors de toutes les supputations et de toute la  polémique sur les ‘‘40 jours’’ ou les ‘‘12 mois’’. Et je dis très clairement que si tel est le souhait partagé, je ne resterai pas une seconde de plus que les quarante jours de l’intérim », a-t-il expliqué dans son message du 1er mai 2012. Un message assez clair qui doit permettre aux assoiffés du pouvoir de prendre « toutes leurs responsabilités » afin de mettre fin et définitivement à la double crise institutionnelle et territoriale dont tout le monde souffre. Bruno Djito SEGBEDJI

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (72)

User
Curieux
Curieux 14 ans
Très bel article, la CEDEAO n'est pas l'ennemi.Le danger c'est ce petit capitaine.Ce n'est pas à lui de fixer le temps de la transition.Vous avez vu ces chars dans Bamako ? Que font-ils là? Ces soldats sont la honte du Mali..
amourdupays
amourdupays 14 ans
Mr Bruno Djito SEGBEDJI, merci pour cet ecrit. Heureusement que des personnes comme vous existent encore.
fondo
fondo 14 ans
On des armes aussi sophistiquées pour s'affronter à Bko , mais on n'a pas d'armes pour combattre les rebelles au nord, les maliens attendent mieux que ça de ces lâches là.
aldjouma diaby
aldjouma diaby 14 ans
Chèr frère, sachez qu'aucune force de la CEDEAO n'est prète à ce jour pour aider le Mali par rapport au problème du nord. dans le meilleur des cas, une force d'interposition serait déployée (sous reserve l'acquisition de financement par l'organisation) entre les deux lignes de front pour que les deux camps ne progrssent l'un sur l'autre. Cela conduira au mieux à la création d'états fédérés au Mali sinon à la division du pays. Les éléments des forces internationales penseraient plutôt à leur sailaire qu'à se faire tirer dessus pour des causes qui ne sont pas réelement siennes, sinon ils seraient là avant la chutte de ATT à qui l'on imposerait cette intervention. Ces force ne sont qu'un fonds de commerce pour les pays. Quelque soit la situation, seule notre armée appuyée de logistique adequat est la solution pour reconquerir le nord. Sachez que cette armée ne se limite pas au CNRDRE ou au beret rouges. Le problème du nord à toujours eu un traitement antérieur sans fuite de nos soldats avant l'avênement des mercenaires non maliens de la lybie, quand le matériel militaire était à la hauteur.
diall
diall 14 ans
chers frères, je suis très confus par rapport à l'attitude des maliens de refuser l'aide extérieure pour débloquer nos problèmes. j'informe déjà que le taux de chomage est entrain d'augmenter de jour en jour parceque nos partenaires sont entrain d'arrêter leur projet. il y a une vague de licenciement dans les sociétés privées. est il necessaire de faire souffrir ce peuple par un certain sanogo et sa clique qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez? le monde d'aujourd'hui est un gros village, c'est un monde d'interet. si nous ne faisons pas attention, les occidentaux pourrait signer un pacte avec le MNLA et quelque soit ce que nous ferons, nous ne pourrons rien. proteger la transition est tout à fait normal afin d'avoir des partenaires pour nous aider. les USA ne discutent pas avec notre junte, Sarkozy les menage le temps que le MNLA puisse mieux s'implanter avec Ansar dine. et après trop tard, soit le pays est divisé ou on est parti pour 10 ans de guerre civile. que dieu nous en garde. mais mes chers frères c'est le scenario qui se dessine devant nous. soyons unis derrière notre gouvernement mais pas derrière le CNRDRE. Dès que l'intégrité territoriale sera assurée nous pourrons faire face à l'autre problème qui est de traduire devant les instances competentes les auteurs de la corruption. Faisons la part des deux aujourd'hui. la priorité c'est le nord et non la chasse aux sorcières tout de suite. nous savons tous que notre armée a fui, laissant le peu de matériel aux mains de nos ennemis qui sont entrain de se préparer à riposter. SOYONS REALISTES.
aldjouma diaby
aldjouma diaby 14 ans
Chèr frère, sachez qu'aucune force de la CEDEAO n'est prète à ce jour pour aider le Mali par rapport au problème du nord. dans le meilleur des cas, une force d'interposition serait déployée (sous reserve l'acquisition de financement par l'organisation) entre les deux lignes de front pour que les deux camps ne progrssent l'un sur l'autre. Cela conduira au mieux à la création d'états fédérés au Mali sinon à la division du pays. Quelque soit la situation, seule notre armée appuyée de logistique adequat est la solution pour reconquerir le nord. Sachez que cette armée ne se limite pas au CNRDRE ou au beret rouges. Le problème du nord à toujours eu un traitement antérieur sans fuite de nos soldats avant l'avênement des mercenaires non maliens de la lybie, quand le matériel militaire était à la hauteur.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (109)
  • Nfp (75)
  • Kankan (58)
  • Sissoko (27)
  • Citoyen du monde (22)