Migration : plus de 27 800 Maliens ont bénéficié d’un retour volontaire depuis 2022
Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mosa Ag Attaher, a présidé jeudi la troisième réunion du Comité de pilotage du Programme de protection, de retour et de réintégration des migrants en Afrique subsaharienne (MPRR-SSA).
La rencontre s’est tenue en présence du chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Mali, Dr Boubacar Seybou, et du chef de la délégation de l’Union européenne au Mali.
Dans son intervention, Mosa Ag Attaher a rappelé que le Mali est à la fois un pays d’origine, de transit, de destination et de retour. Dans ce contexte, il a appelé à une gouvernance migratoire concertée, respectueuse de la dignité et des droits des personnes et adaptée aux priorités nationales. Pour le ministre, le retour des migrants ne doit pas constituer une fin en soi. Il doit ouvrir la voie à une réintégration durable, notamment pour les personnes confrontées à des parcours difficiles, marqués parfois par des pertes matérielles, des ruptures familiales ou des traumatismes. L’accompagnement doit ainsi se poursuivre au-delà de l’accueil à l’arrivée et de l’aide ponctuelle. Cette réintégration doit notamment prendre en compte les besoins psychosociaux, l’accès aux services essentiels, la formation professionnelle et l’accès à un emploi ou à une activité économique viable. Une attention particulière doit être accordée aux personnes vulnérables, avec l’implication des familles, des communautés et des collectivités territoriales.
Depuis 2022, le programme MPRR-SSA a soutenu le retour de 1 518 migrants en transit au Mali et facilité le retour volontaire de plus de 27 800 migrants maliens. Il a également appuyé plus de 14 000 projets de réintégration économique, 10 000 formations professionnelles et près de 19 000 assistances psychosociales. Ces interventions ont notamment été mises en œuvre à Bamako, Kayes et Gao. Mosa Ag Attaher a toutefois estimé que ces chiffres ne suffisent pas, à eux seuls, à mesurer l’efficacité des actions engagées. Il a plaidé pour un suivi des bénéficiaires dans la durée afin d’évaluer la pérennité des activités créées, la stabilité des revenus et la réinsertion des migrants au sein de leurs familles et communautés. nLe ministre a également appelé à la mise en place d’indicateurs permettant de mesurer le maintien des activités économiques, l’accès effectif aux services et la qualité de la réintégration. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les services de l’État, les collectivités territoriales, l’OIM et les autres partenaires.
L’UE appelle à lutter contre les réseaux de trafiquants
De son côté, le chef de la délégation de l’Union européenne au Mali a mis l’accent sur les risques liés aux routes migratoires irrégulières, tout en soulignant l’apport des migrants dans les pays de départ et d’accueil. Il a notamment évoqué les drames survenus sur les routes migratoires pour rappeler les risques auxquels sont exposées les personnes qui empruntent ces itinéraires. « Les tragédies comme celle de Ceuta cet été, où plus d’une centaine de personnes ont péri, nous le rappellent durement », a-t-il déclaré. Selon lui, ces drames appellent une action concertée entre les pays d’origine, de transit et de destination. « Gérer les frontières ne suffit pas. Il faut que les pays d’origine, de transit et de destination travaillent ensemble », a-t-il souligné. Le représentant de l’UE a appelé à « protéger les gens, à combattre les trafiquants, à informer sur les dangers, à proposer des voies de migration sûres et régulières ». Le programme MPRR-SSA s’inscrit dans un engagement plus large de l’Union européenne en matière de migration. Il est notamment déployé dans la région de Kayes, où la migration occupe une place importante dans les dynamiques sociales et économiques. Le représentant de l’UE a également évoqué les initiatives destinées à renforcer l’emploi et la formation des jeunes. Il a cité un programme de 17 millions d’euros mis en œuvre par LuxDev, ainsi que les programmes Borderlands, qui visent à renforcer la résilience, la cohésion sociale et la coopération dans les zones frontalières du Mali, notamment celles situées sur les routes migratoires.
Siaka DAIMOUTENE/Maliweb.net
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