Adama Sangaré : « J’ai agi sur instruction d’Ibrahim Boubacar Keïta et je ne reconnais pas du tout les accusations »
L’ancien maire du district de Bamako, Adama Sangaré, jugé devant le Pôle national économique et financier, a catégoriquement rejeté, mardi, les chefs d’accusation d’atteinte aux biens publics, de faux et usage de faux, de détournement frauduleux, de malversation financière et de complicité. Il affirme avoir agi sur instruction de l’ancien président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.
Le procès dit de l’affaire du morcellement de plusieurs centaines de parcelles dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou, impliquant l’ancien maire du district de Bamako et huit coaccusés, continue de défrayer la chronique à Bamako. Au deuxième jour de l’audience devant la chambre criminelle du Pôle national économique et financier, le principal accusé, Adama Sangaré, a pris la parole pour nier les faits qui lui sont reprochés. « Je comprends difficilement les chefs d’accusation. Je ne reconnais pas du tout ces chefs d’accusation », a déclaré l’ancien maire.
Rejetant les accusations portées contre lui, il a également affirmé n’avoir détourné aucun centime des fonds visés par les poursuites. Dans ses réponses aux juges, l’ancien maire a soutenu avoir agi sur la base d’un « ordre verbal » de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, qui lui aurait donné le feu vert pour intervenir dans la zone aéroportuaire. « J’ai agi sur instruction d’Ibrahim Boubacar Keïta », a-t-il déclaré. L’ancien président de la République n’étant plus en vie, il ne peut ni confirmer ni infirmer les propos de l’ex-maire.
Auparavant, la chambre criminelle du Pôle national économique et financier s’était prononcée sur les exceptions d’incompétence soulevées par la défense à l’ouverture du procès. La juridiction a rejeté l’ensemble de ces exceptions, les jugeant mal fondées. L’affaire des parcelles de la zone aéroportuaire avait déjà suscité de vives réactions au sein des autorités maliennes. Lors d’un débat sur le Plan d’action du gouvernement devant le Conseil national de transition, l’ancien Premier ministre Moctar Ouane avait annoncé des sanctions administratives et pénales contre les agents de l’État et les fonctionnaires des collectivités impliqués dans la délivrance de permis d’occuper ou de lettres d’attribution sur le domaine aéroportuaire. Il avait alors rappelé que ce domaine relève du domaine public de l’État et qu’il est, à ce titre, inaliénable. Les mesures annoncées pouvaient aller de l’abaissement d’échelon à la révocation des agents reconnus fautifs, selon les responsabilités établies.
Élu à la tête de la mairie du district à l’issue des élections communales de 2009, Adama Sangaré est resté plus de dix ans à la tête de cette collectivité territoriale. Les dernières années de son mandat ont été marquées par plusieurs affaires judiciaires liées à sa gestion. Il a été placé sous mandat de dépôt à deux reprises dans des dossiers distincts, avant l’ouverture de la procédure relative au morcellement des parcelles dans la zone aéroportuaire. Le procès se poursuit devant la justice malienne afin que les faits reprochés aux accusés soient examinés et que les responsabilités éventuelles soient établies.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net
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