Entretien avec le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest : " Une action déterminée et concertée sera engagée pour mettre hors d'état de nuire les groupes terroristes et les narcotrafiquants " dixit Saïd Djinnit

24 Déc 2012 - 10:15
Mis à jour: 14 ans
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Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'ouest de passage à Bamako et après une série de rencontres avec les plus hautes autorités du pays s'est prêté à nos questions. Saïd Djinnit aborde la résolution 2085 qui consacre l'envoi des troupes au Mali mais l'engagement de la communauté internationale à résoudre la crise du nord se fera courant 2013. [caption id="attachment_113722" align="alignleft" width="350"] Said Djinnit[/caption] L'Indépendant : Vous êtes arrivé le jeudi dernier à Bamako. Quel est l'objet de votre visite et qui avez-vous rencontré ? Saïd Djinnit : J'ai tenu à consacrer ma dernière visite de l'année 2012 au Mali, pays que j'ai le plus visité en 2012, et où j'ai effectué ma première visite cette année. J'ai tenu encore une fois à manifester toute l'attention qu'accordent les Nations unies  et le Secrétaire Général à la situation du Mali et dire toute la solidarité des Nations unies à l'endroit du peuple du Mali. J'ai voulu également rencontrer les plus hautes autorités du pays, en particulier le Président de la République, le nouveau Premier Ministre et le Président de l'Assemblée Nationale pour leur transmettre le soutien et les encouragements du Secrétaire Général et des Nations unies suite notamment à la récente formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale. Enfin, cette visite a coïncidé avec l'adoption de la résolution 2085 du Conseil de Sécurité sur la situation au Mali qui a répondu aux attentes des Maliens et de l'Afrique toute entière. J'ai été heureux de noter la satisfaction des autorités maliennes et de toute la classe politique et la société civile suite à cette résolution. Justement, le Conseil de Sécurité a adopté une résolution hier. Quelles sont les perspectives qu’elle offre à la résolution de la crise malienne ? Saïd Djinnit : la résolution du Conseil de Sécurité a fait l'objet d'intenses consultations qui reflètent l'attention et l'intérêt particulier que la communauté internationale porte à la crise malienne. Cette résolution s'inscrit en droite ligne des résolutions 2056 et 2071 du Conseil de Sécurité et s'inspire également du concept stratégique qui a été adopté ici même à Bamako le 19 octobre lors de la réunion du comité de soutien et de suivi de la crise malienne sous la coprésidence de l' Union Africaine, l'ONU et de la CEDEAO et avec la participation effective des autorités maliennes et de toutes les parties prenantes ainsi que de la communauté internationale. La résolution 2085 offre désormais un cadre d'action où toutes les parties prenantes, en particulier le Mali, la CEDEAO, l'Union Africaine, l'ONU, les pays voisins et les partenaires du Mali, ont chacun un rôle à jouer dans la mise en ouvre de cette résolution. Nous sommes d'ailleurs en concertation avec nos collègues de l'Union Africaine et de la CEDEAO pour convoquer rapidement au cours de janvier 2013 une troisième réunion du comité de soutien et de suivi de la crise malienne pour engager des discussions sur la mise en œuvre de cette résolution et évoquer la répartition des tâches entre toutes les parties. L'année 2012 qui s'achève a été une année particulièrement douloureuse pour le Mali. Pensez-vous que l'année 2013 sera plus favorable pour notre pays ? Saïd Djinnit : Je le pense absolument. Je suis convaincu que l'année 2013 sera une année de réunification du pays sur la base de la mise en œuvre de la résolution 2085. Je suis persuadé que le Mali exploitera toutes les voies de dialogue pour ressouder la nation et recouvrer son intégrité territoriale et son unité en 2013. Je suis également confiant que sur la base de la résolution 2085 une action déterminée et concertée sera engagée pour mettre hors d'état de nuire les groupes terroristes et les narcotrafiquants qui sévissent au nord du Mali et qui constituent une menace à la stabilité dans la sous-région et au delà. Pour le reste, et en dépit des souffrances énormes vécues par les populations maliennes au nord du pays, la nation saura puiser dans ses valeurs ancestrales pour ressouder le tissu social et retrouver l'entente et la fraternité séculaires très caractéristiques du grand peuple malien. En tant qu'Africain ressortissant de la sous-région, quel regard portez-vous sur le Mali et la région du Sahel ? Saïd Djinnit : Evidemment, j'ai été interpellé dès le début de la crise du Mali en tant que Représentant des Nations unies dans le cadre de l'exercice de mes responsabilités. Je me suis dépensé sans compter en coopération avec la CEDEAO, l'Union Africaine et les autres partenaires du Mali et en étroite consultation avec les responsables maliens pour mobiliser le soutien de la communauté internationale. A cet égard, la réunion du groupe de soutien et de suivi du 19 octobre à été un grand moment de cohésion et d'unité entre la communauté internationale et le Mali. Mais je dois avouer qu'en tant qu'Africain et ressortissant de la sous-région, j'ai été profondément interpellé par la crise qui a frappé le Mali et qui concerne toute la sous-région.  Les peuples de la sous-région doivent êtres solidaires des Maliens et des Maliennes en ce moment difficile que traverse le pays. A la veille de l'année nouvelle mon vœu le plus cher est que la sous-région retrouve la stabilité, la paix et l'entente qui doit continuer a prévaloir entre les pays de cette région au grand bénéfice des peuples frères de tous ces pays qui ont toujours vécu de façon solidaire et fraternelle. Entretien réalisé par   Bandiougou DIABATE

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Commentaires (15)

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ondo
ondo 14 ans
Cher Saïd arrêtez votre double faces,un discours devant les maliens! et quant vous êtes avec François Hollande ou Bankimoun c'est autre chose. Vous avez fait changer d'avis les français du oui a la négociation sans matériels militaires. Aux nations Unies nous avons une coquilles vide un oui a une action militaire sans contenu. Vous ne défendez que la position d’Alger auprès des Nations Unies.
ondo
ondo 14 ans
que les Américains et les français via leurs diplomates arrête de se ridiculiser sur leurs plan de sortie de crise. Car cela ne nous intéresse vraiment pas! qu'ils forment des soldats patriotes maliens, avec de la logistique s'ils sont sincères avec les nous.
Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 14 ans
BONNE FÊTE DE NOËL ET DE NOUVEL AN 2013 A TOUS: QUE CES FÊTES APPORTENT DE BONNES RÉSOLUTIONS POUR LIBÉRER LE MALI ET POUR INSUFFLER LA RÉCONCILIATION ENTRE FRÈRES ET SŒURS MALIENS. EN FRONT UNI ET AIDÉES PAR LES AUTRES (CEDEAO/UA/ONU), LES FORCES DE DÉFENSE ET SÉCURITÉ DU MALI DOIVENT ASSURER LA DIRECTION OU LA CODIRECTION DES OPÉRATIONS AU NIVEAU DU MALI Les militaires et experts de l’union européenne qui viendront au Mali à partir de janvier 2013, pour aider les forces de défense et sécurité du Mali, seront d’un ULTIME APPORT SUR LE RENFORCEMENT DE CAPACITÉS ET LES CONSEILS. AVEC CET APPORT CONSIDÉRABLE, L’INTERVENTION CONTRE LES TERRORISTES SERA POSSIBLE AU PREMIER SEMESTRE 2013, MAIS UNE SÉRIEUSE PRÉPARATION, POUR CE FAIRE, EST NÉCESSAIRE. IL SERAIT IMPORTANT D’INTENSIFIER DÈS MAINTENANT LA GUERRE INFORMATIONNELLE (GUERRE COLLECTIVE, COOPÉRATIVE ET STRATÉGIQUE DE RENSEIGNEMENTS SUR LES TERRORISTES). ELLE EST PLUS PRÉCISE ET PLUS CIBLÉE ET GÉNÈRE MOINS DE DÉGÂTS COLLATÉRAUX. Bonjour, La réconciliation nationale, la non impunité et la cohésion nationale qui sont indispensables pour résorber durablement la crise au Mali. Concernant l’inévitable guerre contre les terroristes, le Mali et ses forces de défense et sécurité doivent jouer un rôle central dans l’élan harmonisé au niveau du Mali et dans les coordinations et harmonisations associées car : - l’essentiel de l’opération s’effectuera au Mali, - que les forces de défense et sécurité maliennes connaissent mieux le terrain que quiconque et, - par devoir, sont plus préoccupées par l’opération pour laver l’affront de l’occupation de leur territoire et pour restaurer l’intégrité territoriale. En plus, toute coordination et harmonisation exige des adaptations aux réalités locales (contexte local), que seules les forces du pays concerné connaissent. Après tout, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Les autres pourront aider mais l’adaptation au contexte doit être fait localement en liaison avec les autres. La coordination de la partie Malienne de l’intervention doit être assurée par les forces de défense et sécurité du Mali avec le concours des autres contingents étrangers. Une codirection des opérations au Mali pourra être acceptée surtout concernant les aspects techniques liés aux équipements et moyens techniques (drones, systèmes de renseignements, …) utilisés. C’est pour toutes ces raisons que le Mali et ses forces de défense et sécurité doivent jouer un rôle central dans l’élan harmonisé au niveau du Mali et dans les coordinations et harmonisations associées. Concernant d’autres zones couvertes par l’intervention et qui ne font pas partie du Mali, le pays auquel appartiennent ces zones assurera aussi la direction ou codirection des opérations. Au Mali, pour jouer efficacement ce rôle central dans l’élan harmonisé et dans les coordinations et harmonisations nécessaires, il est indispensable que les forces de défense et sécurité du Mali : - soient réconciliées et aient une parfaite cohésion entre elles, - aient la confiance, le moral et soient redynamisées en valorisant aussi leurs métiers et leurs salaires, - soient bien formées et bien conseillées: les militaires de l’union européenne qui viendront au Mali à partir de janvier 2013, pour aider les forces de défense et sécurité du Mali, seront d’un ultime apport. - se synchronisent et travaillent en harmonie avec les autres (CEDEAO/UA/ONU). Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
FERHAT5
FERHAT5 14 ans
PLUTOT QUE DE VOUS EMPRENDRE TOUS LE TEMPS A L'AGERIE ; Redevevez digne à l'IMAGE de vos ancetres.
Kassin 14 ans
Merry Christmas and happy New Year 2013 L'année 2012 qui s'achève, disparaît dans la souffrance des enfants déscolarisés des camps de réfugiés maliens comme un bateau qui a heurté un iceberg dans les eaux glaciales de l'Atlantique nord, coule doucement dans les fonds marins. Peut elle apporter avec elle les humiliations et souffrances inutiles endurées par nos populations dans la partie septentrionale de notre pays? En cette veille de fêtes, nous avons le coeur serré, une pensée forte pour tous ceux et toutes celles qui souffrent dans leur chaire, la folie islamiste et indépendantiste qui est la conséquence directe de l'irresponsabilité d'une politique de laxisme et de naïveté conduite par nos autorités depuis trop longtemps. L'année 2012 a été une année noire pour le Mali indépendant, l'année 2013 qui se profile à l'horizon pourra-t-elle nous apporter une sortie rapide de crise tout en assurant l'intégrité territoriale du Mali? En tout cas la résolution 2085 de l'Onu du 20 décembre 2012, est en soit une garantie de l'unité du Mali car elle l'exige "sans condition" aux groupes rebelles qui ne sont pas reconnus comme terroristes et avec qui Bamako doit engager des "négociations crédibles". Si l'unité du pays n'est plus menacée, l'exigence de légalité constitutionnelle impose au Mali d'avoir un président légal et légitime donc un président élu au suffrage universel direct (comme le prévoit notre constitution du 25/02/1992) pour conduire, en commandant en chef de l'armée malienne, épaulée par les troupes et le commandement africains, la logistique et le renseignement occidentaux, l'exécution des termes du droit international qu'est la résolution 2085 pour récupérer les terres de Kankou Moussa. Nous devrons le faire avant avril 2013, élire notre président qui aura toute la légalité constitutionnelle et la légitimité des maliens pour représenter le pays de telle sorte que le droit international (résolution 2085) vient s'accoster sur le droit national (respect de la constitution). C'est la condition sine qua non qui fédère américains et européens pour accompagner notre pays dans le cadre du droit international sous mandat onusien. Donc l'espoir est permis pour nos populations du nord en 2013, élections générales, libération des régions nord du pays et retour des réfugiés pour que vivent à nouveau les dunes de sable de Kidal, Tombouctou et Gao. Alors viendra le nécessaire temps de la réconciliation nationale et du pardon, chers à chaque croyant. Nous devrons le faire sans tomber dans le piège de l'impunité pour les crimes de guerre et des crimes contre l'humanité perpétrés au nord comme sud de notre pays. Mais nous devrons poursuivre les coupables des atrocités et des crimes abominables dans le cadre strict du droit positif et rien que le droit positif loin des règlements de comptes et des vengeances personnelles. Nous devrons d'ores et déjà tirer les leçons de la mauvaise gouvernance qui a conduit le pays dans l'abîme. Nous devrons savoir que nous pouvons être bénis mais que nous sommes pas des élus de Dieu. Il nous faut prendre le droit chemin dans toutes nos entreprises pour assurer un lendemain meilleur à notre pays et aux générations futures de maliens. Et nous pouvons le faire si nous nous donnons la main, si nous nous disons la vérité en toute circonstance et si nous restons dignes devant l'adversité et les défis de la vie sur terre sans céder à la fatalité, à la futilité ni à la facilité. Merry Christmas and happy New Year 2013 for all malians!
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