L’Érythrée rompt ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie
L’Érythrée rompt ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie en réponse aux actions d’Addis-Abeba, qui a fermé son ambassade à Asmara et déclaré dix diplomates érythréens persona non grata. C’est ce qui rapporte d’une déclaration du ministère érythréen des Affaires étrangères, publiée le 1er octobre.
« L’Érythrée fait preuve de patience et de retenue dans l’espoir de prévenir une escalade dangereuse. Cependant, dans les circonstances actuelles, l’Érythrée n’a pas d’autre choix que de répondre de la même manière et de rompre toutes les relations diplomatiques avec l’Éthiopie, avec toutes les conséquences négatives qui en découlent », a déclaré le ministère des Affaires étrangères du pays.
En outre, le ministère affirme que l’Éthiopie héberge, entraîne et approvisionne en armes sur son territoire des « groupes d’opposition armés érythréens afin d’attiser un conflit interne et d’obtenir un changement de régime en Érythrée ».
« Depuis trois ans, l’Éthiopie mène une politique d’hostilité incessante — en substance, une guerre ouvertement déclarée — contre l’Érythrée, cherchant à “s’assurer un accès souverain à la mer” par l’invasion des ports et des zones côtières souverains érythréens », indique le communiqué.
Le 1er octobre également, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara en réponse à des « actes directs et indirects d’hostilité et d’agression de la part de l’Érythrée ». Selon le ministère, les diplomates déclarés persona non grata participent à des activités « représentant une menace directe pour la sécurité nationale de l’Éthiopie, en violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques ».
« Ces diplomates sont tenus de quitter l’Éthiopie dans les 48 heures. L’Éthiopie appelle instamment le gouvernement érythréen à cesser toute action contraire aux principes régissant les relations entre États souverains », a indiqué le ministère.
Le ministère a également souligné qu’il accordait la priorité à la « coexistence pacifique, à la stabilité régionale et à l’intégration ».
Après la proclamation de l’indépendance de l’Érythrée en 1993, l’Éthiopie a perdu l’accès aux ports, notamment au stratégique Assab, et dépend depuis lors presque entièrement de Djibouti pour son commerce extérieur.
En octobre dernier, l’Éthiopie a demandé la médiation de la Russie, de la Chine, des États-Unis, de l’Union européenne et de l’Union africaine pour régler son différend avec l’Érythrée sur l’accès à la mer. Le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, a critiqué les déclarations d’Addis-Abeba sur le droit d’accès à la mer.
En février de cette année, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a accusé l’Érythrée de participation à des massacres de populations civiles lors des opérations militaires dans la région du Tigré.
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