Mise en œuvre de l’accord : Moussa Mara critique le gouvernement

27 Avr 2017 - 01:10
Mis à jour: 9 ans
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Mise en œuvre de l’accord :  Moussa Mara critique le gouvernement
Moussa Mara
L’ancien Premier ministre,  Moussa Mara, ne manque d’occasion de porter son jugement sur la situation au Mali. De passage à Paris, le président du parti Yelema"  a fustigé le manque du leadership de l’état, disons du gouvernement dans la mise en œuvre de l’Accord de paix. C’était dans une interview accordée à nos confrères de Paris Match. Morceaux choisis ! Pour l’ancien chef du gouvernement, « la situation sécuritaire dans notre pays est volatile et se situe à un niveau alarmant. Partout sur le territoire, notamment au nord et au centre, les citoyens vivent dans une relative psychose, ce qui fait de l’insécurité, aujourd’hui, la première préoccupation des Maliens, y compris de la diaspora qui nous interpelle à chaque fois qu’elle a l’occasion de s’adresser à un responsable public. Cela vient de m’arriver ici-même à Paris ». Moussa Mara fustige que « les conflits communautaires et socioprofessionnels sont quelques fois décrits à tort comme des guerres interethniques. On a tort d’assimiler leurs activités à leurs origines ethniques. Les peuhls sont souvent éleveurs et les bambaras des travailleurs de la terre. La plupart des tensions entre ces groupes s’expliquent par les problèmes d’accès aux terres entre éleveurs et agriculteurs. On a tort de les réduire à des conflits entre bambaras et peuhls. Cela étant dit, le risque de dérapages voire de débordements vers des conflits intercommunautaires existe. Il est stimulé par l’accroissement des affrontements, des revanches liées à des différends de plusieurs décennies, des représailles consécutives à des attaques terroristes imputées à un groupe donné… Prenons-en garde ». L’Etat a déserté de pans entiers du territoire Il justifie la  recrudescence de la violence au  centre du pays «  d’abord le facteur du recul de l’Etat qui a déserté de pans entiers du territoire dans ces zones où l’accès est difficile avec une grande présence d’eau. Il y a ensuite la circulation des armes, une escalade qui se traduit par la course aux armements afin de se protéger. Il y a également la persistance du banditisme et du terrorisme islamiste, du fait de l’existence dans la zone de leaders radicaux. La stigmatisation liée aux attaques terroristes, les problèmes relatifs à la coexistence difficile et belligène entre les pasteurs et les sédentaires, les éleveurs et les agriculteurs dans un cadre où il n’y a pas de régulateur officiel, ni d’intercesseurs traditionnels, tout cela crée les conditions de confrontations. Il y a enfin une grande paupérisation des populations, comme ailleurs au Mali, qui les fragilise et facilite la criminalisation de la zone mais aussi le développement d’idéologies extrémistes ». Recul de l’Etat Réagissant au  rapport de l’agence des Nations Unies au Mali (Ocha-Mali) plus de 700 écoles ont fermé entre Kidal et Ségou, l’ancien PM trouve que « c’est l’une des illustrations les plus dommageables de ce recul de l’Etat. Lorsque nos forces de sécurité quittent des positions, elles laissent derrière elles des territoires désertés entrainant dans leur sillage le départ de l’administration, des collectivités territoriales, de la justice, des écoles et des centres de santé. Cela n’est pas acceptable. L’Etat doit accroitre ses efforts pour assurer sa présence sur le territoire. Il doit faire de la réouverture des écoles une priorité. La souveraineté, c’est d’abord le contrôle étatique à l’intérieur des frontières et ensuite la fourniture de services aux populations partout où ils se trouvent sur le territoire ». Deux ans après la signature des accords d’Alger, moins de 10% du chemin a été parcouru. Moussa Mara rappelle que « la question des autorités intérimaires à l’origine est marginale. Tachons de distinguer l’essentiel de l’accessoire. L’essentiel c’est le retour de l’administration partout sur le territoire dans le sillage du redéploiement de l’armée. Cela favorisera le retour des réfugiés et le redémarrage des activités socio-économiques. Cela implique aussi le désarmement des milices, leur réinsertion et l’organisation d’élections. Tout cela dans un délai de deux ans environ. Presque deux ans après la signature des accords d’Alger, moins de 10% du chemin a été parcouru. Pire: l’ordre des choses a été inversé, les acteurs de la mise en œuvre de l’accord s’enlisent dans des débats peu productifs. L’Etat est en grand retard dans la conduite des reformes, le désarmement n’a pas commencé, le redéploiement de l’administration non plus. Les groupes armés et les autorités intérimaires se partagent le pouvoir. Il n’est pas étonnant que les populations reprouvent la mise en place de ces autorités là où elles estiment n’avoir pas été associées, surtout quand les leaders nommés ne sont pas représentatifs. Il faut sortir de cette situation en se fixant des objectifs délimités dans le temps et en entrainant les acteurs sur l’essentiel. C’est l’Etat qui doit exercer le leadership dans la mise en œuvre de l’accord de paix. C’est le seul moyen d’avancer tout en permettant d’indexer les acteurs de mauvaise foi, fort nombreux, n’ayant pas intérêt à la paix et soucieux de faire durer ce processus et les avantages qu’ils tirent de la situation chaotique actuelle ». Le désarmement avance péniblement À propos du  désarmement des ex rebelles et du retour des réfugiés, le candidat à la mairie du district de Bamako dénonce que «  le désarmement avance péniblement. Les camps destinés à recevoir les combattants, à désarmer, ont été construits dans leur majorité. Il reste à les identifier, répertorier et stocker les armes, déterminer leurs destinations et dans un délai court (trois mois) les orienter vers leurs destinations finales. Ce processus doit démarrer car la commission en charge de cette tâche a été mise en place il y a deux mois ! On aurait pu la mettre en place plutôt comme la plupart des actions réalisées récemment. Espérons que les choses avancent maintenant. Mais sans objectifs claires, sans calendrier, sans définition univoque des tâches et des responsabilités et monitoring serré du dispositif, on ne pourra pas avancer de manière décisive. Quant au retour des réfugiés, c’est la résultante de l’avancée de la sécurité sur le terrain. Quand les foires et marchés commenceront à fonctionner normalement, quand les gens pourront voyager pour commercer, rendre visite à leurs proches, quand les investissements dans l’agriculture, les infrastructures ou l’agro-industrie pourront être engagés… les réfugiés reviendront. Personne n’est heureux loin de chez lui, même pris en charge ! ». Pas de prédiction sur l’avenir politique d’IBK Pour lui, il y a « deux perspectives : la plus heureuse est la reprise en main déterminée du processus de paix par l’Etat. Il doit jouer le rôle de moteur pour les autres acteurs, y compris la communauté internationale. Cela obligera les groupes armés à suivre le mouvement et à accompagner l’Etat, ceux d’entre eux qui sont de mauvaise foi seront rapidement démasqués et mis de côté ! Il y a la seconde perspective, celle des petits pas et du « tango macabre ». Elle correspond à une avancée timide sur un chantier suivi par un recul sur un autre chantier, enlisant le processus et maintenant l’insécurité et la volatilité de la situation, laissant perdurer le terrorisme et les trafics (drogue, armes, êtres humains…) qui alimentent l’insécurité et maintiennent ainsi une bonne partie de notre territoire dans une situation d’entre deux, ni en guerre ni en paix. Cela arrangerait les seigneurs de guerre dont de nombreux leaders rebelles et, peut-être, certains acteurs étatiques! Cette situation peut lasser les Maliens mais aussi les soutiens internationaux, entrainer le retrait de certains d’entre eux, annuler les projets d’investissements structurants indispensables à l’essor de notre pays. Elle peut déboucher sur une crise majeure. Il appartient à l’Etat de choisir laquelle de ces deux directions il doit prendre ! La récente orientation donnée par le chef de l’Etat au Gouvernement mis en place au début du mois d’avril est un signe positif à concrétiser rapidement ». Interrogé sur  l’avenir politique du président IBK, l’ancien Premier ministre dira ceci : « Il ne m’appartient pas de faire des prédictions d’avenir politique pour le président IBK. Cependant, comme dans tous les pays au monde, l’avenir politique d’IBK comme celui de Moussa Mara appartient au peuple malien ». Rassemblés par MD

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Commentaires (15)

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VERITE
VERITE 9 ans
https://www.youtube.com/watch?v=y4CqF4hjCGI a normal man demonised by the media !!
1FILSDUMALIBA
1FILSDUMALIBA 9 ans
Bref, je ne suis partisan de personne mais Mr. Mara marque des points. 1- comment 1 PM peut se rendre a x, y ou z endroit de son gue sans l'accord du president et certaines ministers? je ne veux pas non plus l'avocat du diable. Ces politicards sont tous pareils mais x est un peu pire que . lolllllll loloollllll. 2- pourquoi le gouvernement ne sort pas pour clarifier les choses a son peuple quand il y a des demissions, des remaniements, etc....? 3- pourquoi chaque semaine des soldats sont morts et pas un seul communique de notre sale chef d'état et son gouvernement pour nous faire un bilan? etc etc etc..... 4- quand la derniere fois le gouvernement et son griot sont apparus sur nos chaines teles et radios pour Nous rendre des comptes. Ladji le chef super-hyper vsmpire par en arabie saoudite pour imra et des affaires. Point... C'est tout. Quels culots nos dirigenats ont face a Nous le Peuple!!!!!!! Alors qu'ils Nous doivent des comptes chaque jour. Mais un peuple con, lache, parreusseux, se remettant a Alah no do a chaque fois aloes c'est Nous memes c'est extremement grave. Et plein d'autreje peuxciter................. A suivre
SIMBO
SIMBO 9 ans
Si c'était pour jauger ta popularité, je crois que tu es bien servi. Un Malien, un vrai, se serait tu pour longtemps après l'aventure insensée que tu as menée à Kidal suivie de gros mensonges indignes d'un "Hôron". Décidément tu ne vois pas l’œil de CAEN qui darde sur toi. Si tu as un petit respect pour les Maliens il faut te taire; conseil d'ami.
Mara et IBK partagent la responsabilité de la perte de crédibilité du Mali et des vies humaines du désatre de Kidal
Mara et IBK partagent la responsabilité de la perte de crédibilité du Mali et des vies humaines du désatre de Kidal 9 ans
Mara doit la fermer définitivement pour ne pas remuer le couteau dans la plaie des maliens qui ont perdu des dizaines de concitoyens, du matériel militaire coûteux et toute crédibilité au point de signer un accord plus désastreux que sa visite à Kidal. Moussa et IBK doivent être assurés qu'ils seront jugés et punis le jour où le Mali en aura l'occasion.
Mamadou NOMOKO
Mamadou NOMOKO 9 ans
Pourtant MARA est aussi comptable de la gestion calamiteuse d'IBK. Il est mal placé pour critiquer le régime en place.
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