Bamako : ''''Pour que nul n''ignore ''

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Après le succès qu”il a connu en Europe, notamment lors du dernier festival de Cannes, le film Bamako vient d”être projeté, en première africaine, dans la capitale malienne.

Bamako, c”est l”histoire de Mélé, une chanteuse de bar, et de son mari, Chaka, sans travail.

Dans la cour de la maison que le couple partage avec d”autres familles, sur fond de crise conjugale, un tribunal est installé en plein air.

Entre plaidoiries et témoignages, la vie se poursuit dans la cour.

Chaka, le mari sans travail de la chanteuse, dans une grande indifférence, finit par se donner la mort car au Mali, les sages estiment que la mort vaut mieux que la honte.

Un cri du cœur

Bamako, c”est d”abord un cri du cœur. Un coup de colère contre les institutions financières internationales.
Il est à mi-chemin entre fiction et documentaire ; alternant avec brio des scènes du procès improvisé par de véritables juristes et des scènes de la vie quotidienne.

Des représentants de la société civile africaine, dont Aminata Dramane Traoré (ex-ministre de la culture au Mali et figure de proue de l”altermondialisme), ont engagé une procédure judiciaire contre la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International qu”ils jugent ”” responsables du drame secouant le continent africain ””.

Bamako, c”est donc le procès de la dette qui étouffe l”Afrique pour que ”” nul n”ignore ””.

Sa véritable réussite, c”est celle d”avoir réuni des avocats de renom comme Me Aïssata Tall Sall du Sénégal, William Bourdon du barreau de Paris et Mamadou Konaté du Mali qui ont donné la réplique à des acteurs professionnels comme Danny Glover l”Américain ou le Malien Habib Dembélé qui fait de nos jour le bonheur des planches européennes.

””Dans un premier temps, je voulais circonscrire le film à l”espace du procès sans jamais en sortir.

Par la suite, j”ai compris que je pouvais peut-être aller plus loin si j”abandonnais cette idée d”espace unique, théâtral, et que je mettais en scène des personnages extérieurs au procès ”” explique Abderrahmane Cissokho, le réalisateur du film.

En somme, le film respire un afro-optimisme qui surprend et séduit à la fois.



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