CONSEIL SUPERIEUR DE LA MAGISTRATURE : Cinq juges changent de poste

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        Le dernier Conseil Supérieur de la Magistrature tenu le samedi 03 février 2007 sous la présidence du chef de l’Etat, M. Amadou Toumani Touré a pris d’importantes décisions dont les mutations, soit pour sanctionner, ou récompenser certains juges pour les actes qu’ils ont posés d’un conseil à un autre. C’est ainsi que cinq magistrats sur un peu plus de quatre cent ont changé de juridiction. Pourquoi seulement cinq mutations? Qui sont ceux qui ont changé de poste?

    UN CONSEIL SUPERIEUR SOUS LE SIGNE DU BICEPHALISME

        Pour la première fois dans l’histoire du Mali indépendant, le Conseil Supérieur de la Magistrature, présidé par le président Amadou Toumani Touré s’est tenu avec le constat d’un bicéphalisme syndical avec la naissance du SY.LI.MA (Syndicat Libre de la Magistrature) le 15 octobre 2006 en plus du SAM (Syndicat Autonome de la Magistrature). Cette division d’un corps comme la magistrature, considéré comme faible numériquement n’a pas été du goût de certains magistrats, notamment les anciens de la Cour Suprême. Dès l’annonce de la rumeur de la naissance du second syndicat, ces anciens, bien expérimentés ont joué les bons offices entre les protagonistes du SAM et du SY.LI.MA.

        Malgré cette médiation, les initiateurs du SY.LI.MA ne voulaient rien entendre, décidés contre vents et marrées à créer leur syndicat. C’est pourquoi le SY.LI.MA a vu le jour le 15 octobre 2006 au Centre Culture Islamique de Hamdallaye lors de sa convention constitutive. Ce jour là, sur les quatre cent magistrats que compte le Mali, seule une centaine ont émargé. Mais, il faut préciser que tous ces signataires n’ont pas adhéré au nouveau syndicat. Mais, puisque l’accès à la salle de réunion et aux documents était conditionné à une signature, c’est  pourquoi il y a eu cent signatures.

        L’ex-procureur général près la Coup d’Appel de Bamako, M. Amadou Ousmane Touré est-il parmi les signataires du SY.LI.MA? Rien n’est moins sûr ; tout ce qu’on sait, le jour de la convention constitutive du SY.LI.MA, il était au Centre Islamique d’Hamdallaye. Et le fait qu’il soit relevé de ses fonctions de procureur général le samedi 03 février 2007 a surpris plus d’un qui sont d’autres magistrats et qui ont été mutés.

    MAHAMADOU BOUARE REMPLACE AMADOU OUSMANE TOURE

        L’ex-procureur général près la Cour d’Appel de Bamako Amadou Ousmane Touré, nommé conseiller à la présidence de la République a été remplacé par le juge Mahamadou Bouaré, précédemment avocat général près la Cour Suprême de Bamako. Le nouveau procureur général est un homme du sérail. Il était jusque là l’Avocat général près de la Cour Suprême où il a passé plus de sept ans. Avant d’être à la cour suprême, Mahamadou Bouaré avait déjà fait le tour des juridictions du pays. Il fut juge au siège, juge d’instruction, juge de paix à compétence étendue, juge au parquet.

        Le nouveau procureur général près la Cour d’Appel M. Mahamadou Bouaré, en plus de trente ans de carrière a séjourné dans toutes les villes du Mali: Kayes, Tombouctou en passant par Kati, Kita, Ségou, Mopti. Partout où il est passé, il a laissé un grand souvenir. Elégant, courtois et discret, Mahamadou Bouaré est surtout un juge intègre. Ce sont surtout ses collègues magistrats qui l’apprécient le mieux. Au-delà du travail professionnel, selon certains témoignages, le nouveau procureur de la République est également un homme social. Lors de cérémonies de mariage, baptême ou décès, il est toujours présent aux côtés de ses semblables selon les circonstances.

    DJIBRIL KANE ET SEKOU AMADOU KOITA PERMUTENT

        La troisième personne concernée par les récentes mutations est M. Djibril Kané qui était le juge d’instruction au tribunal de première instance de la commune I du District de Bamako. Le juge Kané fut muté à Ouélessebougou comme juge de paix à compétence étendue. Dans cette juridiction située à environ 100 km de Bamako, Djibril Kané remplace M. Sékou Amadou Koïta. Il vient à la place de Djibril Kané en commune I. Le juge Djibril Kané est surtout connu comme étant le secrétaire général du SY.LI.MA sa mutation à Ouelessbougou est-elle une recompense de ses engagements syndicaux ou une sanction?

        Quant à Sékou Amadou Koïta, son affectation en Commune I est considéré par ses collègues comme une manière de sauver sa peau car, il a pris plusieurs décisions impopulaires qui ont fait que la population de Ouéléssébougou, capitale du Djitoumou s’est revoltée contre lui. Sa tête fut mise à pris à plusieurs reprises. Est-il ainsi sauvé? Pourvu qu’il ne reprenne pas les mêmes choses qui l’ont fait quitter le Djitoumou.

    MAMADOU LAMINE COULIBALY, LE NOUVEAU JUGE DE KAYES

        Le cinquième juge qui a changé de place est M. Mamadou Lamine Coulibaly qui devient le nouveau juge de paix à compétence étendue au tribunal de première instance de Kayes. En effet, le juge Coulibaly remplace à ce poste feu Alhassane Ag Agaly Dicko décédé en janvier 2007.
        Les juges Amadou Ousmane Touré, Mahamadou Bouaré, Mamadou Lamine Coulibaly, Sékou Amadou Koïta et Djibril Kané sont les cinq qui ont changé de poste au dernier Conseil Supérieur de la Magistrature présidé par Amadou Toumani Touré, président de la République.

    Daba Balla KEITA

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