Réintégration des rebelles dans l'armée malienne : Le Gouvernement cherche à réduire l’hostilité des chefs militaires

28 Août 2014 - 09:47
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_233512" align="aligncenter" width="610"]Moussa Mara Moussa Mara nouveau PM[/caption] La décision du Gouvernement  de réintégrer les éléments issus des groupes armés du nord du Mali ne semble pas passer du côté de l'armée,  si l'on en croit les informations qui nous sont parvenues. Le premier ministre Moussa Mara,  qui a rencontré certains chefs militaires et abordé le sujet avec eux,  a eu toutes les peines à les convaincre d'adhérer à cette décision qui  est pourtant l'une  des revendications majeures des groupes armés.   Il a été fait savoir au chef du Gouvernement que les militaires maliens ont été informés,  à maintes reprises et à différentes occasions,  qu'il n'y aurait plus de réintégration mais plutôt une réinsertion socioéconomique des rebelles.  D'où la réticence de la hiérarchie à faire passer le message devant les hommes de troupe qui, dit-on, verraient d'un très mauvais œil le retour dans les rangs de l'armée des gens qui ont déserté avec armes et bagages et qui n'ont pas hésité à retourner ces mêmes armes contre leurs frères.   C'est dire donc que la décision du gouvernement de réintégrer ces rebelles le met dans une situation très embarrassante. Une réintégration des éléments issus des groupes armés pourrait  porter un coup d'arrêt  au processus de refondation de l'armée en cours, nous -t-on expliqué.   Dans les rangs de l'armée, on estime que les jeunes des régions du nord,  principalement ceux de Kidal,  ont la latitude comme  ceux de chaque localité  du pays,  de participer à des recrutements ou concours organisés par l'armée. Rappelons qu'en prélude à la deuxième phase des pourparlers inclusifs inter-maliens d'Alger  prévue le 1er septembre, les groupes armés du nord ont exigé une réintégration massive de leurs éléments dans les rangs de l'armée. En plus de cette réintégration qui devra concerner entre 4 000 et 5 000 personnes, ils ont aussi réclamé le partage des responsabilités avec la nomination de certains des leurs à des grades supérieurs. Comme nous l'avions signalé dans une précédente parution, cette réintégration,  même si elle doit déboucher sur une paix durable, est lourde de conséquences. D'abord l'on a affaire à des gens qui ont commis des crimes abominables et auraient dû être poursuivis par la justice  pour être châtiés conformément aux lois en vigueur.  Leur  intégration massive pourrait être perçue et interprétée comme une prime à la rébellion et à l'impunité.   Rien ne prouve,  par ailleurs,  que ceux qui seront intégrés, demeureront fidèles à l'armée. Les signatures des Accords de Tamanrasset du 6 janvier 1991, du Pacte national du 11 avril 1992 et de l'Accord d'Alger du 4 juillet 2006 qui ont  donné lieu à des recrutements massifs d'ex-rebelles, se sont  avérées un échec  lamentable si l'on s'en tient aux nombreuses désertions qui ont été constatées après chaque rébellion. Celle de 2012, marquée par le départ de près de 3 000 intégrés Touaregs de l'armée, a failli conduire à la disparition de l'Etat malien, tout au moins dans sa forme laïque et républicaine. Alors ramener encore ces mêmes déserteurs sans foi ni loi auxquels sont venus s'ajouter d'anciens mercenaires venus de Libye et d'ailleurs, le risque est énorme de voir le Mali connaitre un jour certain une mutinerie qui ira au-delà de ce que le pays connu en 2012-2013.   Abdoulaye  DIARRA

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Commentaires (21)

User
1FILSMALIBA
1FILSMALIBA 12 ans
Jamais 1 sans 2, 2 sans 3....., si la lecon n'a pas ete apprise alors la rebellion est la pour demeurer a jamais. Je n'en voudrais pas aux chefs militaires si et seulement si ils faisaient la fierete du peuple pour s'opposer a cette nieme integration des rebelles au saint de notre armee. Peut etre c'est la raison pour laquelle le gouvernement a brise la chaine de commandement au nord, qui sait? Mais des compromis il faudra, helas, helas, helas.
Sentinelle
Sentinelle 12 ans
<strong>Nous avons suffisamment de recul pour dire que réintégré ces traites et arrogants serait de se faire une énième fois hara-kiri!</strong> Il y a eu un précédent avec les accords de 92, c'est Ibk qui était aux commandes (Premier ministre, donc chef de l'exécutif). Chargé en chef de l'intégration. Ibk lui même, nous a dit au cours de ses conquêtes de la magistrature suprême(en 2007, et récemment en 2012 et 2013) que tout ce qui a été entrepris jusque là comme solution à la situation du nord n'était pas la bonne voire était nul. <strong>Il nous a dit qu'aucun état sérieux n'acceptera.....bon soyons gentil certaine chose</strong>. Alors, Ibk l'illustre Kankélétigui n'acceptera jamais d'administrer un remède qui n'a jamais fonctionné.
mamadou coulibaly
mamadou coulibaly 12 ans
M. le journaliste. Le nombre total d'ex-combattants intégrés dans les forces armées maliennes n'a jamais atteint, et de loin, le chiffre de " près de 3 000 " que vous avancez.
Madou
Madou 12 ans
La période actuelle est très délicate pour le Mali. Que c'est dure et triste de négocier en position de faiblesse. Intégrer les rebelles dans l'armée suscite de nombreuses et graves questions. 1- Quel sera leur niveau de fidélité ? 2- Ne viennent-ils pas dans l'armée pour mieux affaiblir le Mali ? 3- Ne sont-ils pas entrain de préparer la prise de tout le pouvoir au Mali ? 4- Quelle autre rébellion vont-ils préparer ? 5- Comment sera organisée la prise en compte des préoccupations des militaires loyalistes ? 6- Et tous les crimes commis ? 7- Prend-t-on en compte le point de vue de la majorité des Maliens ? Beaucoup de questions et peu de réponses évidentes. Les plaies sont loin d'être cicatrisées. <b>L'Etat malien doit être très vigilant et très prudent. Les décisions qui vont être prises auront des répercussions durables.</b>
soudanais
soudanais 12 ans
Les militaires maliens n' ont pas le choix. Ils ont été chassé par ces jeunes( bergers, narcotrafiquants et chômeurs) qui n' ont fait ni écoles supérieures du mali et d' ailleurs, ni écoles de guerres de l' Amérique, de la Russie ou de l' Europe. Si l' armée malienne refuse leur intégration, elle a intérêt à vaincre au lieu de fuir comme des lièvres pourchassés par des chiens.
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