Interpellation du Gouvernement par l’Assemblée nationale : Le PM Cheikh Modibo Diarra fuit le débat

29 Juin 2012 - 03:02
Mis à jour: 14 ans
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Cheick Modibo Diarra, Premier ministre du Gouvernement de transition, devait être devant les députés, le 28 juin 2012. Mais, la séance d’interpellation n’a pas eu lieu parce que le Premier ministre n’est pas venu. Pourquoi ? [caption id="attachment_72099" align="alignleft" width="344" caption="Cheick Modibo Diarra, le Premier ministre de transition du Mali. AFP"][/caption] Par une lettre adressée au Premier ministre Cheick Modibo Diarra, l’Assemblée Nationale  a interpelé le Gouvernement pour sa  séance publique du 28 juin 2012. L’Assemblée Nationale voulait entendre le Premier ministre sur l’agression du Pr Dioncounda Traoré, Président de la République par intérim, à l’époque des faits. Il devait aussi s’expliquer sur les occupations des espaces publics et la situation au nord du pays. Pour  prendre part à cette séance d’interpellation, nombreux sont les députés  qui ont pris d’assaut l’Assemblée nationale dès les premières heures de la matinée. Vu les sujets inscrits à cette séance d’interpellation publique, il n’y a aucun doute, les députés n’allaient pas rater l’occasion de se racheter des hésitations commises du temps où ATT était Président de la République et Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, Premier ministre. Mais, la séance d’interpellation n’a pas eu lieu. Et pour cause : le Premier ministre Cheick Modibo Diarra n’est pas venu. A-t-il fui le débat ? S’est-il dérobé à cet obligatoire et impératif  exercice démocratique ? Sa décision a-t-elle été motivée parce qu’il n’a pas confiance aux députés, quand on sait que cette interpellation a lieu à un moment où des responsables politiques demandent le départ de son Gouvernement ? Il y a un peu de tout cela, selon les analystes et les observateurs de la politique malienne. Le Premier ministre s’est contenté d’adresser  une lettre au Président de l’Assemblée nationale, dans laquelle il donne, en quelque sorte, les raisons qui l’ont conduit  à ne pas répondre à cette interpellation. Lue par l’honorable Younoussi Touré, Président par intérim de l’Assemblée nationale, à l’attention des élus du peuple, la lettre du Premier ministre, quoiqu’on ne peut plus claire, prend des allures de pirouette. En effet, après avoir rappelé au Président de l’Assemblée nationale que le Gouvernement a été interpellé sur des problèmes qui portent sur les questions sécuritaires de notre pays, il a indiqué qu’il se serait plié à cet exercice démocratique, si la situation du pays s’y prêtait. « Vous conviendrez avec moi qu’un Gouvernement de transition ne pourrait pas discuter de questions pendantes devant la justice », a-t-il rappelé aux honorables députés. Au regard de la situation du pays, il n’est pas acceptable de se prononcer, de l’avis du premier ministre, en séance publique d’interpellation, sur des questions qui relèvent du  secret défense. Un  argumentaire fallacieux si l’on sait qu’il s’agissait de parler d’une agression diurne et publique du président de la République dont l’essentiel du déroulement est connu du grand public. En la matière ce dont il s’agissait, et sans doute ce que craint le PM, c’est qu’il explique à la représentation nationale  comment une telle infamie a-t-elle été possible et pourquoi à ce jour, malgré la condamnation de la quasi-totalité des Maliens et de la communauté internationale  seuls deux tondus et trois pelés ont été inquiétés, de surcroit pour troubles à l’ordre public. Ce qu’il voulait éviter devant le parlement, c’est l’aveu d’un échec patent, une incapacité notoire à agir sur un appareil, une machine dont il est le garant, au nom « des pleins pouvoirs » qui, à la pratique, s’est avéré un machin informe sans contenu véritable vidé de son suc vital. C’est en donnant  à sa fonction tout son sens, en prenant ses responsabilités, qu’il aurait prouvé  aux Maliens meurtris qu’il était une alternative  crédible. Ou, tout aussi souverainement parce que passé à côté de l’essentiel dans ce dossier, quels qu’en soient les raisons, se démettre. Le « secret défense » qu’il évoque donc dans son courrier n’était qu’une dérobade, un maladroit prétexte pour éviter de  faire face. Les députés qui le conviaient à un exercice républicain auquel il n’aura d’autres choix que de s’y plier  savent, plus que tout autre, ce qui relève du secret national ou pas et au sein de l’institution ont prévu le cadre légal et sécurisé pour évoquer les problèmes graves de la Nation. Le Pm vient tout simplement de repousser l’échéance, reléguant dans un coin, comme au temps de GMT, un fourneau rempli de feu dans une case aux fétus affaiblis par les temps.  Mais où est donc le secret dans un débat sur l’occupation anarchique des lieux publics ? Où est le secret quand c’est au grand jour qu’on meurt sous les balles de bandes armées, de tous acabits,  à Gao, Tombouctou et Kidal quand on vole, viole, pille et humilie, en toute impunité, sous le regard impuissant,  incapable d’un gouvernement  de pure forme  qui n’a que ses yeux pour pleurer. Le Premier ministre demandait à  l’Assemblée nationale de surseoir à son interpellation en attendant  des moments beaucoup plus sereins. Comme si un seul indicateur, dans un quelconque domaine pouvait laisser à penser à lui  et même aux Maliens  que des « temps plus sereins » c’est pour demain.  Les temps sereins ça ne s’invente pas, ça se crée avec de la sueur, des larmes  et beaucoup de courage dont le premier est de défier la réalité  pour espérer vaincre sa morgue et son arrogance. Le monde dans lequel nous vivons, à n’en pas douter, sort de la forge  des hommes teigneux. Et le  Président de l’Assemblée nationale par intérim de demander  aux députés de prendre acte de la défection du Premier ministre  et de passer à l’examen des autres points inscrits à l’ordre du jour. Chose qui a été faite, dans un silence pour  certains, et dans des applaudissements pour d’autres. Tout le témoignage des cafouillages ambiants. Les mandants du peuple, les vrais, reviendront à la charge ! S. Elkounta

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Commentaires (17)

User
koumah
koumah 14 ans
koumah les vrai sujet on en parles pas au mali ,pourquoi se contourner autour de la verité, l'affaire de dioncounda et l'occupation des espace publique,tout sa là se du faut problème, se de nous faire oublier le vrai problème, le pays et sous occuper, on en parles pas sa asser, le petit quérelle qui entre nous on devait laisser sa a coté
jeunesoldat
jeunesoldat 14 ans
Ce gouvernement est bidon et le Premier malheur de la République fait penser à Zan-Pauli (rôle que Guimba jouait dans une ancienne pièce de théâtre). la mère de Zan-Pauli se fait tabasser devant ses yeux et Zan-Pauli recommence inlassablement "ka néba bougo ah! recommence encore une fois et tu verras ce qui t'arrivera) et l'agresseur recommençait de plus belle. Heureusement c'était une pièce de théâtre sinon la pauvre mère aurait rendu l'âme devant son lâche de fils qui estimaient, à chaque fois, que les coups portés à sa mère n'étaient pas encore assez violents pour justifier son intervention.
LOYAUTE
LOYAUTE 14 ans
J'estime une bonne allure avec ce gouvernement. Là ce sont les hommes à la place qu'il faut; on comprend toutes ces manigances des troupes de l'exgouvernement mais je sais que DIEU est avec nous pour avoir choisi ce gouvernement. Laissons le faire leur travail car il est trôp tôt pour le juger... QUE LE BON DIEU NOUS EN GARDE POUR TOUJOURS; AMEN!!!
babouya
babouya 14 ans
Ce qui est impensable c'est qu'on demande un bilan à un gouvernenement moins de 2 mois après son installation. Un gouvernement n'est pas une petite entreprise. C'est tout un appareil, un système.Disons les choses en face, ceux qui s'agitent veulent une place pour eux mêmes. Ils ont la peur au ventre. La peur de perdre tout ce qui a été amassé comme richesse et privilège pendant des années. Leur intention est loin d'être patriotique. Mais le peuple n'est pas dupe. La refonte de ce gouvernement nous ramenera davantage en arrière. On a plus du temps à perdre.
Guezo
Guezo 14 ans
Chassez le .il,n est pas à la hauteur
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