Crise politico-sécuritaire et organisation des prochaines élections : Bamako peut-il résister aux injonctions contenues dans la résolution 2085 de l’ONU ?

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Sur le papier, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté, le jeudi 20 décembre, la résolution 2085 autorisant le déploiement d’une force internationale au Mali en vue de libérer les 2/3 de son territoire occupé par des jihadistes, des terroristes et des narcotrafiquants. Cette autorisation est assortie d’une injonction à négocier avec ces bandits armés et d’un agenda à aller aux urnes en avril 2013, soit dans quatre petits mois. Or, Bamako ne cesse de souligner que les élections ne peuvent être organisées qu’après au moins la libération des grandes agglomérations du nord.

Le secrétaire général de l’ONU, Ba Ki Moon

Tous un puissant lobbying de la France de François Hollande, le Conseil de sécurité de l’ONU a fini par adopter la résolution tant attendue par un peuple meurtri et humilié. Seulement, la décision onusienne ressemble à bien des égards à un cadeau empoisonné. Du moins, un cadeau vidé de toute sa substance.

Non seulement la résolution 2085 n’est pas un feu vert à l’ouverture des hostilités contre les  » ous de Dieu » qui ont pris le paisible peuple malien en otage ; mais aussi, Ban Ki Moon et ses amis n’ont fait que rappeler ce qui se disait depuis un bon moment. Au gouvernement malien, il est demandé  de n’attendre un appui militaire international qu’à partir de septembre 2013. Mais, avant cela, Bamako est sommé d’organiser des élections générales, notamment la présidentielle en avril 2013. Le gouvernement américain ne cesse de marteler que seul un pouvoir légitime issu des urnes pourra mériter sa confiance et susciter son appui bilatéral dans le but de reconquérir les zones occupées. Il nous revient que les Etats-Unis d’Amérique ont conditionné leur vote de la résolution 2085  à l’exigence ferme de l’organisation d’élections libres et transparentes au mois d’avril 2013. Le Congrès américain, faut-il le rappeler, interdit tout appui à un gouvernement non légitime. C’est dire donc que quelle que soit la bonne volonté de Barack Obama d’aider le Mali, il ne pourra pas le faire tant qu’un gouvernement démocratique sorti des urnes et reconnu de tous n’est pas mis en place à Bamako. Le Congrès américain, très rigide sur la question, ne donnera pas son feu vert pour une quelconque intervention militaire des Etats-Unis. 

Cet argumentaire est compréhensible à maints égards. Le pouvoir intérimaire du Pr Dioncounda Traoré est très fragile à côté de l’autorité que détient encore l’ex-junte à Kati. Le pouvoir kaki est une réalité à Bamako. Toute chose que Washington ne veut pas sentir. Cependant, il faut reconnaître qu’il n’est point aisé de tenir des élections dans un pays divisé en deux. Quid des questions de légitimité du président élu dans ces conditions? Or, dans sa toute première interview accordée la semaine dernière à notre confrère RFI, le Premier ministre Diango Cissoko annonçait qu’ »en organisant des élections sans les grandes agglomérations du nord du pays, ce serait consacrer la partition du pays ». Le président intérimaire avait aussi battu en brèche cette proposition d’aller aux urnes avec plus de la moitié du territoire occupé. Une analyse que partage une large majorité de la classe politique malienne.

En clair, les autorités et le peuple du Mali ne sont aucunement disposés à aller aux urnes si l’Etat ne se réapproprie pas au moins les villes de Gao, Tombouctou et Kidal. Or, il est établi qu’à l’allure actuelle de l’évolution des préparatifs, l’armée malienne ne semble pas prête – l’ambassadeur de France au Mali Christian Rouyer le soulignait récemment – à tenter une offensive pour reconquérir ces villes. Ceci dans la mesure où même les instructeurs européens qui doivent arriver pour former les troupes maliennes sont attendus pour le mois de janvier prochain.

Même si par hypothèse, cette formation doit durer seulement un ou deux mois, on ne peut envisager l’opérationnalité de l’armée malienne que pour mars ou avril. Et, donc une quelconque offensive ne peut être envisageable que pour mai ou juin 2013. L’offensive permettra de libérer au moins les zones urbaines de Gao, Tombouctou et Kidal pour permettre de tenir les élections. En mettant la pression sur le gouvernement malien pour qu’il organise des élections en avril 2013, l’ONU met Bamako dans l’inconfortable position d’être face à trois défis majeurs : poursuivre le dialogue avec ceux qui ont pris les armes contre le pouvoir central, préparer activement les élections et préparer l’armée à intervenir contre les groupes extrémistes comme AQMI, MUJAO et Boko Haram.

Il va sans dire qu’être à la fois sur trois fronts brûlants sans compter le quotidien obscurci par la crise que traverse le pays ne sera point chose aisée pour le duo Dioncounda Traoré et Diango Cissoko. La tâche des autorités de la transition sera d’autant plus ardue que le pays vient à peine de repartir sur de supposées nouvelles bases; après le passage catastrophique du Premier ministre Cheick Modibo Diarra.

Par ailleurs, la résolution 2085 a le mérite de sonner l’alerte pour une intervention militaire internationale dans une échéance lointaine : septembre 2013. Cette décision est un avertissement aux terroristes et autres narcotrafiquants quant à la détermination de la communauté internationale de les bouter hors du territoire malien. Mais quand une résolution votée en décembre 2012 ne doit avoir son effet opérationnel qu’en septembre 2013, presqu’un an plus tard, cela suscite des inquiétudes. A moins que ce  ne soit un procédé diplomatique pour brouiller les… pistes.

                 Bruno Djito SEGBEDJI

SOURCE:  du   24 déc 2012.    

21 Réactions à Crise politico-sécuritaire et organisation des prochaines élections : Bamako peut-il résister aux injonctions contenues dans la résolution 2085 de l’ONU ?

  1. Kassin

    Merry Christmas and happy New Year 2013

    L’année 2012 qui s’achève, disparaît dans la souffrance des enfants déscolarisés des camps de réfugiés maliens comme un bateau qui a heurté un iceberg dans les eaux glaciales de l’Atlantique nord, coule doucement dans les fonds marins.

    Peut elle apporter avec elle les humiliations et souffrances inutiles endurées par nos populations dans la partie septentrionale de notre pays?
    En cette veille de fêtes, nous avons le coeur serré, une pensée forte pour tous ceux et toutes celles qui souffrent dans leur chaire, la folie islamiste et indépendantiste qui est la conséquence directe de l’irresponsabilité d’une politique de laxisme et de naïveté conduite par nos autorités depuis trop longtemps.
    L’année 2012 a été une année noire pour le Mali indépendant, l’année 2013 qui se profile à l’horizon pourra-t-elle nous apporter une sortie rapide de crise tout en assurant l’intégrité territoriale du Mali?

    En tout cas la résolution 2085 de l’Onu du 20 décembre 2012, est en soit une garantie de l’unité du Mali car elle l’exige « sans condition » aux groupes rebelles qui ne sont pas reconnus comme terroristes et avec qui Bamako doit engager des « négociations crédibles ».

    Si l’unité du pays n’est plus menacée, l’exigence de légalité constitutionnelle impose au Mali d’avoir un président légal et légitime donc un président élu au suffrage universel direct (comme le prévoit notre constitution du 25/02/1992) pour conduire, en commandant en chef de l’armée malienne, épaulée par les troupes et le commandement africains, la logistique et le renseignement occidentaux, l’exécution des termes du droit international qu’est la résolution 2085 pour récupérer les terres de Kankou Moussa.

    Nous devrons le faire avant avril 2013, élire notre président qui aura toute la légalité constitutionnelle et la légitimité des maliens pour représenter le pays de telle sorte que le droit international (résolution 2085) vient s’accoster sur le droit national (respect de la constitution).
    C’est la condition sine qua non qui fédère américains et européens pour accompagner notre pays dans le cadre du droit international sous mandat onusien.

    Donc l’espoir est permis pour nos populations du nord en 2013, élections générales, libération des régions nord du pays et retour des réfugiés pour que vivent à nouveau les dunes de sable de Kidal, Tombouctou et Gao.

    Alors viendra le nécessaire temps de la réconciliation nationale et du pardon, chers à chaque croyant.

    Nous devrons le faire sans tomber dans le piège de l’impunité pour les crimes de guerre et des crimes contre l’humanité perpétrés au nord comme sud de notre pays.

    Mais nous devrons poursuivre les coupables des atrocités et des crimes abominables dans le cadre strict du droit positif et rien que le droit positif loin des règlements de comptes et des vengeances personnelles.

    Nous devrons d’ores et déjà tirer les leçons de la mauvaise gouvernance qui a conduit le pays dans l’abîme.
    Nous devrons savoir que nous pouvons être bénis mais que nous sommes pas des élus de Dieu.

    Il nous faut prendre le droit chemin dans toutes nos entreprises pour assurer un lendemain meilleur à notre pays et aux générations futures de maliens.

    Et nous pouvons le faire si nous nous donnons la main, si nous nous disons la vérité en toute circonstance et si nous restons dignes devant l’adversité et les défis de la vie sur terre sans céder à la fatalité, à la futilité ni à la facilité.

    Merry Christmas and happy New Year 2013 for all malians!

  2. MALIDJE

    CES OCCIDENTAUX SONT DES INBECILES. ILS OULIENT QUE NOUS AVIONS ETUDIE DANS LES MEMES LIVRES QU’EUX; DANS LES MEMES ECOLES.

    A NOUS DE COMPRENDRE MAINTENANT. ILS PARLENT DE DROITS DE L’homme, les populations occupées n’ont ils pas de droit au vote, ne sont ils pas des maliens. Au lieu de chercher à solutionner le probleme de l’occupation, on parle d’election comme si les autres ne sont rien.

    Ca c’est legitimer le pouvoir du sud et cautionner la partition du pays. Merde ONU, USA, et leur BAN KI MOUN.

    • Sans pisser

      « CES OCCIDENTAUX SONT DES INBECILES. ILS OULIENT QUE NOUS AVIONS ETUDIE DANS LES MEMES LIVRES QU’EUX; DANS LES MEMES ECOLES. »

      Malidjé, impossible! C’était pas les mêmes livres, et c’était pas les mêmes écoles!

      Tu n’écrirais pas « inbéciles » avec un N, tu n’écrirais pas « ils oulient » au lieu de ils oublient, et tu n’écrirais pas non plus « nous avions » au lieu de nous avons!…
      :-D :-D :-D :-D :-D :-D :-D :-D :-D

  3. Massaye

    Qu’est ce qu’attendent le président et le premier ministre pour donner ordre à l’armée pour aller à la reconquête du Nord ? Ces fameuses armes tend attendu par l’armée ne sont elles pas à Kati ? À mon avis, cette date du septembre arrange tous les acteurs politiques et militaires. Nous sommes dans une situation ubuesque .

    • Sans pisser

      Frère Massaye,
      « Qu’est ce qu’attendent le président et le premier ministre pour donner ordre à l’armée pour aller à la reconquête du Nord ? »

      La réponse est simple, hélas! Le Président et le 1er ministre sont sous la coupe des voyous en treillis; Or, eux, les voyous en treillis, ne veulent surtout pas aller se battre où que ce soit!

      Raison pour laquelle, après avoir pendant des mois hurlé partout « débloquez nos armes à Conakry, et vous allez voir ce que vous allez voir! », maintenant qu’on a des bdrm flambants neufs à Bamako, personne n’en voit pas un seul sur la route du nord!… :mrgreen: :mrgreen:

      Seuls les naïfs et les illétrés ont cru au baratin des grandes g… du soi-disant manque d’armes! Aujourd’hui, les mêmes braillards qui ont enfin leurs blindés vont nous dire que pour partir, ils attendent une dotation en gazoil ou un arrivage de pneus « sable » pouvoir affronter les rebelles! :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

  4. L’analyse des Americains ne tien pas, d’abord nous poussé a tenir les election avant la liberetion du nord est un piege pour dire après voila vous meme ete d’accord pour la patition du pays ensuite il parle de gouvernement legitime issu des elections mais le gouvernement d’Att etait issu de quoi? qui leur dit que le prochain gornementne peut pas aussi etre renvercé?Les Americains sont entrain de faire le jeu du Qatar leur nouvel allié parceque ils ont bésoin de l’argent du Qatar et c’est ce pays ararbe qui soutien ançardine mlna et autres.Or les americain parle de printemp arabe et ils refuse de DEMCRATISER CE PAYS