“Effondrement financier imminent de l’ONU” : Le cow-boy des temps modernes, le Shérif sans revolver et l’héritier de Sun Tzu

Si l’état financier de la « faitière » des Organisations internationales est en berne, c’est tout le principe du système mondial qui est remis en cause.

02 Fév 2026 - 11:07
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“Effondrement financier imminent de l’ONU” :  Le cow-boy des temps modernes, le Shérif sans revolver et l’héritier de Sun Tzu

 L’ONU serait née avec des tares congénitales. Ou, semble-t-il, elle a fait sienne, un combat pétrie de nobles intentions, qu’elle ne peut, à elle seule, mener. À l’épreuve d’un populisme grandissant, d’un monde global en profonde mutation, et d’un « Président mondial » se moquant royalement de tout code éthique onusien, l’annonce du Secrétaire Général de l’institution, Antonio Guterres, déclarant son état financier déliquescent, est inédite.

Au-delà de l’aveu de fragilité budgétaire, la situation financière de l’ONU révèle une crise plus profonde : celle de l’engagement politique de certains États majeurs envers le multilatéralisme. Dans le concert des Nations, des puissances centrales, pourtant fondatrices et longtemps garantes de l’édifice onusien, rechignent de plus en plus à s’acquitter de leurs cotisations obligatoires. Ce refus, souvent justifié par des considérations de politique intérieure ou par une lecture strictement utilitariste des relations internationales, fragilise mécaniquement une institution dont le fonctionnement repose sur la solidarité financière et la confiance collective. Lorsque les piliers vacillent, c’est l’ensemble de l’architecture mondiale qui tremble.

Cette défiance s’inscrit dans un climat international de plus en plus hostile à tout ce qui est perçu comme « onusien ». Aux yeux de nombreuses opinions publiques, l’Organisation des Nations-Unies apparaît impuissante face à la multiplication des conflits armés, à l’aggravation des crises humanitaires et à la banalisation de certaines dérives autocratiques. L’ONU est alors jugée à l’aune de ce qu’elle ne fait pas, ou de ce qu’elle semble incapable d’imposer, oubliant parfois que son action reste conditionnée par la volonté, ou le veto, de ses États membres les plus influents. Cette incompréhension nourrit le populisme et renforce les discours souverainistes qui dénoncent une institution coûteuse, lente et déconnectée des réalités.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la posture de Donald Trump, qui a ordonné le retrait de son pays de 66 organisations internationales « ne servant plus les intérêts américains », dont 31 affiliées au système onusien. Fidèle à sa doctrine « America First », l’ancien président a assumé une vision transactionnelle des alliances et du multilatéralisme, réduisant la coopération internationale à un simple calcul de gains immédiats. Pour certains observateurs, la mise en place d’un Conseil de paix parallèle sous son impulsion ne serait rien d’autre qu’une tentative de concurrencer, voire de marginaliser, le Conseil de sécurité des Nations unies, jugé trop contraignant et insuffisamment aligné sur les priorités américaines.

Cette attitude solitaire, loin de renforcer durablement la position des États-Unis, pourrait au contraire accélérer un déclin déjà perceptible de leur leadership mondial. En se retirant des espaces où se définissent les normes, les règles et les équilibres internationaux, Washington laisse le champ libre à d’autres acteurs plus patients et stratèges. L’histoire des relations internationales montre que l’influence ne se mesure pas uniquement à la puissance militaire ou économique, mais aussi à la capacité à façonner l’ordre mondial de l’intérieur.

Dans ce jeu d’opportunités, l’autre superpuissance de la planète observe et avance ses pions. Aujourd’hui, les États-Unis demeurent le premier contributeur au budget de l’ONU, à hauteur de 22 %. Mais cette position n’est pas intangible. La Chine, déjà très active dans les agences spécialisées et les opérations de maintien de la paix, pourrait bel et bien ravir cette première place financière et symbolique. Un tel basculement ouvrirait un nouveau chapitre des relations internationales, marqué par une redistribution des rôles et des influences, tandis qu’une Amérique hésitante réaliserait, peut-être trop tard, que le multilatéralisme n’est pas seulement une charge, mais aussi un levier de puissance.

Une certaine lecture serait que, dans un Far West diplomatique où le Cowboy tire sans regarder, le Shérif sans revolver tente de maintenir l’ordre pendant que l’héritier de Sun Tzu avance ses pions.

                                                                                                                                 

 Ahmed M. Thiam

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Commentaires (3)

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Kinguiranke
Kinguiranke 9 mois
Pour survivre, être egalitaire, démocratique, inclusive et respectueuse des droits de l'Homme et du droit international, l'ONU a besoin de reformes tres profondes dans son administration (le Conseil de Securite et Assemblee Generale) qui est tres coloniale et date de 1945 et dans ses programmes/agences qui sont devenues des monstres a plusieurs tetes.
Coulibaly Yacouba
Coulibaly Yacouba 9 mois
Nous restons convaincus que l'ONU est en fin de course aujourd'hui, car le véritable financier refuse d'accepter comment l'institution est gérée actuellement, les USA veut que les autres état se soumettent à son dicta, alors que l'essence même des Nations Unies lui défende d'agir dans la soumission en respectant la règle de tous pour un et un pour tous. Cette grande organisation de plus de 80 ans tend vers sa fin, donc il faut que tous nos pays s'équipent et se forment contre d'éventuels agresseurs comme on l'a vue avec le cas du Venezuela récemment. Il faut les plus faibles commencent de mettre en place leur ré-armement pour ne pas être surpris d'éventuelles attaques.
Kinguiranke
Kinguiranke 9 mois
Thiam, la ou l'ONU a tout perdu c'est quand elle a multiplie ses agences en ouvrant chaque jour une et en ne fermant jamais l'autre, elle n'est jamais sortie de l'esprit de faire a la place de ceux qui doivent faire (les Nationaux) et elle s'est mise dans des operations de paix car les guerres sont crees par les industries de l'armement des 3 pays du Conseil de S0ecurite (les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne) et on envoie des soldats de l'ONU pour éteindre le feu mais malheureusement ils n'ont jamais pu le faire avec des operations de paix de 10-15-20 ans au Liban, en Haiti, en RDC, en RCA, en Somalie, au Mali, etc, etc sans success, c'est de l'argent jete par la fenêtre car c'est le pyromane veut faire le pompier! Pour survivre, l'ONU a besoin de reformes tres profondes dans son administration (le Conseil de Securite et Assemblee Generale) qui est tres coloniale et date de 1945 et dans ses programmes/agences qui sont devenues des monstres a plusieurs tetes
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