Poursuites contre deux membres du CNT : quand la justice met fin à sa propre procédure

L’affaire opposant des partis politiques dissous à deux membres du Conseil national de Transition (CNT) a connu, ce lundi 29 décembre, un rebondissement aussi inattendu que troublant. La procédure a été purement et simplement abandonnée par le tribunal lui-même, sur la base de motifs qu’il avait pourtant créés.

30 Déc 2025 - 09:00
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Poursuites contre deux membres du CNT : quand la justice met fin à sa propre procédure

Une jurisprudence désormais actée au Mali ? Tout est parti d’injures et de menaces publiques proférées par voie électronique. Les faits, jugés suffisamment graves, ont conduit au dépôt d’une plainte contre les deux membres du CNT, « lesquels ne bénéficient d’aucune immunité parlementaire », a rappelé Me Mountaga Tall, avocat des plaignants.

Pourtant, « cette plainte est restée bloquée, sans justification légale ni explication officielle », a fait remarquer l’avocat dans un communiqué publié ce lundi soir. Face à cette inertie, les conseils des plaignants ont choisi la voie de la citation directe, une procédure prévue par la loi pour contourner les entraves injustifiées. L’affaire a ainsi été enrôlée et appelée à l’audience du 2 octobre 2025.

À cette audience, le tribunal a pris deux décisions majeures : il a fixé une consignation exceptionnellement élevée de 5 500 000 FCFA, dûment acquittée, puis ordonné un renvoi souverain de l’affaire au 27 novembre 2025. Cette date, consignée dans le plumitif d’audience — seul document faisant foi — engageait juridiquement le tribunal.

« Il est utile de rappeler que la fixation des renvois relève exclusivement de la juridiction. Ni les parties ni leurs conseils n’ont la moindre influence sur ces décisions », a souligné Me Tall dans son communiqué, qu’il a pris le soin de traduire en bambara afin d’informer et de prendre à témoin le peuple malien sur ce qui se trame.

Contre toute attente, s’est indigné l’avocat, le 29 décembre 2025, le tribunal a estimé que le délai séparant les audiences était trop long pour permettre la poursuite de l’action. Sur ce fondement, il a décidé « d’annuler la procédure » contre Bintou Coulibaly et Moulaye Keïta, les deux membres du CNT mis en cause.

Une décision qui interroge profondément. Comment un tribunal peut-il se prévaloir de ses propres renvois pour éteindre une procédure régulièrement engagée ? En agissant ainsi, la juridiction semble se désavouer elle-même, au détriment des principes élémentaires de sécurité juridique et de bonne administration de la justice.

« Faut-il en rire ou en pleurer ? », s’interroge Me Tall. Pour lui, il s’agit surtout d’un grave précédent, révélateur des obstacles persistants à l’accès équitable à la justice.

Mais l’affaire n’est pas close. Les avocats ont annoncé un appel immédiat, déterminés à faire examiner cette décision par une juridiction supérieure. Au-delà de ce dossier précis, c’est une certaine idée de l’État de droit qui est en jeu. Car, rappelle Me Tall, l’État de droit ne se négocie pas, il s’impose.

« La justice doit être rendue, et elle le sera », a promis l’avocat, défenseur des libertés fondamentales et de la démocratie au Mali.

Mamadou TOGOLA / Maliweb.net

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Commentaires (7)

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Fanga
Fanga 10 mois
Mountaga TALL, l'avocat des causes perdues !
Nfp
Nfp 10 mois
Non contents d'être de véritables nullités dans tous les domaines, nos mini rambos putschistes d'opérette sont en plus des apprentis DICTATEURS !!! Quand ils seront amenés à rendre des comptes à leur peuple (bientôt, je pense), L'ADDITION RISQUE D'ÊTRE CHÈRE, TRÈS CHÈRE...
Juge
Juge 10 mois
Me Tountaga Tall crois encore qu'il y a une justice au Mali. Un doux rêveur. Cela fait 5 ans qu'il n'y a plus de justice au sens juridique du terme dans notre pays. C'est un triste théâtre animé par des acteurs complice-criminels qui rendrons compte au peuple Malien le jour venu. Des milliers de maliens se sont retrouvés en prison pour des crimes fantaisistes parce qu'ils dérangeaient le régime des militaires. Des militaires de haut rang qui on Levi le Mali durant des périodes critiques ont été accusés sans preuve de complot pour ensuite être incarcérés en prison et radiés de l'armée illégalement: Le cas Abass Dembélé, Néma Sagara, Ras Bath et Moussa Mara est une épine dans le pieds de tous les Maliens.
Nfp
Nfp 10 mois
"" Le cas Abass Dembélé, Néma Sagara, Ras Bath et Moussa Mara est une épine dans le pieds de tous les Maliens."" Ça, mon frère, c'est pour l'instant !! Parce qu'au moment de rendre des comptes, c'est surtout dans le pied du nain Goita qu'elle sera, cette épine !
Kinguiranke
Kinguiranke 10 mois
Togolakeni il faut dire a Mountaga Tall le president a vie du CNID d' aller se faire soigner très vite dans un hopital psychatrique car il est un malade mentale!
Nfp
Nfp 10 mois
Si cette junte de nains pouvait montrer contre le terrorisme la même efficacité et le même dynamisme que pour MUSELER LA JUSTICE ET LES LIBERTÉS...
ama
ama 10 mois
C'est triste que cette justice est instrumentalisée ces criminels ont mis notre pays est à genou
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