SECURITE D’ETAT : ATT met en congé obligatoire 20 officiers et sous-officiers agents

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Dans l’après-midi du vendredi 2 février, une décision signée par le patron des services des renseignements du Mali, Mamy Coulibaly, a été portée à la connaissance des agents de ce service stratégique de l’Etat. Dans ce document tenu jusque là secret – sauf pour L’Indépendant – une vingtaine d’agents venus à la Sécurité d’Etat à l’époque où Boubèye en était le grand patron étaient convoqués à se présenter au service hier, lundi 5 février.

Parmi eux, certains se trouvent en mission à l’étranger, notamment en Haïti et au Burundi, et d’autres cloués sur des lits d’hôpital. Ceux qui ont répondu au rendez-vous se sont entendu dire qu’ils sont en congé pour deux semaines. Surpris,  parce que n’ayant pas demandé ce congé, ils sont restés bouche bée. Cependant, ils ont compris que c’est une manière de se débarrasser d’eux. Cette façon de faire est, semble t-il, l’une des multiples procédures qu’utilise la Sécurité d’Etat pour affecter ses agents. Ainsi, après les quinze jours de congé, ils se présenteront de nouveau au service et trouveront sur place leur décision de mutation. Ils seront certainement remis à leur service d’origine.

Par ce nettoyage à grande eau, ATT veut-il sanctionner la Sécurité d’Etat pour les insuffisances qu’elle a révélées lors des casses consécutives au mémorable match de football Mali-Togo en mars 2005, l’attaque-mutinerie surprise des casernes militaires de Kidal et Ménaka ou son incapacité à prévoir la parution du livre «ATTcratie : la promotion d’un homme et de son clan» et, quand le mal fut fait, à identifier son ou ses auteurs ? On sait que la Sécurité d’Etat elle-même a été mise sur la liste des supposés rédacteurs de ce document sulfureux et dont les ravages dans l’opinion nationale ne seront pleinement évalués qu’après la présidentielle programmée pour le 29 avril prochain.

Ce qui est sûr, c’est que la vingtaine d’officiers et de sous-officiers concernés par la mesure de congé obligatoire, dont nous publions ci-dessous la liste intégrale, partagent en commun cette particularité d’avoir été recrutés ou promus entre 1993 et 2000, c’est-à-dire du temps où Soumeylou Boubèye Maïga était le patron de cette police de l’ombre. Devenu, depuis le départ de Alpha Oumar Konaré en 2002, la bête noire du Général ATT et, depuis ces dernières semaines, un candidat déclaré à la présidentielle du 29 avril, ATT a-t-il voulu, pour l’affaiblir, démanteler le réseau qu’on lui prête, à tort ou à raison, d’entretenir au sein de la Sécurité d’Etat ? La suite des événements nous apportera la réponse à cette interrogation. 

                Chahana Takiou

Liste des agents concernés

1. Lieutenant-colonel Habibou Diakité
2. Commissaire divisionnaire,     Soumaïla Traoré
3. Commissaire divisionnaire,     Yaya Samaké
4. Commissaire divisionnaire,      Adama Kéïta
5. Commandant, Julien Koné
6. Commissaire, Elhadj Youssouf Maïga
7. Sergent-chef, Abdoulaye Yattara
8. Caporal-chef, Abdoulaye M. Maïga
9. Capitaine, Bassery Konaté
10. Capitaine, Moussa Sidibé
11. Sergent, Balobo Maïga
12. Sergent-chef, Malla Diakité
13. Adjudant, Kolla Korambata
14. Adjudant-chef, Yacouba Sangaré
15. Sergent, Bouba Doumbia
16. Sergent, Youssouf Yalcoué
17. Sergent, Boundiou Dabo
18. Sergent-chef, Oumar Diarra
19. Sergent-chef, Boubacar Diallo
20. Adjudant-chef, Ousmane Mariko

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