Chronique : Manipulations médiatiques

Nous vivons désormais dans un monde dans lequel celui qui contrôle les algorithmes contrôle le récit. Celui qui contrôle le récit contrôle l’opinion publique. Et celui qui contrôle l’opinion publique détient le pouvoir politique. Un monde dans lequel les manipulations médiatiques sont devenues une redoutable arme de guerre.

24 Nov 2025 - 09:20
Mis à jour: 11 mois
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Chronique :  Manipulations médiatiques
Salif Sanogo

Flash-back. En décembre 1989, l’image de cadavres nus, alignés dans la boue d’un cimetière de Timisoara, en Roumanie, prétendument exhumés du « faux charnier » de cette ville tristement célèbre, provoqua un emballement médiatique ayant abouti à l’arrestation et l’exécution du président Nicolae Ceausescu et son épouse. Et c’est après ce tragique évènement que les Roumains ont compris avoir été victime d’une des toutes premières campagnes de grande échelle de déstabilisation médiatique.

La manipulation (par production, rétention ou déformation) est aussi vieille que l’information, c’est-à-dire que la vie en société, puisqu’elle lui est consubstantielle. Elle est partie prenante des ruses de guerre, qui ont toujours existé. Il nous semble préférable, car plus inclusif, d’utiliser le terme générique de « manipulation » qui est délibérée (elle suppose l’intention de nuire) et clandestine (ses victimes en sont inconscientes). Ici, nous nous intéressons aux manipulations de l’information cumulant trois critères : une campagne coordonnée, de diffusion de nouvelles fausses ou sciemment déformées, avec l’intention politique de nuire.

Avec la viralité des TIC, ce sont désormais les algorithmes qui déterminent quels messages, donc quelles informations apparaissent dans le flux d’actualités des utilisateurs de réseaux sociaux. Il ne faut pas longtemps pour façonner l’opinion publique à l’aide de ces algorithmes ciblés. Et une fois que le mal est fait, il peut être extrêmement difficile, voire impossible, de revenir en arrière, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour les pays ciblés par exemple.

Ces derniers temps, il y a eu un déferlement médiatique contre le Mali. Et tous les grands médias y sont allés de leurs commentaires sur une prochaine chute de Bamako. Cela ne va pas sans rappeler ce qui s’est passé en novembre 2021. A cette période, les mêmes médias avaient annoncés la chute de Addis Abeba. Selon eux, la capitale éthiopienne étaient dans la ligne de mire des rebelles du Tigré. Des informations qui ont provoqué le départ de nombreux diplomates et ressortissants étrangers. A l’arrivée, le lugubre scénario a fait chou blanc.

Ironie de l’histoire, c’est de cette pratique de guerre informationnelle dont se sert de nombreux groupes terroristes. En effet, les opportunités offertes par la sphère virtuelle pour mener des opérations de terreur avaient déjà été reconnues par Al-Qaïda. En 2005, Ayman al-Zawahiri déclarait : « Nous sommes dans une bataille, et plus de la moitié de cette bataille s’effectue dans les médias. Dans la bataille médiatique, nous luttons pour conquérir les cœurs et les esprits de notre Oumma (la communauté musulmane)». Dix ans plus tard, le Geneva Centre for Security Policy estimait que la campagne de Daech sur les médias sociaux lui avait permis d’attirer plus de 18 000 soldats étrangers, venant de plus de 90 pays.

Soyons conscients d’une chose, la désinformation exploite une paresse intellectuelle naturelle, qui consiste à ne pas exercer son esprit critique de manière systématique, et à relayer des propos naïvement sans chercher à les étayer par des preuves. Soyons donc vigilants et gardons-nous de relayer mécaniquement certaines informations qui, une fois diffusées, peuvent jouer sur le reflexe cognitif de nombreuses personnes, en créant un climat de peur et de désorganisation.

Salif SANOGO

 

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Commentaires (2)

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Mushika sports
Mushika sports 10 mois
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sangare
sangare 11 mois
La manipulation de l'information est une tactique de guerre. Il faut en être conscient afin de pouvoir la contrer. LE MALI, EN TANT QUE PAYS, N'A PAS D'ENNEMIS. Cette nuance précisée évite de poser de mauvais diagnostics, donc de proposer de mauvaises solutions. CE SONT LES TENANTS DU POUVOIR QUI ONT DES ENNEMIS!!! Toute la manipulation est étalée pour provoquer leurs départs du sommet de l'Etat. Leurs ennemis sont d'abord les maliens. Il faut rappeler qu'ils ont assassiné un ancien chef de gouvernement, emprisonné des leaders d'opinion, obligé d'autres à suivre le chemin de l'exil. EN SE POSITIONNANT CONTRE LE PROCESSUS DÉMOCRATIQUE ENTAMÉ EN MARS 1991,ILS SONT LES ENNEMIS DU PEUPLE MALIEN QUI A PAYÉ LE LOURD SACRIFICE CONTRE LA DICTATURE MILITAIRE. Il est clair et net que l'ennemi de mon ennemi est mon ami. Autant les tenants du pouvoir sollicitent la solidarité internationale pour faire face aux défis qui les dépasse, autant les leaders politiques en font de même pour dégager les ennemis du peuple malien du sommet de l'Etat. Manipuler l'information fait partie du combat d'autant que les CRIMINELS RÉCIDIVISTES PUCHISTES au sommet de l'Etat du Mali se servent de l' ORTM pour manipuler le peuple malien à croire à des inepties. QUI DES DEUX CAMPS DÉFENDENT RÉELLEMENT LE MALI? Quand on s'oppose au POUVOIR DU PEUPLE PAR LE PEUPLE POUR LE PEUPLE, on a décidé de défendre des intérêts mafieux contre l'intérêt général. Pour gagner contre les USURPATEURS au sommet de l'Etat du Mali, il faut se servir de l'information manipulée par les tenants du pouvoir pour faire croire à la population que le pays est sur le bon chemin. Pour rendre crédible l'information contre celle manipulée des tenants du pouvoir, il faut la matière. La matière, ce sont les camions brûlés par les JIHADISTES. La matière, c'est la communication non maîtrisée du chef puchiste quand il ose dire aux maliens de limiter leurs déplacements. Ces éléments sont à l'origine des décisions prises par les pays occidentaux. Il faut rappeler que la Russie, alliée des puchistes, fait partie des pays qui ont dit à leurs ressortissants de quitter le Mali. La guerre de communication est entrain d'être gagnée par les REPRÉSENTANTS DU PEUPLE MALIEN qui ont décidé de mener bataille contre les USURPATEURS d'une manière clandestine comme ça l'a été contre la DICTATURE MILITAIRE des officiers subalternes du 19 novembre 1968. Effectivement " celui qui contrôle les algorithmes contre le récit,Celui qui contrôle le récit contrôle l'opinion publique. Et celui qui contrôle l'opinion publique DÉTIENT LE POUVOIR" LE PEUPLE MALIEN VEUT SON POUVOIR. Ceux qui ont décidé de l'incarner comme l'ont fait IBRAHIM LY ET SES CAMARADES contre les officiers subalternes du 19 novembre 1968 sont aidés par la communauté internationale. Depuis 2021,l'opinion publique malienne est contrôlée par les USURPATEURS aidés par un homme politique, CHOGUEL MAIGA, thuriféraire de la DICTATURE MILITAIRE qu'ils ont fini par éjecter. La bataille de l'information doit être menée. Elle sert la cause du peuple malien contre les USURPATEURS. C'est eux qui agissent contre le Mali.
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