47ᵉ congrès Ouest-africain de pharmacologie à Abidjan : Innovation et Souveraineté du secteur au cœur des échanges

Les travaux du 47ᵉ Congrès de la Société ouest-africaine de pharmacologie (SOAP) ont été officiellement lancés ce mardi 13 octobre 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

15 Oct 2026 - 09:15
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47ᵉ congrès Ouest-africain de pharmacologie à Abidjan :    Innovation et  Souveraineté du secteur   au cœur des échanges

Couplée à la 2ᵉ Journée nationale de pharmacologie et de pharmacovigilance, cette rencontre, réunit des chercheurs, des experts et des professionnels de santé de plusieurs pays africains autour des défis de la recherche pharmaceutique.

Animé sur le thème: « Innovation et défis en pharmacologie en Afrique de l’Ouest »,   cette  47ème édition rassemble   des  experts de Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Mali, du Burkina Faso, autour des discussions portant sur la découverte de nouvelles molécules, l’innovation thérapeutique, l’intelligence artificielle et la lutte contre les médicaments de qualité inférieure et falsifiés. Au-delà des avancées scientifiques, les participants entendent renforcer les capacités de recherche et contribuer à la souveraineté pharmaceutique du continent.

Médecine traditionnelle et recherche scientifique : un rapprochement nécessaire

Selon la professeure Geneviève N’Guessan-Irié, présidente de la Société ivoirienne de pharmacologie et de thérapeutique, la recherche pharmaceutique doit aussi s’appuyer sur les connaissances issues de la médecine traditionnelle. Elle plaide pour une collaboration plus étroite entre les détenteurs de ces savoirs et la communauté scientifique.

« Nous devons favoriser une collaboration entre les détenteurs des savoirs traditionnels et la communauté scientifique. Il s’agit de valoriser nos connaissances ancestrales, tout en respectant les exigences de validation scientifique et de sécurité des patients », souligne-t-elle.

Cette approche vise à mieux valoriser les ressources et les connaissances locales, sans faire l’impasse sur les exigences d’efficacité, de qualité et de sécurité des traitements.

Médicaments falsifiés : un défi de santé publique

La qualité et la sécurité des médicaments constituent un autre enjeu majeur. La circulation de produits de qualité inférieure ou falsifiés, notamment sur les marchés informels, expose les populations à des risques sanitaires importants.

Face à ce phénomène, la professeure Geneviève N’Guessan-Irié appelle à une action coordonnée. Elle souligne la responsabilité des professionnels de santé et des forces de l’ordre dans la surveillance et le contrôle du circuit de distribution. Elle relève également le manque de données exhaustives, qui complique l’évaluation précise de l’ampleur du phénomène.

La lutte contre les médicaments falsifiés exige ainsi un renforcement des contrôles, une meilleure coordination des acteurs et des mécanismes de surveillance plus efficaces.

 Miser sur la recherche et la jeunesse

La recherche et l’innovation occupent également une place centrale dans les travaux. Conseillère technique auprès du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, chargée des sciences et de la santé, la professeure Yolande Koffi Yagne appelle à une mobilisation accrue des étudiants et des jeunes chercheurs.

« Nous devons encourager les jeunes à s’investir davantage dans la recherche scientifique. Notre ambition doit être de développer une science africaine capable de répondre aux besoins des populations, de stimuler les collaborations et de transformer les connaissances en solutions concrètes », affirme-t-elle.

Le programme scientifique s’articule autour de trois axes majeurs. La première porte sur la recherche et la découverte de médicaments, notamment à l’aide de l’intelligence artificielle. Le deuxième concerne l’innovation thérapeutique. Le troisième est consacré à la pharmacogénétique, une discipline qui étudie l’influence des variations génétiques sur la réponse des patients aux médicaments.

Des panels animés au cours de cette semaine par des experts de la sous-région doivent permettre d’approfondir ces thématiques et de favoriser le partage d’expériences entre chercheurs et professionnels.

Souveraineté pharmaceutique : développer la production locale

Au-delà de la recherche, la capacité de production pharmaceutique constitue un enjeu stratégique pour l’Afrique. Pour le parrain de cette édition, le Dr Assane Coulibaly, la forte dépendance du continent aux médicaments importés fragilise les chaînes d’approvisionnement et souligne la nécessité de développer des capacités industrielles locales.

« Notre forte dépendance aux médicaments importés fragilise nos chaînes d’approvisionnement. Nous devons engager une réflexion approfondie sur le développement de capacités de production locales afin de réduire cette dépendance et de mieux répondre aux besoins de nos populations », déclare-t-il.

Le Dr Coulibaly met également en garde contre les conséquences du commerce illicite et de la falsification des médicaments.

« Ces pratiques compromettent les efforts de santé publique et peuvent mettre en danger la vie des patients. La sécurisation du circuit de distribution et le renforcement des mécanismes de contrôle apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour garantir la qualité des produits pharmaceutiques », conclut-il.

De la recherche à l’accès aux médicaments

À travers ce congrès, les acteurs de la pharmacologie ouest-africaine entendent faire de la recherche un levier de réponse aux besoins sanitaires du continent.

La découverte de nouveaux traitements, la valorisation encadrée des savoirs traditionnels, la lutte contre les médicaments falsifiés et le développement de la production locale figurent parmi les principaux défis à relever.

L’objectif est de renforcer les capacités scientifiques et industrielles de l’Afrique, de réduire sa dépendance aux importations et de garantir aux populations un accès à des médicaments sûrs, efficaces et de qualité.

 

Une correspondance d’Oumar KOITA depuis Abidjan

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