Le Mot de la semaine de Youssouf Sissoko : IMPASSE

24 Août 2015 - 00:06
Mis à jour: 11 ans
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Le retrait du GATIA de Ménaka dans 72 heures : Deux poids deux mesures ?Alors qu’on croyait voir le bout du tunnel avec la signature le 20 juin de l’Accord de paix et de réconciliation de Bamako, contre toute attente, les deux groupes rivaux ont repris les hostilités plongeant ainsi  un processus de paix déjà fragile dans l’impasse. Le Groupe d’Auto-défense tamasheks Imgads et Alliés (GATIA), Milice pro-gouvernementale et la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) se regardaient en chiens de faïence depuis la reprise par le premier de la ville de  Ménaka. La CMA, qui  avait qualifié l’attaque de Ménaka de énième provocation de la milice pro-Bamako en dépit du cessez-le feu, avait promis de laver l’affront, d’où la rupture. Ainsi, le samedi, dimanche et lundi derniers, le GATIA et la CMA se sont affrontés jusqu’aux alentours de Kidal, environ 50 km de la ville. Si le bilan est diversement interprété, toutes nos sources indiquent une lourde perte en vies humaines et en matériel du côté de la CMA.  Pour rappel le GATIA, composé essentiellement de tamasheks, arabes, sonrhaïs, peuls et bêlas,   a été créé pour non seulement défendre le droit de la majorité des populations du nord, mais aussi et surtout démentir l’allégation,  longtemps distillée par les  médias occidentaux, selon laquelle « le fantomatique peuple de Azawad voudrait  une indépendance ou tout au moins l’autonomie ». Cette deuxième rupture du cessez-le feu après celle consécutive aux affrontements de Ménaka aboutira forcement à une impasse dans le processus de mise en œuvre de la paix. Chaque partie est ainsi renvoyée à ses responsabilités face à l’histoire. L’Etat malien en premier lieu, la communauté internationale à travers la MINUSMA et les groupes armés. La responsabilité de l’Etat  est engagée pour avoir trainé les pieds dans la mise en œuvre de l’accord signé depuis le 20 juin. Aucun signe probant de bonne volonté du gouvernement. Le président aurait dû jouer contre la montre en formant rapidement  le nouveau gouvernement post-crise et en  intégrant les groupes armés signataires. Constat alarmant d’une lourdeur certaine,  il est toujours à la case départ, tantôt c’est le blocage dans la mise en place du comité de suivi, tantôt c’est la sur- représentativité de certains groupes qui ne semblent avoir aucune légitimité sur le terrain. Toute chose qui a irrité les groupes armés qui attendent tous le dénouement rapide de cette crise. La responsabilité de la MINUSMA est avérée, parce qu’elle ne joue pas son rôle de structure de maintien de la paix. Pire, elle est taxée par la majorité des maliens de complaisance vis-à-vis de la CMA. La structure Onusienne fait l’objet de toutes sortes de critiques. Fait nouveau,  c’est la CMA qui s’oppose à la mesure prise par la MINUSMA de créer une zone de sécurité de 50 KM autour  de Kidal. Elle s’insurge contre cette décision et demande à la MINUSMA de lever toute restriction afin qu’elle en découd définitivement avec le GATIA. Les groupes armés ont leur part de responsabilité en tombant dans la provocation. Et cette provocation est l’œuvre de la CMA qui, même après la signature de l’accord de paix, se croit toujours en territoire conquis, alors que le Mali devrait a la suite de la signature des accords  recouvrer  la totalité de son territoire permettant ainsi au gouvernement, via ses représentants,  d’aller et venir  librement sur toute l’étendue du territoire national. Vivement la prise de conscience du gouvernement pour la mise en œuvre diligente de l’accord de paix  et de réconciliation au grand bonheur du peuple malien. Il devra adopter une véritable politique de communication de crise qui anticipe sur les choses au lieu qu’elle ne s’attache à les gérer.  Les travaux de la commission sont à peine connus du grand public. Youssouf Sissoko    

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Commentaires (70)

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LE NOUVEAU
LE NOUVEAU 11 ans
AVIS A LA MINUSMA, LE MALI N’EST PAS LE TERRAIN DE JEU DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE ET CELA NE RISQUE PAS D’ARRIVER, NI DEMAIN, NI JAMAIS. NOUS NE SOMMES PAS LA RD CONGO
VICKY
VICKY 11 ans
Tu n’as rien compris, il y a des personnes sans scrupule qui se nourrissent de la guerre dans un pays. Le plus compliqué est que même les pseudos leaders politique de notre pays sont pour ce désordre. Ils profitent de ce cafouillage pour tenter de se faire une notoriété.
MUGABE
MUGABE 11 ans
the enemies of Mali are Malians themselves. Our evil is not far from us. The policies, the defenders of the common causes nicks put in harm this country.
JAH
JAH 11 ans
Je ne comprends pas pourquoi, les autres (Journalistes) ne font pas preuve de patriotisme et reconnaissant au moins les efforts du gouvernement vis-à-vis de cette paix que nous cherchons tous dans notre pays ?
JEUNES SOUVERAINISTES MALIENS
JEUNES SOUVERAINISTES MALIENS 11 ans
L’apaisement de ses affrontements sera une réalité que si l’uns et les autres décident de se parler autour d’une table. Que ces groupes ne rentrent pas dans le jeu de ceux qui ne veulent pas voir la paix venir au MALI. L’Etat malien n’est pas responsable de la non applicabilité de la signature de l’accord de paix. Les autorités maliennes ont jusqu’ici toujours fait preuve de bonne volonté. La CMA tarde à designer ceux qui vont les représenté dans le futur gouvernement. Cela est déjà un fait. Jusqu’ici, le gouvernement malien a montré sa bonne volonté à aller vers une pays durable et définitif. Quand on laisse dire les gens que nos autorités traînent les pieds, c’est un peu exagéré.
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