Crise du Nord : Pourquoi l’armée a démantelé le camp « Bouyan Ba Hawi » ?

31 Août 2012 - 00:10
Mis à jour: 14 ans
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« Il faut tout mettre en œuvre pour éviter que des milices ne foisonnent dans le pays à la faveur de la crise au Nord du Mali », nous disait récemment un officier de l’armée malienne à la retraite, qui a souhaité garder l’anonymat. Ce jour-la, il craignait la récupération des éléments de ces milices, pendant ou après la crise par des organisations politiques. Aujourd’hui, le démantèlement du camp d’entrainement d’une milice a Magnambougou-Sokorodji, vient relancer toute la problématique de la sécurité au Mali avec le foisonnement des milices. [caption id="attachment_88751" align="alignleft" width="315"] Un groupe d’autodéfense au Nord[/caption] Sous le prétexte de se mobiliser pour le nord, nombreux sont les jeunes maliens de bonne foi qui n’ont pas hésité à se mettre à la disposition de milices à travers le pays. A côté des forces armées et de sécurité basées à Mopti, il y a deux ou trois milices qui se partagent le camp de Soufroulaye. Bien qu’ils soient à côté des militaires sur la ligne de front, la présence des milices dans la région de Mopti est au centre de plusieurs interrogations. Au moment où des réponses claires ne sont pas encore trouvées à ces interrogations, l’on apprend que des jeunes maliens choqués, frustrés et humiliés par ce qui s’est passé et continue de se passer au Nord se sont constitués en milice, à Bamako du côté de Magnambougou-Sokorodji. Ils y faisaient leurs entrainements, dans une certaine tolérance, que nous estimons incompréhensible. Bien que le pays soit occupé dans sa partie septentrionale, seuls les éléments des forces armées et de sécurité  doivent se trouver en possession des armes. Pour notre sécurité collective, les Maliens doivent souffrir de cette contrainte et accepter que la circulation ou la détention des armes de guerre par des milices soit prohibé avec la plus forte énergie. Et, c’est sûrement cette quête de notre sécurité individuelle et collective qui a poussé les forces de sécurité à mettre fin aux entrainements de la milice. Des informations ont tenté de faire croire que les entrainements militaires de Sokorodji se faisaient avec la bénédiction, voire même sous le couvert de l’armée nationale. Notre  source bien introduite dans les services de défense et de sécurité soutient le contraire. Selon elle, le camp d’entrainement à Sokorodji constituait une menace grave pour la sécurité intérieure de la capitale malienne. Mieux, il a indiqué que c’est au cours d’une opération de sécurisation de Bamako et ses environs, effectuée dans la nuit du 24 au 25 aout 2012, que les forces de sécurité ont découvert l’existence d’un centre de formation militaire illégalement implanté à Sokorodji. Selon lui, au cours de cette investigation, il a été procédé aux interpellations de Mahamadou Diouara et Youssouf  Ndaou, deux responsables trouvés sur place. L’officier des affaires publiques des forces de sécurité maliennes est formel : « Ils ont été appréhendés pour des besoins d’enquête ». Selon lui, l’existence d’un tel centre devrait faire l’objet d’une autorisation officielle. « A priori, on nous fait croire que ce sont des volontaires qui ont été recrutés pour aller combattre au Nord. Même dans ce cas de figure, les promoteurs auraient du informer les autorités », a-t-il indiqué. Et d’ajouter : « l’armée malienne ne saurait tolérer de telles initiatives unilatérales, fut-il pour un élan patriotique de reconquête des localités du septentrion ». Selon notre interlocuteur, les seules brigades d’autodéfense qui vaillent aujourd’hui sont celles basées à Soufroulaye et à Sevaré. Estimant qu’elles sont mieux structurées avec des encadrements cohérents, il a conseillé aux miliciens de Sokorodji de rejoindre Sevaré ou Soufroulaye, si leurs intentions réelles se résument à la conquête du Nord, au lieu de disperser les forces. « Nous avons décidé du démantèlement de ce centre en plein cœur de Bamako. Les enquêtes sont en cours pour cerner les contours de cette initiative »,  a ajouté l’officier des affaires publiques des forces de sécurité maliennes. Le Camp d’entrainement de Sokorodji, baptisé « Bouyan Ba Hawi » ou « plutôt la mort que la honte »  encadrait 400 recrues dont une dizaine de femmes. Aujourd’hui, les éléments des forces de sécurité maliennes ont la preuve que ce groupe armé procédait à des exercices de tir à balles réelles au plateau de Sokorodji, sans se soucier des mesures de sécurité dans ce genre d’activités. Pire, l’officier des affaires publiques de l’armée malienne dit que cette milice comporte des déserteurs et des militaires en abandon de postes qui font office d’encadreurs. Aussi, compte tenu de son lieu d’implantation et de  l’arsenal militaire composé de fusils de guerre, des grenades et des munitions, l’Etat malien ne pouvait pas cautionner pendant longtemps cette situation. « Aucune structure autre que les forces armées et de sécurité n’est encline à disposer d’un arsenal de guerre, sans une autorisation officielle. Elle constitue plus un danger qu’une solution à nos problèmes de sécurité », a-t-il conclu. Assane Koné

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Commentaires (26)

User
cisse Mamadou
cisse Mamadou 14 ans
j ai peur tres tres peur pour notre Mali :?:
ginmoux 14 ans
Aidons ces jeunes volontaires aux moins pour une formation adéquate, ils ont droit comme tout les autres militaires. Soyons honnêtes et saluons le courage de ces jeunes qui s’engagent à donner leur vie pour le Mali. Un grand hommage a Mr Diallo de Ganda-Koye et autres qui sont tombés sur le champ d’honneur, là où beaucoup de militaires ont fuit. Bref, aidons ces jeunes au lieu de louer les grandes salles climatisés à Bamako pour des conférences ou r réunions « bidon » qui coutent très chères a l’état Malien
vision.2012
vision.2012 14 ans
Cest de heros nationaux... dans un pays ou le gens semblent ne poursuivre que leur interet egoiste et nous avons des politiciens naifs comme Tieble Drame qui veut aller negocier avec les terroristes rien que pour se faire mediatiser, Bouyan Ba Hawi merite respect et admiration. Tout le monde ne resemble pas a une armee fuyard au Mali.
abassanogo
abassanogo 14 ans
Si les soldats du capitaine sanogo n'arrête pas de se branler à kati c'est tout à fait normal que des hommes et femmes patriote prennent les armes pour défendre notre pays. Pendant la seconde guerre mondiale quand la France était sous occupation nazis, des braves gens normaux résistait avec très peu de moyens, c'est la qualité d'homme qui manque dans notre armée et non pas les armes.
pontdu
pontdu 14 ans
Quelle bonne nouvelle! L'armée régulière va enfin pouvoir passer à l'action, puisqu'il ne lui manquait que cet "arsenal" pour passer à l'action... A moins que l'objectif est de signer la paix avec l'Azawad. L'Azawad au nord, et le Mali au sud. Vu le peu d'entousiasme à essayer d'aider les gens qui souffrent dans le nord, on peut comprendre que certains aient eu envie de prendre leur indépendance.
blanche neige
blanche neige 14 ans
chacun chez soi et les mains coupées seront bien gardées :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
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