Ces (rares) occasions où un président a reconnu avoir commis des erreurs
Mea culpa •Alors qu’Emmanuel Macron a reconnu, lundi, que la mobilisation du 17 octobre avait été sous estimée, d’autres présidents avant lui avaient fait de retentissants mea culpa, souvent trop tard
On ne va pas se mentir, tout le monde a du mal à reconnaître ses erreurs, c’est humain. Dans un monde idéal, le mieux serait de ne pas en faire, surtout lorsque l’on est président de la République. Mais on n’est pas dans un monde idéal, et si nos ex et actuel présidents se sont tous déjà plantés une paire de fois, il est aussi arrivé qu’ils reconnaissent, parfois, longtemps après, certaines de leurs boulettes. Rappel.
Emmanuel Macron
Le samedi 17 octobre, les manifestations contre la vie chère et des lycéens ont dégénéré dans de nombreuses villes, donnant lieu à des pillages et des actes de vandalisme. Alors que, dès le lendemain, tout le monde a bien compris qu’il y avait eu un problème de maintien de l’ordre, Emmanuel Macron a fini par lâcher, lundi, n’avoir « pas du tout anticipé ce qui s’est passé » et reconnu que « les forces de police n’étaient pas dûment proportionnées ».
Avant sa réélection, en 2022, dans l’interview « où va la France » sur TF1, il avait déjà fait un mea culpa, plus général, sur plein de petites phrases balancées au cours de son premier mandat. Notamment celle, prononcée deux mois seulement après sa première élection, le 3 juillet 2017, lorsqu’il évoquait « les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ». « Il y a des mots qui peuvent blesser, et je pense que ce n’est jamais bon, c’est même inacceptable car le respect fait partie de la vie politique », a-t-il regretté. Il a aussi confessé ses erreurs dans la gestion de la crise des Gilets jaunes et celle du Covid.
François Hollande
« Voilà ce que j’ai fait. Voilà ce que j’assume devant vous en revendiquant les avancées, en reconnaissant les retards et même en admettant certaines erreurs », a prononcé François Hollande, le 1er décembre 2016, dans le discours marquant la fin de son unique et pluvieux mandat.
Parmi ces « erreurs », l’ex président socialiste en pointe une en particulier de manière étonnamment franche : « je n’ai qu’un seul regret, et je veux ici l’exprimer : c’est d’avoir proposé la déchéance de nationalité parce que je pensais qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés », a-t-il reconnu. Une mesure évoquée juste après les attentats du 13 novembre 2015 pour les terroristes bi-nationaux, qui a effectivement divisé la gauche et ne sera jamais adoptée.
Nicolas Sarkozy
Avant même d’être élu président et pendant toute la durée de son unique quinquennat, l’adjectif « bling-bling » restera accroché à Nicolas Sarkozy comme une moule à son rocher. Forcément, tout le monde se souvient qu’une des premières choses qu’il a faites juste après son élection, en 2007, c’est d’aller fêter ça avec la jet-set au Fouquet’s, l’un des restaurants les plus huppés de la capitale.
Deux ans plus tard, en 2009, dans un entretien au Nouvel Obs, Nicolas Sarkozy a d’abord opposé à son escapade au Fouquet’s la conférence de presse de De Gaulle, en 1958, dans un grand hôtel parisien. Avant de reconnaître : « Je n’avais pas attaché à cette soirée une importance considérable. J’ai eu tort. En tout état de cause, à partir du moment où quelque chose n’est pas compris et fait polémique, c’est une erreur ».
Le « casse-toi, pauv' con », balancé à un agriculteur lors de sa visite au salon de l’agriculture, en 2008, c’est dans deux bouquins que Nicolas Sarkozy est revenu dessus. Notamment dans Le temps des tempêtes, publié en 2020, dans lequel il reconnaît un épisode « entièrement de [sa] faute », déplorant d’avoir été grossier en tombant dans un « piège de débutant ».
Jacques Chirac
La plus grosse bourde de Jacques Chirac président, elle lui a coûté davantage à lui-même qu’aux Français. Et ce n’est pas lorsqu’il s’est fait choper par Bernadette en train de faire du gringue à une belle blonde, lors du vernissage d’une expo en juin 2009, en Corrèze. Non, c’était bien avant cela, en 1997, lorsqu’il a dissous l’Assemblée nationale moins d’un an avant les législatives de 1998. Une dissolution qui aboutira à la victoire de la « gauche plurielle » et l’arrivée de Lionel Jospin à Matignon.
Ces cinq années de cohabitation avec Lionel Jospin, jusqu’à la présidentielle de 2002, ont valu à Jacques Chirac le désormais célèbre « putain, cinq ans » des Guignols de l’info. « Je ne me suis pas du tout dit que je n’aurais pas dû le faire, même si naturellement, j’aurais préféré un résultat différent », avait déjà admis Jacques Chirac, le 14 juillet 1997, lors de son allocution télévisée à l’occasion de la Fête nationale.
Sauf que l’idée de la dissolution de 1997 lui avait été soufflée dans l’oreille par un certain Dominique de Villepin, alors secrétaire général de la présidence de la République. Et si Chirac a regretté a posteriori de s’être laissé convaincre, il a finalement assumé, en 2011, dans le deuxième tome de ses mémoires, soulignait Le Monde. « Qu’on n’attende pas de moi que je désigne ici un seul responsable car, si faute il y eut, j’en suis seul responsable », écrivait-il.Quelle est votre réaction ?
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