ACTE DE DECES DE LA DEMOCRATIE MALIENNE : L’ex-base aérienne abrite les obsèques

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Le Mali ne peut plus être géré avec ruse et compromission. En 2002 notre pays, qui était débout et en mouvement, venait de relever un défi, celui de l’organisation d’une des Coupes d’Afrique des Nations (CAN) les plus réussies, avec une jeunesse enthousiaste, pleine d’espoir et de confiance.

Comment se porte aujourd’hui le Mali ? Mal, mal et mal! Le chômage, l’absence de perspectives d’avenir, la précarité, la pauvreté etc. ont tué tout espoir chez les citoyens. Et l’apparente accalmie politique et syndicale n’est que la conséquence de la corruption par le régime de certains syndicalistes, journalistes et leaders politiques et de l’AEEM (Association des Élevés et Étudiants du Mali) qui émargent à la Présidence de la République, à la Sécurité d’État et au Ministère de l’Éducation Nationale.

Suite à la déception créée par les leaders politiques, nous invitons la jeunesse malienne à jeter les bases du renouvellement de la classe politique d’une autre époque qui craint la compétition politique… cette classe politique qui préfère la prostitution politique au combat courageux et noble pour la conquête et l’exercice du pouvoir.

Nous invitons tous les militaires qui ne sont pas compromis et qui refusent la délation tout en restant des hommes d’honneur, les policiers, gendarmes, douaniers, enseignants, magistrats, opérateurs économiques privés, les exclus, les frustrés, les déçus du système ATT, tous les hommes et femmes compétents, patriotes et incorruptibles à se mobiliser pour l’avènement d’un autre Mali. Majoritaires, nous n’avons pas le droit d’abdiquer pour l’amour de notre pays et par devoir de génération.

S’il est vrai qu’en 1991 l’arrivée de ATT au pouvoir était perçue comme une providence, il est aussi vrai aujourd’hui que son départ du pouvoir permettra de redonner un second souffle à la démocratie malienne qui ne mérite pas d’être prise en otage par des méthodes dignes d’un régime stalinien. Cela, au moment où notre pays assure la présidence de la Communauté des Démocraties. Ce qui exige le respect de la déclaration dite de Varsovie, du Plan d’Action de Séoul et de l’Engagement de Santiago.

14 formations créent l’Alliant pour la Démocratie et le Progrès (ADP)

ADEMA, BDIA-FASO JIGUI, CNID, MIRIA, MPR, PCR, PDR, PIDS, PSP, RND, UDD, UMP, URD US-RDA décident dans une plate-forme de rallier le camp présidentiel. Décidement, les démocrates n’ont plus honte de perdre leur honneur en politique. Le général Amadou Toumani Touré avait dit haut fort qu’il n’avait besoin de parti politique, celui qui veut se faire élire, passe par les partis politiques. C’est tout a fait le contraire qui se passe aujourd’hui. C’est lui Amadou, qui, pour se faire réélire, fait appel aux partis politiques et cela à travers une plate-forme dans laquelle 14 formations politiques se sabordent.

Avouons que cette plate-forme signée est l’acte de décès de la démocratie. Les obsèques ont eu lieu à l’ex-base aérienne. L’oraison funèbre pronnoncée par le Younoussi Touré a enregistré la présence 14 nostalgiques du parti unique. Dès lors, celui qui avait laissé entendre qu’il faut éviter à tout prix le retour des militaires au pouvoir en Afrique n’avait-t-il pas raison ? Un retour à la case départ : le parti unique de droit.

Amy Sanogo

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