Le Mali, un Etat en décomposition ?

10 Fév 2016 - 00:39
Mis à jour: 11 ans
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Le Mali, un Etat en décomposition ?
Les opposants d’aujourd’hui sont les syndics de la faillite d’hier. Un dictateur chassé par la rue qui fut la risée du monde est devenu un mythe adulé parce qu’à son époque le pays disposait d’une armée redoutable, on mangeait trois fois par jour. Et la corruption  était moins épaisse. Jusqu’où le Mali va-t-il sombrer ? Il ya quelque chose de désespérant à assister au scénario répétitif et cauchemardesque d’un pays qui, à chaque fois prend de l’envol, s’écrase au sol sous le poids des crises, des rebellions. Les espoirs d’une reconstruction rapide s’envolent avec la rébellion touareg servant de porte-avion à des djihadistes. Les groupes rebelles mettent les zones qu’ils contrôlent en coupe réglée. Ils jouent de la gâchette comme moyen de subsistance. Les véhicules volés prennent la direction de l’Est et de l’Ouest pour être vendu dans les pays voisins. Le Mouvement national de libération de l’Awazad (MNLA) s’en donne à cœur joie dans les localités de la région de Kidal : il désosse les bâtiments publics dans l’indifférence générale. Pas la moindre condamnation de Bamako, encore moins des autres groupes armés signataires de l’Accord d’Alger. Telle une rafale de vent qui souffle sur une bougie vacillante, les mines déguisées en jouets ont tué des petits êtres sur le coup. Ces engins les ont privés du droit à l’enfance, celui de jouer, de rire et de se blottir dans les bras de leurs parents. Des adolescents pétillaient d’espoir quand ils ont vu leurs parents tomber sous les balles. Le Septentrion malien est régulièrement agité de soubresauts, de sanglantes querelles internes et de rebellions qui rendent extrêmement difficiles les investissements de l’Etat et le travail des organisations non gouvernementales. L’insécurité endémique qui règne sur cette partie du territoire a créé un appel d’air dans lequel s’engouffrent des tueurs et des preneurs d’otages de la région : d’anciens combattants du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et du Groupe islamique armé (GIA) algériens qui fondent Al Qaïda pour le Maghreb islamique en intelligence avec Ansar Dine du touareg malien Iyad Ag Ghali et les Forces de libération du Macina (FLM) d’Amadou Koufa. Il ya quelques années encore le terrorisme semblait se circonscrire autour des régions précises comme Tombouctou, Gao et Kidal. Aujourd’hui, surtout après les attaques du bar La Terrasse et l’hôtel Radisson Blu à Bamako, il a pris une ampleur sans précédent. Les terroristes recourent à la violence pour choquer les esprits : faire naître la peur leur importe plus que faire des victimes ou des dégâts.  C’est cette volonté de semer la terreur qui distingue l’acte terroriste de tout autre acte violent ou meurtrier. Al Qaïda au Maghreb islamique, Ansar Dine, les Forces de libération du Macina  voient dans la violence l’unique moyen d’accéder à la pureté religieuse. Pour eux seule la force destructrice élimera les dirigeants indésirables. On ne compte plus les viols, les enlèvements, les assassinats. Et bien qu’ils soient unanimement condamnés, ces actes sadiques se perpétuent. Bien d’écoles de la région de Mopti  restent fermées pour cause d’insécurité. L’administration a quitté. Pas d’écoles, non plus de centres de santé fonctionnels par endroit. La situation est encore chaotique dans la région de Kidal : les jours qui ont suivi la résurgence de la rébellion, nombreux enseignants  et agents de santé ont plié bagages et sont redescendus plus au Sud. Médusés, ils ont assisté impuissant à la débandade de l’armé nationale, abandonnant son matériel à l’ennemi et l’obsession suicidaire des contre-attaques dont, les plans parvenaient aux groupes rebelles avant même qu’elles ne s’amorcent tant les trahisons ont été nombreuses. En vérité, le Mali est un Etat dont le processus de décomposition a commencé depuis plusieurs décennies et dont les coupables aux yeux des populations sont tous ceux qui ont gouverné le pays depuis vingt-cinq ans : les opposants d’aujourd’hui sont les syndics de la faillite d’hier. Pis, un dictateur chassé par la rue (le Grand Matou Tueur) qui fut la risée du monde est devenu un mythe adulé parce qu’à son époque le pays disposait d’une armée redoutable, on mangeait trois fois par jour. Et la corruption  moins épaisse que de nos jours. En effet,  beaucoup de nos concitoyens ont acquis la certitude que « selon que vous soyez puissant ou misérable les arrêts de la cour vous rendront blanc ou noir » pour reprendre le poète français. En 2000 déjà, la présence d’éléments du GSPC et du GIA algériens était signalée à Tombouctou. Le président de la République d’alors, Alpha Oumar Konaré s’est bouché les oreilles. Amadou Toumani Touré en a fait de même, justifiant son inaction par des propos du style : qu’ils ne représentent aucune menace pour la sécurité nationale, que d’aucuns ont marié des Tombouctouciennes. En la matière, l’inaction coute plus cher que l’action. Des fautes qui se paient cachent aujourd’hui. Georges François Traoré

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Commentaires (80)

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Oumar Tall
Oumar Tall 11 ans
Je pense qu’il est plus difficile de faire la paix que la guerre. En effet, tous ces soubresauts sont faits pour nuire au processus de paix et de la réconciliation. Pour une paix durable, il faut le sacrifice et le courage de tout un chacun pour y arriver. Parce qu’il n’y a de paix durable que celle qui ne s’achète au prix d’aucune faiblesse. Par conséquent, je demande à toutes les parties signataires de l’accord d’Alger de s’y investir et d’éviter toutes actions tendant à freiner le processus de paix. VIVE LE MALI UN ET INDIVISIBLE!!!
Gabriel
Gabriel 11 ans
A cet effet L’autorité malienne doit tout faire pour trouver une solution à cette partition de la population du nord. IL faut réunir tous les groupes et les localiser tous pour trouver une solution aux problèmes.
Ramses
Ramses 11 ans
Malgré qu’il y ait des différents groupes armées au nord, mais avec cette signature les gens déposeront les armes en vue de l’intérêt général.
Berith
Berith 11 ans
Comme on le dit dans l’article : la garantie de la sécurité du nord et la sauvegarde de l’unité nationale. On pense réellement que la paix triomphera au nord Mali.
Bune
Bune 11 ans
Vraiment je suis complètement d’accord avec l’idée de rose qui dit que Le terrorisme est le plus grand handicap dans le monde actuel, il ne faut pas laisser les groupes armés s’installer n’importe comment dans notre pays sinon c’est trop risqué.
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