Enfin un rapport d’enquête parlementaire sur les évènements de Kidal : IBK prendra-t-il le risque de juger l’ancien PM Moussa Mara ?

20 Déc 2016 - 00:15
Mis à jour: 10 ans
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Enfin un rapport d’enquête parlementaire sur les évènements de Kidal : IBK prendra-t-il le risque de juger l’ancien PM Moussa Mara ?
SEM Ibrahim Boubacar Keita et le PM Moussa Mara
Le Rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les événements du 21 mai à Kidal a été finalement rendu public  lors d’une séance à l’Assemblée Nationale. Les conclusions dudit rapport mettent en cause l’ancien Premier ministre Moussa Mara et l’ancien Chef d’état-major général de l’Armée, le général Mahamane Touré. Les malheureux événements, consécutifs à la visite controversée du Premier Ministre Moussa Mara le 17 Mai 2014, ont non seulement plombé le processus de paix et de réconciliation, mais aussi et surtout mis à nu les failles de notre outil de défense. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que cette visite inopportune et les dramatiques événements qui en ont découlé ont été à la base de l’anarchie voir de  la chienlit généralisée au nord.   Mais, la question que bon nombre d’observateurs de la scène politique malienne se posent, est celle de savoir si le PM Mara et le chef d’Etat-Major Général au moment des faits, sont les seuls responsables de la déroute de l’armée,  et si   les  conséquences ont eu des incidences  sur le processus de paix et de réconciliation.  Décidément, au Mali à chaque jour suffit sa peine et sa surprise. Le régime d’IBK est aujourd’hui en passe de battre le record des régimes africains éclaboussés par des affaires rocambolesques et inimaginables occultant les problèmes majeurs auxquels leurs pays sont confrontés. De l’investiture du Président IBK, les 04 et 19 Septembre 2013 à nos jours, il ne s’est pas passé de mois où le peuple n’est pas réveillé de son sommeil par une intrigue, détournant son regard des multiples  difficultés quotidiennes auxquelles il est confronté. Le hic est que c’est le Président de la République lui-même en sa qualité de premier citoyen qui  endosse la responsabilité de chef d’orchestre de toutes ces mises en scène burlesques. Qui ne se rappelle pas de ses propos guerriers et fermes à l’encontre de l’ancien Président de la République ATT et sa promesse de le traduire en justice pour haute trahison ? Au même  moment, les groupes jihadistes et indépendantistes sirotaient leur lait de chamelle au grand désert du nord. Pour rappel, son slogan de la campagne présidentielle de résoudre la crise au nord a beaucoup pesé en sa faveur pour sa victoire finale. Mais, au lieu de s’atteler à la résolution de la crise, le président de la République s’est laissé prendre au piège des interminables remaniements ministériels provoquant, du coup, une instabilité gouvernementale inédite sous la 3ème république. En effet, quelques mois seulement ont suffi pour qu’il  y ait  la première crise gouvernementale avec le départ contre toute attente du premier ministre Oumar Tatam Ly. Remplacé par Moussa Mara, sans consultation du parti majoritaire le RPM, encore moins de la mouvance présidentielle. Ce dernier, sans expérience et sans légitimité, avec un seul député à l’Assemblée, fera feu de tout bois. Il    se mettra  à la tâche, dès sa prise de fonction, pour défendre  bec et ongle son bienfaiteur IBK. Le président et son Premier ministre déclareront 2014, Année de lutte implacable contre la Corruption. Mais à la surprise générale, 2014 passa et reste désormais,  dans les annales de l’histoire du Mali démocratique, comme étant l’année de la plus grande crise de confiance entre gouvernants et gouvernés. Elle aura été l’année des plus grands scandales de corruption et de détournements des deniers publics. De l’achat du Boeing Présidentiel, à celui des armements pour les Forces Armées du Mali. Les conséquences de toutes ses frasques au sommet de l’Etat ont été le gel des relations de coopération et d’aide  entre le Mali et les institutions financières. La mini crise gouvernementale qui a caractérisé ces scandales a occasionné le départ de certains ministres impliqués dans ces affaires. Devant les élus de la nation, le PM Moussa Mara défendra ce dossier avec un zèle inédit. Critiqué par le RPM, il est applaudi par le Président lui-même qui trouva en lui son avocat défenseur. Mara, obnubilé par ce soutien, programma la visite de Kidal avec le soutien et la bénédiction du Président. Ainsi, le 17 mai 2014, il effectua sa visite à coup de renforts médiatiques pour prouver à la face du monde que Kidal est une partie du Mali. Les premières victimes de la visite de Mara ont été enregistrées au Gouvernorat de Kidal, avec l’assassinat de 6 administrateurs civils après le départ précipité de la délégation primatoriale au camp de la MINUSMA où il déclara le Mali en guerre contre les rebelles. Rentré à Bamako le lendemain, le PM a été accueilli en héros à l’Aéroport de Bamako Sénou et escorté jusqu’à la résidence du Président à Sébénikoro où IBK et son épouse l’attendaient. C’est en ce jour que Mara confirmera « sa déclaration de guerre » en des termes clairs aux ennemis de la Paix  en toute violation de la Constitution, par l’envoi de milliers de soldats au front. Il ne sera rappelé à l’ordre ni par le Président de la République ni par l’Assemblée. Comme annoncé, le 21 mai 2014, l’armée montait au front pour dit-elle sécuriser la ville de Kidal. Les premiers combats avaient pour autant tourné en sa faveur et de sources concordantes, le gouvernement en plein conseil des ministres aurait applaudi des deux mains. Mais contre toute attente et à la surprise générale, les rebelles aidés par des « mains invisibles de snipers connus » réussiront à renverser la tendance. La défaite forcée de l’armée étant consommée, aucune autorité politique n’osa s’assumer, même pas le PM. Il devait pourtant avoir le courage d’assumer sa part de responsabilité après avoir déclaré au paravent la guerre et promettre de sécuriser la ville de Kidal. Le Président de la République, non plus, en tant que chef suprême  de l’armée qui a dû donner son aval sans lequel l’armée ne serait jamais montée au front. Ni lui, ni le Ministre de la Défense, impliqué au quotidien dans la gestion de l’armée ne s’assumeront. En somme, IBK prendra-t-il le risque de juger son ancien PM Moussa Mara ?  Les conclusions du rapport de la commission d’enquête parlementaire paraissent partielles, tendancieuses et iniques en ce sens que tous les coupables n’ont pas été mis en cause. Mais, si la justice venait à suivre les recommandations de la commission, Moussa Mara s’en sortirait martyrisé et « victimisé ». Son éventuel procès aura besoin d’une longue instruction dépassant largement le reste du temps de mandat d’IBK. Il ne pourra donc pas le juger si vite parce que l’instruction d’une telle affaire sensible pourrait durer un à deux ans. Le but recherché par la publication d’un tel rapport semble n’être autre chose que de casser la carrière politique du jeune loup aux dents longues. Pour quel intérêt et au profit de qui ? L’effet boomerang est que Moussa Mara pourrait s’en sortir plus populaire que jamais. Et un tel procès exposerait à jamais le régime à la vindicte populaire qui le discréditerait et l’enfoncerait davantage. Vouloir juger Moussa Mara et Mahamane Touré, ce serait aussi affaiblir de plus l’armée après le procès de Amadou Haya Sanogo. IBK en risquerait sa réélection. Tout porte donc à croire que ce rapport n’est que dissuasif et populiste. Le jugement de Moussa Mara et Mahamane Touré n’est pas pour demain. Youssouf Sissoko [email protected]

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Commentaires (20)

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le Toubon
le Toubon 10 ans
je suis vraiment sidéré par ces agissements de ceux la même qui président aux destinées de notre pays et de son peuple. C'est à se demander souvent où sont nos priorités et quelle leçons, nous donnons aux générations futures , à nos enfants et petits enfants. On blanchit un président qui a ouvert nos frontières à des groupes armés sans prendre aucune mesure pour protéger les citoyens et l'on veut accuser un premier Ministre qui s'est rendu dans un endroit du pays. eh Mali!!!
WANG
WANG 10 ans
Aucune objectivité autre que des querelles politique et politicienne n'a guidé une telle décision. Le rapport dit ne pas être en mesure de situer la responsabilité d'une personne qu'on pourra nommer. De ce fait, la commission qui en a rédigé demande l'ouverture d'une enquête judiciaire pour "approfondir et situer les responsabilités". Ils vont faire pareil comme la commission chargée d'évaluer les possibilités de poursuivre ATT. Et ils finiront par dire qu'il est difficile de situer la responsabilité de l'ancien PM. Mais entre temps, les poursuites et les dossiers pendants devraient l'éloigner des échéances politiques.
Talby
Talby 10 ans
vous les députés bâtards qui ont blanchirent ATT en accusé Mara à cause de l'argent, je vais vous dire une chose Dieu voit tout mais ne meurent pas c'est le bonheur pour vous, mais Mara sera président de ce pays Maliba, on veut plus de vous les pourris réunis entrainent de détruire le Mali, ATT a démilitarisé les régions du nord pour bien faire ses trafics vous n'êtes pas ici au Mali, et c'est lui qui à laisser entrent les terroristes sur notre territoire aussi, mais Dieu va vous frappent vous allez voir dans peut de temps
Bozola
Bozola 10 ans
Mara et ses supporters paniquent parce qu'ils se reprochent beaucoup dans cette affaire. Aucun regret durant tout ce temps. De l'arrogance depuis cette visite et maintenant vous pleurnichez comme des jeunes filles. Un peu de dignité quand même ! !!!
Ali Baba
Ali Baba 10 ans
Personne ne parle de poursuivre qui que ce soit. La procédure suit son cours et ne nous ne sommes pas encore au stade de poursuite ou pas. IBK, en son temps, avait défendu son premier ministre et c'est un homme de parole.
wsr
wsr 10 ans
Ali Baba, ou IBK et ses 40 vieux vautour ventrus voleurs
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