Mise en place des autorités intérimaires : Gao rejette le décret et met en garde le gouvernement

20 Oct 2016 - 01:11
Mis à jour: 10 ans
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Mise en place des autorités intérimaires :   Gao rejette le décret et met en garde le gouvernement
Gao: Un mort et cinq blessés dans une marche contre les autorités intérimaires
C’est par un décret pris en session extraordinaire du Conseil des ministres du vendredi 14 octobre 2016 que le gouvernement a officiellement autorisé l’installation des autorités intérimaires. Si dans toutes les régions concernées la question suscite encore des remous et des supputations, à Gao, le mouvement de résistance de la société civile dénonce une gestion unilatérale du dossier et met en garde le gouvernement et la Communauté internationale  contre toute installation des autorités intérimaires sans une concertation préalable de la population de Gao. L’on se rappelle que les jeunes de Gao avaient violemment protesté contre cette mesure découlant de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Ils avaient organisé une manifestation qui avait été violemment réprimée en son temps, occasionnant même des pertes en vies humaines. A l’annonce de la mise en œuvre de la mesure  le vendredi dernier, c’est le mouvement de résistance de la société civile de Gao qui a mis le pied dans le plat à travers un communiqué, le rejetant autant sur la forme que dans le fond. Le mouvement, dans son communiqué, a été on ne peut plus clair : « la liste des représentants des autorités intérimaires a été constituée sans consultation préalable de la société civile de Gao et à ce titre, nous, mouvement de résistance de la société civile de Gao, rejetons avec la plus grande fermeté cette liste sélective et non consultative. Nous avons toujours réclamé qu’il faut œuvrer pour la consultation. Le point de vue de nos populations doit être au centre de toutes les actions qui concourent à une paix durable. A cet effet, le mouvement de résistance de la société civile demande à l’Etat, à la Plateforme de reconsidérer leur position par rapport à la liste proposée pour les autorités intérimaires en prenant en compte les mouvements de résistance civils et les femmes qui n’ont pas été associés à cette liste ». Voilà de quoi remettre de l’huile sur le feu. Si l’on sait que des responsables de ces mouvements nous ont confié qu’ils ne céderont jamais devant une telle proposition. Pendant les manifestations de Gao, que certains ont qualifiées de massacre, la jeunesse a crié à la trahison et au complot. «Nous ne sommes pas d’accord avec les autorités intérimaires. Ceux qui ont volé le pays ne peuvent pas revenir nous imposer leur loi. La situation qui prévaut  à Gao est l’une des conséquences de l’accord signé par le gouvernement. Nous condamnons l’inaction du Président IBK face à la dégradation de la situation du pays. Il faut une réappropriation nationale et démocratique du processus de sortie de crise et un redéploiement des autorités nationales légales et légitimes sur l’ensemble du territoire malien. Nous invitons les forces vives de la nation à rester vigilantes face au complot de partition du Mali dont l’accord n’est qu’une étape. IBK doit comprendre que la résistance ne fera pas défaut  face aux ennemis de notre pays», avait indiqué Moussa Boureima Yoro, le président des Mouvements de résistance civils. Suite à leur communiqué cité ci-dessus, son langage n’a pas changé. Il nous confie au téléphone: « le sens de notre combat vise juste à dire non aux autorités intérimaires. Car nous ne sommes pas d’accord que des aventuriers, des bandits armés qui ont toujours les armes conduisent les destinées de nos populations. Maintenant si l’on dit que c’est une disposition de l’Accord, alors que ces autorités intérimaires soient issues des populations autochtones et qui partagent le même destin que les populations. Il faut qu’on soit associé, que l’on soit consulté ou bien qu’on renonce à cette mesure. C’est la seule condition pour qu’on puisse accepter. Après les événements de Gao, on nous a fait des promesses qui n’ont jamais été respectées. Une chose est sûre : on est prêt comme d’habitude à aller jusqu’au bout de notre action. Jusqu’à ce que l’Etat décide de nous prendre au sérieux. Mais pour l’instant, nous sommes en consultation avec d’autres organisations de la société civile pour accorder nos violons dans la perspective où on ne serait pas écouté.» Voilà une situation qui n’est pas faite pour arranger les choses, sachant bien que les jeunes de Gao ont une particularité, celle de ne jamais lâcher prise. Ils l’ont prouvé à plusieurs reprises. Et surtout lorsque le leader Moussa Boureima Yoro affirme: «on est prêt à aller jusqu’au bout au prix de notre sang. Si on n’a pas eu peur lors de l’occupation, il n’y a pas de raison que nous ayons peur aujourd’hui. Notre combat est noble et nous sommes déterminés.» Du coté de l’Etat, aucun mot n’est pipé sur la situation, quand bien même que les préoccupations du mouvement de résistance civile lui soient parvenues. Car le gouvernorat de Gao est ampliateur du communiqué. En attendant de voir la réaction du gouvernement, force est de reconnaitre qu’il y a péril en la demeure quant à l’installation des autorités intérimaires, du moins à Gao. Harber MAIGA

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Commentaires (32)

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Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 10 ans
Les mouvements de résistance de GAO n’ont pas dit qu’ils ne veulent pas des autorités intérimaires mais ils rejettent la liste qui été établie sans consensus et sans intégration des représentants des communautés, des jeunes et des femmes de la région de GAO. Bonjour, Chers frères/sœurs, ce sont les autorités intérimaires qui vont nous permettre de mettre en place ou de contribuer au renforcement des services de base, de mettre en place le MOC (Mécanisme Opérationnel de Coordination) pour les aspects sécurité et d’organiser, en liaison avec la CENI, les élections communales et, plus tard, les régionales. Elles permettront aussi la préparation du retour, la réinstallation et la réinsertion des réfugiés et des populations déplacées, dont certains, feront partie des autorités intérimaires de la région ou de la commune. Autrement, comment voulez-vous qu’on fasse ? Les autorités intérimaires seront mises en place à travers la loi déjà promulguée, un décret (conditions) d’application de cette loi et le protocole d’entente entre parties prenantes pour la mise en place des autorités intérimaires. Ce que beaucoup de gens oublient, ce sont les ressortissants (membres de la Société civile dont des réfugiés Maliens de retour) de telle ou telle région ou de telle ou telle commune mais aussi les agents des services déconcentrés de l’État et les conseillers sortants, qui feront partie des autorités intérimaires. Ce ne sont pas, comme c’était dit dans une certaine presse au début, les membres de la CMA, de la plateforme et du gouvernement, qui feront partie de ces autorités intérimaires. Détrompez-vous. Le processus d’entente a mis tout ça au clair. Le dernier conseil extraordinaire des ministres, du 14 octobre 2016, a rappelé tous ces éléments. Seuls des conseillers spéciaux de la CMA et de la Plateforme sont nommés auprès du représentant de l’État dans la région ou dans la commune. LES MOUVEMENTS DE RÉSISTANCE CIVILE DE GAO VIENNENT DE REJETER LA LISTE DES AUTORITÉS INTÉRIMAIRES MAIS PAS L’ACCORD DE PAIX NI SA MISE EN ŒUVRE DONT LA MISE EN PLACE DES AUTORITÉS INTÉRIMAIRES. Certains croyaient que les jeunes de GAO avaient rejeté les autorités intérimaires. Les jeunes de GAO avaient, eux-mêmes, contredit ce qui avait été dit concernant leur rejet des autorités intérimaires. La preuve est que : (1) lors de la rencontre avec les autorités Maliennes (l’équipe gouvernementale), ils ont dit qu’ils souhaitent être impliqués dans la mise en œuvre de l’accord en particulier dans le DDR et les autorités intérimaires, (2) De même, lors du séminaire que l’ONG TILWAT International a organisé à GAO, du 12 au 15 AOUT 2016, que j’ai animé, les participants, incluant des jeunes et cinquante officiers et militaires de rang des forces armées maliennes, ont confirmé qu’ils soutiennent l’accord de paix et souhaitent être impliqués dans le DDR et les autorités intérimaires, voir le bilan de ce séminaire sur Maliweb à l’adresse : https://www.maliweb.net/contributions/bilan-seminaire-international-de-gao-engagement-modernisation-de-larmee-1822062.html (3) Ils souhaitent le démarrage du DDR et des autorités intérimaires au plus tôt. Entendons-nous sur la base de l’accord de paix en interprétant convenablement son contenu. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA Expert TIC, Gouvernance et sécurité TEL 00223 95 58 48 97
kone86
kone86 10 ans
Bonsoir à tous et à toutes Je soutiens entièrement la décision de ce mouvement de résistance qui n'aime qu'un Mali un et indivisible.Nos autorités ne voient que leur pouvoir rien d'autre sinon comment comprendre que dans un pays souverain et sérieux peut avoir deux types d'autortés. On parle d'autorité transitoire s'il n'y a pas un gouvernement légitime, mais ces gens(CMA) ne veulent pas notre gouvernement veulent crée le leur et notre incapable gouvernement les laisse faire.Les autorités actuels oublient et ignorent la langue fourchie de ce fameux CMA qui veulent à tout prix dirigé Gao et Tombouctou et ce fameux torchon dit l'accord d'Alger veut les favorisé cela en minimisant la conséquence, tout le monde sait que si ces gens parviennent à réaliser ce rêve, 18 mois à 24 ne vont jamais cedé.Le gouvernement favorise la partition du pays car le temps accordé pour ce fameux autorités intérimaires sera prolongé advinez la suite, moi à mon avis finira par féderalisme ou séparation vive la république et toute mes soutiens à ces jeunes de Gao!
Zole
Zole 10 ans
Pour que le Mali puisse 3nfin sortie de cette crise je pense que la mise en place des autorités intérimairesanitaires est plus que salutaire. La population de Gao doit garder confiance au gouvernement et faire des sacrifice ou ce pays.
L\'AVOCAT
L\'AVOCAT 10 ans
Gao n'étaient même pas concerné par cette décision et même si c'était le cas leur devoir c'est de se mettre avec ses autorités intérimaires pour les facilités le travail!
Pkagame
Pkagame 10 ans
C'est toujours le dos ceux qui aiment ce pays, qui payent les impôts qu'on favorisent ces bandits de la CMA.... je ne dis pas ça pour saboter la paix, mais ça fait mal au cœur de voir tout ce qu'on est en train de faire pour favoriser les criminels de la CMA!!! C'est dès le début qu'il faut imposer un sens d’équité et de la justice si l'on est sincère pour une paix viable!
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