Le ministre Diop au conseil de sécurité de l’ONU : Réserves et plaidoyer pour une Minusma plus efficace

07 Avr 2016 - 07:32
Mis à jour: 11 ans
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Le ministre Diop au conseil de sécurité de l’ONU : Réserves et plaidoyer pour une Minusma plus efficace
Abdoulaye Diop a été reçu par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon
Au cours de la cérémonie de présentation du rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la situation au Mali, le ministre en charge des Affaires étrangères a émis des réserves sur bien de passages dudit rapport. Aussi, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a-t-il souhaité, dans la perspective de son renouvellement en juin prochain, que le mandat de la Minusma s’adapte au nouvel environnement sécuritaire dans lequel la mission onusienne évolue. Et pour cause. Ce mardi 5 avril 2016, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, à la tête d’une importante délégation, a pris part, à New York (Etats-Unis d’Amérique), à la présentation du rapport trimestriel du Secrétaire général des Nations Unies sur la situation au Mali. Ce fut une occasion pour le gouvernement, par la voix du ministre Diop, de mettre les points sur certains ‘’i’’, mais surtout de plaider en faveur d’une Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali) plus proactive, ce au regard de l’environnement sécuritaire dans lequel elle intervient. Ainsi, au sujet des allégations de violation des droits de l’homme rapportées au paragraphe 31 du rapport, Abdoulaye Diop a signalé que les chiffres avancés ne permettent pas de distinguer les cas imputés aux forces de défense et de sécurité du Mali. Aussi, le chiffre de 265 prisonniers détenus avancé au paragraphe 32 du document ne concorde pas avec celui disponible au niveau du ministère malien de la Justice, si l’on en croit le ministre Diop. Partant, il a invité la mission onusienne à communiquer aux autorités maliennes, dans un délai raisonnable, les allégations de violation des droits de l’homme pour permettre au Gouvernement de réagir en temps opportun. Le patron de la diplomatie malienne a par ailleurs signifié au Conseil de sécurité que l’observation selon laquelle les autorités judiciaires maliennes n’ont pas engagé de poursuites pénales contre les auteurs des violations des droits de l’homme «mériterait d’être tempérée en raison  des obstacles aux procédures pénales, notamment le manque de ressources logistiques pour les magistrats et l’insécurité empêchant les autorités judicaires de mener des enquêtes efficaces, en particulier dans le nord». Toute chose mise en évidence dans le rapport du Secrétaire général en son paragraphe 33, a-t-il dit. Quoi qu’il en soit, l’orateur a rappelé, se référant au paragraphe 36 du rapport, le caractère imprescriptible des crimes de guerre et crimes contre l’humanité et la non-amnistie pour les auteurs de ces crimes. « Au demeurant, le Mali renouvelle sa disposition à coopérer étroitement avec tous les acteurs impliqués dans la protection et la défense des droits de l’homme», poursuivra-t-il. 80 casques bleus tués en trois ans, un record Le ministre Diop a aussi profité de la même tribune pour revenir sur certaines observations faites par le Conseil de sécurité de l’ONU à la faveur d’une visite de terrain qu’il a effectuée dans notre pays, du 4 au 9 mars 2016. Au  nombre de ces observations, figure en bonne place « l’inadéquation du mandat de la Minusma avec son environnement de même que son déficit opérationnel, notamment en termes de formation et d’équipement». Sur ce point, Abdoulaye Diop a rappelé que le gouvernement malien, lors des échanges avec la délégation du Conseil de sécurité, a exposé une série d’actions dont la prise en compte permettra d’améliorer la posture de la Minusma, de façon à la rendre plus proactive. Si l’on en croit le Ministre Diop, ces actions, visant à ‘’assurer plus d’efficacité à la Minusma’’, s’articulent autour de la mission elle-même, des forces de défense et de sécurité maliennes et des initiatives régionales. «Je voudrais rappeler notre constat commun que la Minusma, bien qu’ayant à disposition presque la totalité de ses effectifs militaires et de police autorisés, peine à assumer pleinement son rôle de stabilisation du pays et d’accompagnement du Gouvernement du Mali pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation», a-t-il affirmé. Et le Ministre Abdoulaye Diop d’ajouter qu’au-delà des attaques dirigées contre les populations civiles et les forces de défense et de sécurité maliennes, la Mission elle-même est aujourd’hui la cible des groupes terroristes. En effet, avec 80 casques bleus tués en seulement trois ans d’intervention, la Minusma devient l’opération de maintien de la paix la plus meurtrière. Partant, dans la perspective du renouvellement du mandat de la mission en juin prochain, la délégation malienne, par la voix du ministre Diop, a émis le vœu que le Conseil de sécurité de l’ONU aille dans le sens d’un certain nombre de réajustements. Ce, afin non seulement de réadapter le mandat de la mission onusienne au nouvel environnement sécuritaire, mais aussi d’accélérer le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. En tout état de cause, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération étrangère s’est montré conscient d’une chose. C’est que «l‘optimisme suscité par la signature et le début de la mise en œuvre de l’Accord est malheureusement tempéré, en raison de la persistance d’un certain nombre de menaces et de défis à relever ». Au centre de ces défis, note-t-il, figurent le terrorisme, le narcotrafic et toutes les autres formes de crime organisé dans la région sahélo-saharienne. Partant, Abdoulaye Diop, tout en réitérant la détermination du gouvernement malien à respecter les engagements qu’il a pris dans le cadre de l’Accord, a rappelé un certain nombre d’actions posées par les autorités maliennes en faveur de la paix et la réconciliation nationale. Celles-ci sont relatives aux réformes politiques et institutionnelles, la défense et la sécurité, la justice et l’action humanitaire, le développement économique, social et culturel, entre autres. Bakary SOGODOGO

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Commentaires (33)

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Naloma
Naloma 11 ans
Mes amis, nous avons deja discute' de ce sujet. Faisons tres attention sinon nous risquons de presenter les forces onusiennes sous une lumiere qui n'est pas bonne! Vous me permettrez de vous rappeler que les forces onusiennes presentes dans notre faso n'ont pas de role offensif. Elle peuvent se defendre si elles sont attaque'es mais la principale mission qu'elles ont est de ".... D'AIDER LE GOUVERNEMENT MALIEN A' STABILISER LE MALI, PROTEGER LES POPULATIONS, SURVEILLER LA SITUATION DES DROITS DE L'HOMME, FAVORISER LE DIALOGUE POLITIQUE NATIONAL ET LA RECONCILIATION NATIONALE, PROMOUVOIR LES DROITS DE L'HOMME ET AIDER AU RESPECT DU CESSEZ-LE-FEU ENTRE LES BELLIGERENTS." Je suis sure que le President IBK et le PM Modibo Keita qui ont tous deux occupe' le poste de ministre des Affaires Etrangeres du Mali, savent que les mots sont tres importants dans le domaines de la diplomatie! Nous savons que que nous avons les trafiquants de the', de sucre, de riz, des cigarettes et de la... COCAINE et les djihadistes qui continuent a' creer des problemes et qui ne veulent point de stabilite' au Mali. Est-ce que la mission des casques bleus au Mali doit etre adapte'e? TRES PROBABLEMENT!!!!!! Est-ce que l'ONU peut donner un role offensif a' ses casques bleus au Mali, sans que ces derniers ne soient considere's comme une nouvelle branche armee du gouvernement malien? J'EN DOUTE!!!! La marge de manoeuvre est tres reduite. On peut bien demander le genre de mission que les casques bleus en RDC ont mais les cas sont differents. Ce n'est pas facile de securiser un territoire de plus d'un million de kilometres carre's de surface et plus de 7 000 lm de frontieres. Que faut-il faire? Franchement, je ne sais pas exactement! La mission etant ce qu'elle est, doit etre respecte'e car on y trouve des elements tres positifs pour notre faso. Les reformes au sein des FAMAs doivent continuer pour les adapter a' 100% aux methodes de lutte contre le terrorisme international. D'ici la', je tends a' croire que nous devons continuer a' privilegier la piste du dialogue politique et celle des renseignements! AT THE END OF THE DAY, CE PROLEME EST MALIEN (BIEN VRAI QU'IL A UN ASPECT INTERNATIONAL), C'EST LA RESPONSABILITE' DU MALI DE LE RESOUDRE!!!!! ALLAH KA BE' SON HAKILI GNOUMAN NA!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
1FILSDUMALIBA
1FILSDUMALIBA 11 ans
Une bonne sortie de Mr. Diop Mais Je crois des 2 cotés le travail n'a pas été bien planifié et bien fait. Je ne peux pointer du doigt la Minusma avant notre propre gouvernement. Il est important de redefinir les partenariats et la mission de la Minusma. Pas exactement comme au Congo car les realites sont differentes mais donner plus de place a nos famas par exemple.
Gnama
Gnama 11 ans
La mission de l'ONU est une mission qui coûte extrêmement cher à notre pays. Il était donc important que le ministre s'exprime sur ce qui ne plait pas à nos autorités sur la conduite des soldats. C'est pourquoi je salue cette intervention devant les Nation Unis...
Chatou
Chatou 11 ans
Nous remarquons à certains moment que la minusma ne fait pas bien son travail. C'est pour cette raison que je félicite cette intervention du ministre Diop devant l'ONU pour plus de travail de la part de ses soldats.
Abdalah
Abdalah 11 ans
Nous ne voulons pas dire que la mission onusienne présente dans notre pays ne fait pas bien son travail. Mais nous souhaitons l'ONU revoie la mission de ses soldats pour qu'ils puissent agir promptement et efficacement pour un retour rapide à la paix
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