Pour la paix et la sécurité au Mali : Faut-il négocier avec Iyad Ag Ghali ?

11 Fév 2016 - 00:32
Mis à jour: 11 ans
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Pour la paix et la sécurité au Mali : Faut-il négocier avec Iyad Ag Ghali ?
Iyad Ag Ghali
L’attaque terroriste du 5 février 2016 à Tombouctou (4 morts, dont le Commandant Karim Niang) marque sans doute la volonté des réseaux terroristes de s’opposer par tous les moyens à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale signé en mai et juin 2015 à Bamako. Et face à l’enlisement du processus de paix et l’ampleur de l’insécurité au Mali, faut-il négocier avec des «terroristes maliens» ? C’est une option que certains acteurs de la classe politique et de la société civile malienne n’excluent plus. «Nous encourageons le chef de l’Etat à explorer le dialogue avec les djihadistes maliens pour stabiliser le pays», avait conseillé Tiébilé Dramé, président d’un parti d‘opposition et expert sur les questions de sécurité. Cette option est partagée par Mohamed Touré, Secrétaire général de la Coordination malienne des organisations démocratiques, qui préconise «une approche de lutte contre le terrorisme qui n’exclut pas la négociation avec Iyad Ag Ghali», dirigeant du groupe Ançar Dine, qui a revendiqué plus actes terroristes perpétrés ces derniers mois. «Il faut négocier avec lui, sans le favoriser», précise-t-il, d’autant plus que «la volonté réelle des Occidentaux de traquer Iyad» n’est pas certaine. «Pour la paix et la stabilité du Mali, nos dirigeants devraient être prêts à tout. Mais, le Mali n'est pas maître de son destin. Il ne peut pas décider unilatéralement de ramener Iyad dans le processus de paix», estime Abdourhamane Dicko, expert des questions de sécurité/développent dans le Sahel. «A regarder de près, Iyad n'est différent ni d’Algabass Ag Intalla ni de Hamada Ag Bibi (des responsables de la Coordination des mouvements de l’Azawad) qui circulent aujourd'hui librement au Mali malgré les crimes commis. Il n'y aura pas de paix durable tant qu'Iyad court», précise-t-il. Il reconnaît néanmoins qu’il est difficile d’intégrer le leader d’Ançar Dine au processus de paix tant qu'il ne fait pas lui-même «la démarche en se démarquant solennellement des organisations terroristes et en abandonnant les attaques terroristes». Pour l’ancien Premier ministre Moussa Mara, «les réseaux terroristes sont les mêmes que les réseaux mafieux et n’ont aucun intérêt à la stabilité du Mali». «Leur revendication officielle est d’instaurer la charia sur l’étendue du Mali voir de l’Afrique. Que peut-on négocier avec ceux-ci ? Quelles concessions peut-on leur faire et qui est compatible avec la République ?», s’interroge-t-il. «Pour moi ce n’est même pas un sujet à aborder», conclu M. Mara. Comme lui, le bloggeur malien Fousseyni Camara oppose «un non catégorique» à cette éventualité.  «La question qui me taraude l'esprit est de savoir sur quoi allons-nous négocier avec une organisation terroriste qui veut faire du Mali une République islamique ?». «Un pays souverain n'a pas vocation à violer régulièrement sa propre constitution chaque fois qu'un groupe armé prend les armes. Ceux qui gèrent actuellement les destinées du Mali doivent être conscients qu'un pays souverain ne doit pas tout accepter ni s'accommoder de tout au nom d'une hypothétique paix qui d'ailleurs ne s'obtient que si le pays est bien géré», soutient Camara. Pour cet intellectuel, la bonne gestion est «le remède le plus efficace». Et, ajoute-il, «si tous les groupes armés nous imposent leur volonté c'est parce que nous n'avons pas été capables de donner a notre armée les moyens de se battre». «Négocier avec Ançar Dine peut soulever d’autres problèmes dans la mesure où les relations sont tendues entre cette organisation de nombreuses composantes de la CMA, notamment le MNLA», admet le diplomate africain. «Est-ce que la paix rapporte plus à Iyad et ses combattants que le terrorisme ?», s’interrogent certains experts interrogés par Xinhua. «Je pense qu'Iyad Ag Ghali est plus attaché à Kidal qu'au Mali», répond Abdourhamane Dicko. «Il faut laisser Iyad continuer son chemin et trouver les moyens de l'empêcher de réaliser son dessein, donc le neutraliser et l’éliminer», défendent ceux qui pensent que négocier avec lui ne servira à rien. A noter que, sous la pression de la communauté internationale, le Mali a émis en février 2013 un mandat d’arrêt international contre Iyad Ag Ghali qui, ces derniers temps, a multiplié les menaces contre le processus de paix enclenché par l’Accord de paix et contre les intérêts de la France au Sahel. LA REDACTION (AVEC XINHUA)

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Commentaires (78)

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N'Golo de Ségou
N'Golo de Ségou 11 ans
" Faut-il négocier avec Iyad ? " :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: A mon avis, j’estime qu’aucune discussion n’est envisageable avec ce bandit d’Iyad Ag car il a refusé de prendre part à la signature des accords d’Alger. Cependant, je préconise la force pour débusquer cet ennemi de la paix. Cela pourra se réaliser si et seulement si, l’accord de paix est appliqué à la lettre par tous les acteurs. Par conséquent, j’appelle toutes les parties prenantes à s’y engager à fond pour le retour définitif et durable de la paix.
Soundjata
Soundjata 11 ans
Pour ma part, je pense qu’il faut compter sur l’accord d’Alger car il est le moyen de sortie de crise même s'il n’est pas parfait. Malgré quelques petites poches de résistance, il faut croire en cet accord. Je recommande aux acteurs de cet accord à accélérer la procédure de mise en oeuvre pour que nous retrouvions la paix.
Mandé Diarra
Mandé Diarra 11 ans
C’est évident et ça l’a toujours été, Iyad s'est toujours montré hostile à cet accord dont il a boudé. Donc, pas question de négocier avec ce sanguinaire. Ceci est un appel à l’endroit du peuple Malien, j’aimerais qu’il s’approprie cet accord et accompagne les acteurs dans ce processus. Ainsi, nous retrouverons la paix tant attendue.
Mouniratou Fall
Mouniratou Fall 11 ans
Je pense que nous devrions être fort afin de barrer la route aux ennemis de la paix au Mali notamment Iyad dont son intention d’entraver le processus de paix n’a jamais fléchi. A l’unisson et à l’effort conjugué de tous c’est-à-dire le gouvernement, les partis politiques, la CMA, la plate Forme et la population, nous pourrons parvenir à une application stricte de l’accord d’Alger qui favorisera la paix et la réconciliation tant souhaitée.
Huther
Huther 11 ans
Je pense à mon modeste avis que la paix tant souhaité ne saurait arriver que si nous nous donnions les moyens pour y parvenir. Cependant, pour y parvenir, toutes les parties signataires de l’accord de paix devraient y mettre du cœur dans sa mise en œuvre en combattant tous contre les ennemis de la paix en l’occurrence Iyad Ag. Lorsque l’on unit étroitement ces deux mots : paix et liberté. La paix nous donnera la liberté ; la liberté nous donnera la paix, et, par surcroît, la paix et la liberté donneront à tout le monde l’ordre, le travail et le bien-être. C’est par le maintien de l’ordre quand même qu’il faut assurer le triomphe de la liberté et le châtiment de l’impuissance. VIVE LA PAIX AU MALIBA ! :!: :!: :!:
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