Affaire dite "zone aéroportuaire" : De lourdes peines contre Adama Sangaré et ses coauteurs
Au terme de plus de deux semaines de débats, la chambre criminelle du Pôle économique et financier a rendu, le lundi 26 octobre 2026, son verdict dans l'affaire dite "Zone aéroportuaire", relative au morcellement de la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou.
L'ancien maire du district de Bamako, Adama Sangaré, et plusieurs de ses coaccusés ont été reconnus coupables et condamnés à de lourdes peines de réclusion criminelle. Un accusé a toutefois été acquitté.
Poursuivis pour des faits d'atteinte aux biens publics, de faux et usage de faux et de complicité, l'ancien maire du district de Bamako, Adama Sangaré, ainsi que les deux anciens sous-préfets de Kalabancoro, Ibrahim Koïta et Daha Kéita, ont été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Ils ont été condamnés à dix ans de réclusion criminelle chacun. Quant à l'ancien maire de la Commune VI du district de Bamako, Souleymane Dagnon, actuellement en France pour des soins médicaux, il a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Un mandat d'arrêt a également été décerné contre lui.
Les accusés Bourama Comagara, promoteur immobilier, Fatoumata Samassékou, comptable à la retraite, Adam Aïché Traoré, transitaire, et Dramane Traoré, ancien chef de service du génie rural de Kati, poursuivis pour des faits de complicité d'atteinte aux biens publics, ont, quant à eux, été condamnés à dix ans de réclusion criminelle chacun, dont cinq ans avec sursis. En revanche, Sékou Kéita, comptable de profession, a été déclaré non coupable des faits de complicité qui lui étaient reprochés et a donc été acquitté. Les huit accusés reconnus coupables ont été condamnés solidairement à payer à l'Etat la somme de 483 964 000 FCFA au titre des frais de démolition des constructions édifiées sur le site incriminé, ainsi que 50 millions de F CFA à titre de dommages et intérêts. Me Ousmane Aldjouma Touré, avocat d'Adama Sangaré, a indiqué que, sachant que la justice est rendue au nom du peuple malien, ses clients respectaient la décision, tout en se réservant le droit d'exercer les voies de recours appropriées. "La voie qui est ouverte, c'est l'appel, donc on va faire appel et la Cour d'appel devra examiner le dossier", a-t-il martelé.
Me Touré a également contesté les condamnations civiles, estimant que la faute pénale n'était pas établie. "Les frais de démolition des constructions, évalués à plus de 483 millions de F CFA, ne devraient pas être liés au dossier pénal, car cet élément a été ajouté à la procédure et il a contribué à alourdir les condamnations", a-t-il déclaré.
À l'inverse de Me Ousmane Aldjouma Touré, son confrère Me Adama Sidibé, avocat de Sékou Kéita, a exprimé sa satisfaction après l'acquittement de son client, le seul à avoir bénéficié de cette décision dans cette affaire.
Rappelons qu'auparavant, le procureur Mohamadine Ag Haoussa avait requis quinze ans de prison contre Adama Sangaré et les deux autres principaux accusés, dix ans contre les complices et vingt ans contre Souleymane Dagnon.
Marie Dembélé
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