Justice et Paix : Le CNJ ouvre le débat
Le samedi 17 octobre 2026, le Conseil national de la Jeunesse (CNJ) a organisé au Palais des Pionniers une conférence-débat sur le thème : «Citoyen engagé, société civile au service de la justice et de la paix ».
L’événement, placé sous l’égide du Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme et Garde des Sceaux, a réuni le Ministre de la Jeunesse et des Sports, le Procureur Général, ainsi que des représentants d’organisations locales et des jeunes mobilisés.
En tant que faîtière des organisations et mouvements de jeunes, le CNJ a initié ce cadre pour permettre aux jeunes de comprendre, de s’exprimer et de poser des questions sur les nuances entre les autorités judiciaires et la population. C'est ce qu'a fait savoir Kalil Sarmoye Cissé, président du CNJ, en soulignant le rôle prépondérant de la justice pour la stabilité d’une nation, surtout celle qui traverse une crise comme la nôtre. C'est toute chose qui l’avait amené, dans son discours inaugural, à inviter le conférencier, le Procureur Général, à édifier le public sur les défis de la justice en période de crise sécuritaire, à faire la distinction entre les arrestations nécessaires à la sécurité de l’État et celles qui portent atteinte à la liberté d’expression, ainsi qu’à définir le rôle de la société civile dans la médiation et la lutte contre la désinformation.
Un exercice auquel le conférencier s’est allègrement prêté. Car pour Kokè Coulibaly, substitut du procureur général près la Cour d’appel et conférencier du jour : « La justice que nous rendons, nous la rendons au nom du peuple. » Il a également salué l’initiative du CNJ qui, selon ses dires, permet d’informer les populations sur les procédures judiciaires, les actions entreprises et de contribuer à une collaboration efficace entre les acteurs judiciaires et la société civile, garantissant une justice équitable et crédible. Poursuivant, il a indiqué que ce genre d’espace permet de lever les doutes et malentendus sur certaines affaires, ajoutant : « Je ferai rapport à qui de droit sur ce que j’ai observé ici et sur les attentes des citoyens, surtout de la jeunesse, concernant la justice. »
De son côté, la représentante du PNUD a également souligné l’importance de la justice, notamment en période de crise, la qualifiant d’instrument essentiel de paix et de cohésion. De plus, elle a fait remarquer que les prérogatives de la justice doivent être élargies à d’autres acteurs pour garantir son efficacité. Rejoignant les autres intervenants sur la pertinence d’une pareille initiative, la représentante du PNUD n’a pas manqué de réaffirmer l’engagement de son organisation à soutenir l’État dans le renforcement des missions judiciaires.
Quant à Abdoul Karim Fomba, Ministre de la Jeunesse, il a félicité la jeunesse malienne, celle qu’il a d’ailleurs qualifiée de consciente, indiquant l'espoir que les autorités placent en elle. Soulignant leur contribution à la stabilité de la Transition, le ministre Fomba leur a rappelé leur responsabilité dans la construction de l’édifice national, tout en soulignant que 95 % des prisonniers sont des jeunes.
À la suite de débats riches et fructueux, éclairant les enjeux de la justice au Mali, le président du CNJ a déclaré que l’initiative sera élargie à d’autres publics, notamment dans les régions, pour mieux éclairer les jeunes sur les questions de justice au Mali et les amener à mieux accompagner les autorités judiciaires et l’État dans leur mission. Par ailleurs, il a salué les autorités de la Transition qui, selon ses dires, ont des jeunes de vrais acteurs impliqués dans l’ensemble des processus nationaux.
Khadydiatou SANOGO/maliweb.net
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