Elections avant ou après libération du nord ? La polémique s’enflamme

16 Oct 2012 - 02:35
Mis à jour: 14 ans
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L’hypothèse des élections avant la libération du Nord paraissait absurde au départ -beaucoup craignant une scission de fait du pays dans la mesure où les zones occupées ne peuvent pas y participer. Mais à l’épreuve du temps, on se rend compte qu’il y a lieu de poser officiellement le débat puisque c’est l’avenir même de notre pays qui en dépend.  Les Etats-Unis d’Amérique ont été les premiers à nous recommander la tenue d’élections avant la libération du Nord ou du moins préparer les deux concomitamment. Ils l’ont dit à nos autorités au mois d’août au cours d’un séjour que le sous-secrétaire d’Etat chargé de l’Afrique, Johnnie Carson, a effectué au Mali. Et récemment, l’ambassade américaine au Mali a fait une publication dans les journaux pour expliquer la nécessité pour ce gouvernement de transition de préparer concomitamment les élections, le dialogue, l’option militaire et la gestion de la crise humanitaire. Les Américains disent que seul un gouvernement légitime, c'est-à-dire sorti des urnes, est habilité à gérer cette crise, simplement par le fait que personne ne pourra s’engager dans une aventure avec un gouvernement transitoire. D’ailleurs, ont-ils dit, leur Constitution interdit de coopérer avec un gouvernement non issu des urnes.  La nécessité d’un débat Au départ, cette position avait d’autant déconcerté les Maliens qu’elle semblait être, selon une interprétation, comme la concession de facto de la division de notre pays, vu le sentiment psychologique que cela peut créer chez les populations martyrisées. Et les Maliens n’étaient pas les seuls à être habités par un tel sentiment, puisque le président français, l’ami pour reprendre certains, François Hollande, lors de la récente Assemblée générale de l’ONU avait jugé inadmissible de parler d’élections alors que les 2/3 du pays sont sous occupation des terroristes qui y appliquent des lois contraires à la démocratie. Mais à l’épreuve du temps, beaucoup commencent à se raviser. Nous avons vu ces derniers temps beaucoup d’organisations de la société civile malienne épouser de plus en plus la position américaine. La première fois, c’était le président du Conseil national de la société civile, Ibrahim A. Touré, à la Maison de la presse et la dernière en date est de l’Alliance des générations démocratiques du Mali (AGDM) dont le président est le juge Dramane Diarra. C’était le samedi  13 octobre 2012 au cours d’un point de presse à la Maison de la presse. Sa 1ere vice-présidente, Mme Oumou Touré alias Oumou Cafo, a expliqué que le gouvernement de transition étant incompétent, il va falloir organiser les élections pour qu’un gouvernement légitime puisse abréger la souffrance des populations septentrionales sous le joug des mouvements armés. A y regarder de près, on voit que les tenants de l’approche américaine n’ont pas totalement tort vu le drame socio-économique que connait le pays en raison de la crise. Tout le monde est unanime que la crise est en train de nous asphyxier petit à petit avec la fermeture des entreprises et l’envoi des gens au chômage technique ou définitif et le retrait des investisseurs étrangers. L’argent devient de plus en plus rare et tout le monde souffre. Peut-on tenir le coup jusqu’au jour de libération des zones occupées pour enfin organiser les élections, synonymes de notre retour dans le concert des nations ? Faut-il continuer à vivre dans une telle situation de crise financière, dont la conséquence est la stagnation de notre processus de développement, jusqu’à nouvel ordre ? Ces questions taraudent les esprits d’autant plus qu’il est évident qu’aucun pays au monde ne peut s’engager dans une aventure avec ces autorités transitoires que nous-mêmes, à l’interne, sommes en train de contester. Quel pays au monde peut faire confiance aux autorités actuelles de Bamako pour conclure des contrats d’achat d’armes avec notre pays ou quel investisseur peut s’aventurer dans un pays instable ? Comme on peut le constater, c’est l’avènement d’un gouvernement légitime qui peut permettre à la France ou aux Etats-Unis ou n’importe quel autre pays de mener une coopération militaire directement avec le Mali, au lieu de passer par la Cédéao, et conquérir la confiance des investisseurs et autres partenaires étrangers desquels dépend fortement notre économie. Parce que c’est dû au fait que les autorités actuelles de Bamako ne sont pas fiables que le président Hollande veut fournir la logistique de la libération du Nord-Mali à travers la Cédéao. Ce sont donc ces élections de la panacée qui permettront certainement à nos populations déplacées ou sous occupation de retrouver rapidement leur dignité. Comme le dira l’autre, une seule journée (de vote) d’indignation pour les populations victimes vaut mieux que des mois voire des années d’humiliations. Encore que la libération des régions nord n’est pas pour demain ! D’abord, selon un expert Onusien, dans un tel élan de la communauté internationale, pour que les troupes libératrices puissent arriver au Mali, il faut attendre le mois de mars 2013. Et on sait peut-être quand ça va commencer, mais pas la fin. On a pu entendre le chef du gouvernement, Dr. Cheick Modibo Diarra, du haut de son trône primatorial, enseigner que la plus grande puissance du monde (les USA, Ndlr) et l’Europe sont en train de combattre ces mêmes gens en Afghanistan depuis dix ans, sans y parvenir. Est-ce à dire que cela pourrait être le cas pour le Mali ? Si oui, devrons-nous attendre tout ce temps avant des élections ? Malheureusement, la récente violation de la loi électorale par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, consistant à suspendre la révision annuelle de la liste électorale, semble plaider dans ce sens. Nous avons trouvé aussi juste la position du président guinéen Alpha Condé exprimée hier sur RFI. Le président guinéen, à défaut d’épouser formellement l’approche américaine, souhaite des élections après la libération des villes de Gao et Tombouctou, Kidal n’étant pas aussi important à ses yeux. Parce que c’est ce gouvernement légitime qui va non seulement s’atteler à la résolution de la crise, mais aussi et surtout faire relancer la machine de développement complètement bloquée en ces temps-ci. Pour tout cela, il va falloir poser officiellement le débat, pourquoi pas à travers la conférence nationale, plusieurs fois annoncée et plusieurs fois reportée. Abdoulaye Diakité  

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Commentaires (30)

User
Mohamed Djeri Maiga
Mohamed Djeri Maiga 14 ans
Election sans MNLA EST NUL ET NON AVENU
Souvent je ne comprend pas les maliens, ils veulent leur pays, mais ils ne veulent pas se battre pour ça, je le dis parce que jusqu'à preuve du contraire ils n'arrivent pas à s'unir comme une seule personne pour combattre l'ennemi commun qui découvre son front, contrairement à la parole de leur hymne national, ils n'ont pas pu faire respecter, pour mauvaise foi, leur constitution qui réglait entièrement leur problème d’absence du pouvoir, leur armée ne respecte pas du tout le peuple et se pavane dans ses beaux habits sans s'inquiéter de la sécurité, de ce peuple qui l'a nourri, blanchi, logé et même électrifié, le comble elle arrive à trouver encore des supporteurs parmi ce même peuple. Je comprends que l’on puisse aimer les places avec ses avantages, cela peut être humain, mais quand on a la place et pas le pays, comment fait-on? Ou quand on a la place et sans la liberté? Les maliens se plaignent de ne pas être aimé par les autres pays voisins, mais s’ils se posent la question de savoir pourquoi, ils verront que ce n'est pas la peine de se poser de telle question, parce que cela n'est pas vrai. Personne n'a aucune raison de détester le Mali, au contraire vue sa centralité chacun s'y retrouve un peu chez soi. Mais à la question des maliens que les blancs veulent leurs ressources minières, je dirais que quelque soit la situation paix ou guerre, les maliens n'ont aucune expertise pour pouvoir les exploitées, c’est toujours les blancs qui vont extraire, vendre, acheter et utiliser, dès fois même contre eux,maliens. Alors brave maliens, j’en suis un, pour une fois cessons toutes méchanceté gratuite et cherchons ce qui nous rassemble, pour ne pas voir notre pays, beau ou pas, grand ou petit, nous échapper. Après tout ce n'est que dans nos seuls intérêts et peut être de celui de nos enfants et petits enfants, sinon la France elle nous montre qu'elle défend contre vents et marées les siens, et cela est un bon exemple pour nous. Comprenons que les pays n’ont pas d'amis, mais des intérêts, si nous voulons être aimer par tout le monde alors faisons tout pour que tout le monde ait des intérêts chez nous. Sinon sachons que nous ne sommes qu'un pays pauvre sans amis, et nous n'avons que l'union sacrée à faire pour continuer à exister, à défaut nous disparaîtrons et comme nous ne sommes pas le centre du monde, le monde ne le remarquera même pas.On choisit pas son sauveur quand on se noie. Salut. [email protected]
Massaye
Massaye 14 ans
Je suis d'accord avec la proposition du président A.Condé de la Guinée . Si Gao et Tombouctou sont libérés , les élections peuvent se faire.
ag ibrahim
ag ibrahim 14 ans
MAINTENANT TOUS LES MALIENS TENDENT LA MAIN POUR QUE LES PUISSANCES ÉTRANGÈRES VIENNENT RESTAURER L INTÉGRITÉ TERRITORIALE DE NOTRE PAYS.HORS CES NOUS AVONS DÉSAVOUÉES CEUX-CI APRÈS LE COUP D ÉTAT; EN LES EMPÊCHANT DE NOUS APPORTER LEURS AIDES. VOILA 7 MOIS QUE NOUS SOMMES DANS CETTE CRISE. ET RIEN N A BOUGE. CERTAINS MALIENS CONTINUENT A FAIRE CONFIANCE A CET GOUVERNEMENT INCAPABLE ET A VIDE DE POUVOIR;QUI CRIAIT AUX MALIENS ET A LA FACE DU MONDE QU IL POUVAIT LIBÉRER LE NORD DE NOTRE PAYS.MAIS APRÈS 7 MOIS IL NE CHANTE PAS LA MÊME CHANSON.D OU LA QUESTION SUIVANTE: POURQUOI AVOIR ATTENDU 7 MOIS POUR FAIRE UNE DEMANDE D INTERVENTION?. j ÉTAIS OPPOSE A L IDÉE DES USA D ORGANISER LES ÉLECTIONS DANS CE CONTEXTE.MAIS AVEC LE TEMPS ET D AUTANT PLUS QUE NOTRE GOUVERNEMENT NE NOUS DONNE AUCUN ESPOIR POUR UNE SORTIE RAPIDE DE CETTE CRISE,ON PEUT ORGANISER LES ÉLECTIONS ET PLUS TARD RECONQUÉRIR LE NORD AVEC LE PRÉSIDENT ÉLU.
Seguka 14 ans
Vivement un nouveau Président Malien sorti des urnes au plutard le mois d'Avril prochain..... afin de décongestionner tout cela....
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