Crise au Nord - Négociations avec les groupes armées au nord du Mali : Des canaux de médiation tout azimut, forces et limites…

17 Août 2012 - 00:03
Mis à jour: 14 ans
19
Au moment où l’intervention militaire de la Cédéao semble prendre du plomb dans l’aile, avec le rejet de la partie malienne de la l’envoi de troupes à Bamako  pour sécuriser les institutions de la transition, une initiative de médiation entre les groupes armées et l’Etat central vient de s’annoncer. Il s’agit de celle des notables de la région de Gao qui vit sous occupation des islamistes du MUJAO. Cette nouvelle médiation emboite le pas à celles déjà entreprise par le médiateur de la Cédéao, Blaise Compaoré, président du Faso et celle du Haut conseil islamique du Mali. Quels sont les forces et les faiblesses de ces différentes  médiations? [caption id="attachment_75130" align="alignleft" width="350"] Le danger menace nos frontières du Sud[/caption] Pour résoudre la crise du nord, les différents acteurs ont mis sur la table deux options à savoir : l’option militaire, ou les négociations avec les groupes armés. Parmi ces deux options, celle de la médiation semble faire du chemin. En plus de ces nombreux défenseurs, des initiatives aussi se multiplient pour faire bouger les lignes entre l’Etat et les groupes armés. Le gouvernement lui-même semble ouvrir la porte à ces genres de médiations. Dans une récente déclaration consécutive à la visite du ministre des affaires étrangères burkinabè Djibril Bassolé, le 7 août 2012 à Gao et Kidal, le porte parole du gouvernement, Hamadoun Touré, a affirmé le 8 août 2012 sur les antennes d’une radio internationale que : « Nous apprécions tout ce qui contribue à la réussite de notre options A, qui est celle du dialogue et des négociations avec nos compatriotes du nord. A condition qu’ils renoncent à deux choses : la première, c’est la partition du pays et la seconde, c’est la remise en cause du caractère laïc de l’Etat Malien ».                                Dans ces conditions, on peut dire que l’initiative des notables de Gao vient à point pour élargir la base de contacts déjà existants avec les groupes armés qui occupent leur région. Surtout quant on sait que ces derniers sont déterminés à peser de tout leur poids pour faire revenir l’administration dans les zones occupées. L’importance d’une telle médiation n’est pas à démontrer  quand on sait que les  leaders communautaires jouent un rôle de premier plan au sein des populations des régions nord fortement communautarisées. D’ors et déjà, leur intervention a été déterminante dans la résolution des différentes  crises qui ont secouées les régions nord de notre pays. Notamment dans la démobilisation des ex-combattants de la rébellion des années 1990. Selon certains témoins, les leaders communautaires ont démobilisé plus de combattants que l’Etat Malien lui-même. A la différence de ces précédentes rébellions, les leaders communautaires accusent deux handicaps majeurs face à la situation actuelle. D’abord, parce que les acteurs de la présente crise ont des motivations exogènes avec une majorité de combattants venus des quatre coins du monde. Ensuite, à l’intérieur, des voix s’élèvent pour les accuser d’être très proche du MUJAO qui a le maitre des lieux à Gao.  Quel qu’en soit,  les leaders communautaire ont au moins le mérite d’avoir des contacts avec le MUJAO qui ont, jusque là, boudé les invitations de Ouagadougou. Le médiateur de la Cédéao qui jusque là n’a pas pu rencontrer les responsables du MUJAO  peut saisir cette opportunité pour établir les contacts.  La médiation burkinabée, en plus du problème MUJAO, est accusée, par certains acteurs maliens, d’être très proche des rebelles du MNLA dont les responsables paradent à Ouagadougou depuis qu’ils ont été évincés de Gao par le MUJAO.  Toute fois, elle est capitale en raison de son large soutient au sein de la communauté internationale. Ouagadougou ayant abrité au lendemain du coup d’Etat du 22 mars la rencontre des forces vives de la nation pourrait également être un terrain propice de médiation entre l’Etat malien et les deux autres groupes armés à savoir le MNlA et surtout Ansardine dont le leader Iyad Ag Aghaly s’est dit favorable au dialogue. Quand à  la médiation du Haut conseil islamique du Mali, la récente visite de  à son président, Mahamoud Dicko, avait été suivie des tentatives de radicalisation du MUJAO par l’application de la charia repoussées par l’émeute des jeunes de Gao. Une révolte qui n’avait pas empêchée les islamistes de couper la main d’un présumé voleur à Ansongo situé à quelques 100 Km de Gao. Cependant cette médiation a déjà porter ces fruits avec la libération d’une centaine de militaires maliens par le groupe Ansardine et l’établissement d’un couloir humanitaire vers les populations des zones sous occupation. La proposition de Mahmoud Dicko, de constituer un collège d’ulémas pour aller à la rencontre du leader d’Ansardine peut se révéler payant.  Car ce serait une manière d’attaquer ces islamistes sur leur propre terrain à savoir l’islam. La  confrontation de la vision de l’islam tel que pratiquée dans notre pays et cette vision importée par les islamistes peut  nous permettre de trouver un terrain de négociation.  Quelque soit le médiateur, la négociation avec ces islamistes, ne seront jamais une partie de plaisir quant on sait que certaines de leurs revendications sont à l’opposé des règles de fonctionnement d’un Etat moderne et laïc. Abdoulaye OUATTARA    

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (19)

User
Sankaratom
Sankaratom 14 ans
Dans le Mali d'avant "maudit 22 mars 2012", toute aspiration, tout suppose droit, reclame par des armes est une act criminel. Il faut "imposer la paix" au Nord du Mali. Et cela ne sera possible qu'avec la mitrailleuse et le canon. Toute autre solution n'est qu'illusion et un sursis de la necessaire "imposition de Paix". Malheureusement, nos militaires, (sutout le Capi "tolerance Zero" pour les civils du sud du Mali et ses truffions) sont tetanises par la peur. Le MNLA, rearme par certains, serait bientot dans les conditions pour reprendre leur territoire. Et on ne parlera plus de negociations de Paix, mais plutot de negociation sur la DELIMITATION DES FRONTIERES ENTRE LE MALI ET LE "REBELLESTAN". Plaise a Dieu que je me trompe.
etranger
etranger 14 ans
O peuple maliens comment pouvez vous vous assoir et discuter avec les envahisseur? Il est clair que vous lutter contre plusieurs forces comme les terroristes sponsorisé par les sionistes musulmans du golf, par les francs maçons de la cedeao, mais là où vous méritez ce malheur c'est votre propre peuple qui parle sans cesse et vos soit disant leaders qui luttent pour une parcelle de pouvoir a bamako. Les choses qui se passent au nord sont plus grave que les gens imaginent et sont pour un dessein bien précis.
Maru
Maru 14 ans
La communaute internationale est entrain de profiter de la mesentente ou faiblesse des leaders maliens, pour cacher leur mauvaise volonte. Sachant cela, nos dirigeants doivent faire des sacrifices enormes pour s'entendre et agir dans un seul sens. seul cette synergie d'effort pourra nous mener a bon echeant. A-bas la CEDEAO, A-bas l'UA s'ils ne veulent pas aller au nord. Plus jamais de marche ou protestation a Bamako. Que tout le monde s'entende. Que tous les militaires detenus soient liberes sans condition et envoyes au PCO a Sevare pour qu'ils s'entrainent. Plus jamais d'arrestation. Que le gouvernement negocie avec Iyad Ag Ali,s'il fait des concession, alors on a pas besoin de guerre. Ces elements peuvent joindre l'armee malienne. Lui meme pourra continuer sa campagne dans le pays tout entier pour une eventuelle application de la charia. Le jour ou le peuple lui reiterera sa confiance, il aura beucoup d'elus au sein de l'assemblee nationale, parconsequent le peuple acceptera la charia, car elle sera votee par la majorite. Qu'il voie l'exemple des "Freres Musulmans" qui dirigent l'Egypte. Leur mouvement s'est d'abord illustre par des actes humanitaires pendant des decennies, pour qu'ils gagnent la confiance du peuple. Ils ne sauront jamais realizer autant de succes avec les armes. Que les colons algeriens et mauritaniens rentrent chez eux sans condition. Que le MNLA joignent les rangs de l'armee malienne, ou qu'ils partent a l'enfer. Vive le Mali.
ettoi
ettoi 14 ans
Votre article est bourré de fautes dommage!
Blocus
Blocus 14 ans
L'important c'est de comprendre ce qu'il veut nous dire.
yiromi
yiromi 14 ans
BON A SAVOIR POUR MENER LES DISCUTIONS D’ÉRADICATION DU CANCER MNLA ! AG IBRAHIM 18 Juin 2012 ETAT AZAWAD, PERIL DU PEUPLE TOUAREG PEUPLE TOUAREG, ON NOUS MENT. CEUX QUI PRETENDENT ETRE NOS LEADERS NE NOUS DISENT PAS LA VERITE ET NOUS CACHENT LA REALITE. LE COMBAT QU'ILS PRETENDENT MENER AU NOM DE L'EDIFICATION D'UN ETAT AZAWAD EST UN COMBAT ILEGITIME, ILLEGAL ET SANS AVENIR PUISQU'IL NE REPOSE SUR AUCUN FONDEMENT. L'AZAWAD N'EXITE PAS GEOGRAPHIQUEMENT (EN TOUT CAS PAS TEL QU'IL NOUS EST PRESENTE) ET IL NE PEUT EXITER NI EN TANT QU'ETAT ENCORE MOINS EN TANT QUE NATION. NOUS SOMMES DES MALIENS, NOUS AVONS TOUJOURS VECU EN PAIX ET EN HARMONIE AVEC CEUX AVEC QUI NOUS PARTAGEONS L'APPARTENANCE ET L'ATTACHEMENT A CE TERRITOIRE C'EST A DIRE LES SONHRAI, LES ARABES, LES PEUHLS, LES BOZOS, BELLAH ETC...A SUPPOSER MEME QUE NOUS PARVENIONS A ARRACHER CETTE INDEPENDANCE ET QUE CELA SOIT ACCEPTEE PAR LE MALI ET LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE COMME UNE SITUATION DE FAIT, IL FAUT S'ATTENDRE A CE QUE LES SONHRAI, LES PEUHLS, LES BOZOS ETC... EUX AUSSI SE SOULEVENT POUR NOUS COMBATTRE ET NOUS CHASSER DE CES TERRES CAR, ILS SONT AUSSI ORIGINAIRE DE CES ZONES ET AUJOURD'HUI PRET DE 20 FOIS PLUS NOMBREUX QUE NOUS LES TOUAREGS; SI NOUS AVONS EU NOS ARMES, ILS PEUVENT AUSSI AVOIR LEURS ARMES. SI NOUS AVONS DES AMIS, ILS AURONT AUSSI LEURS AMIS. SI NOUS AVONS NOTRE MOTIVATION ET NOTRE COURAGE, ILS AURONT AUSSI LES LEURS ETC... AU FINISH, NE NOUS VOILONS PAS LA FACE, NOUS SERONS EXTERMINES ET LE TEMPS QUE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE INTERVIENNE, CE SERA TROP TARD ET MEME SI ELLE INTERVIENT, NOUS SERIONS PAR LA SUITE CONTRAINTS DE RENONCER DEFINITIVEMENT A CE TERRITOIRE. NOUS SERONS ALORS DES EXILES, DES APATRIDES. NOUS NE POURRIONS PLUS JAMAIS CONSTRUIRE, EN TOUT CAS SUR PLUSIEURS GENERATIONS. MON DERNIER MOT EST QUE TOUT CE QUE NOUS GAGNERONS AVEC "AZAWAD" NE SERA QUE MASSACRE, BAINS DE SANG, RUINES, DESOLATION, EXODE MASSIVE ET MISERE HUMAINE POUR NOUS MEMES ET NOS VOISINS DE TOUT TEMPS, MAIS AVEC LE MALI, NOUS AVONS TOUT A GAGNER, A CONDITION QUE NOUS ACCEPTIONS DE FAIRE PARTIE DE CETTE GRANDE NATION ET QUE NOUS ACCORDIONS NOTRE MODE DE VIE AUX EXIGENCES DU MONDE MODERNE A BON ENTENDEUR, SALUT
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (112)
  • Nfp (67)
  • Kankan (53)
  • Sissoko (28)
  • Citoyen du monde (25)