IUG : vers un nouveau bras de fer

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Me Mountaga Tall - président CNID Faso Yiri wa ton
Me Mountaga Tall, ministre de l’Enseignement Supérieur…

Concernant le premier point, à savoir le paiement des frais d’encadrement (2011 -2014), les enseignants ont félicité le syndicat pour avoir obtenu un début de solution. En effet, suite au dernier mot d’ordre de grève illimitée, la présidence de la République s’était impliquée en faveur d’une résolution rapide du problème. Mais ce résultat n’était pas à l’actif du seul syndicat puisque les étudiants qui en étaient les victimes collatérales avaient aussi donné de la voix. Dans tous les cas, le gouvernement a débloqué 30% du montant total estimé à quelques 600 millions portant sur quatre ans (2011-2014). Les derniers enseignants concernés attendent d’être payés. Sur ce point précis, il n’y a pratiquement plus de problème.

La tension couve toujours.

En revanche, toujours par rapport à ces frais d’encadrement, la tension reste vive. Pour un certain nombre de raisons. Tout d’abord, les enseignants visiblement très surexcités selon nos informations, attendent de leur département qu’il s’investisse à ce que le reliquat (70%) soit payé d’ici au 30 juin prochain, comme cela a pu être annoncé lors d’une précédente rencontre ayant regroupé les différentes parties. Or, à ce jour, rien ne laisse espérer que ce paiement aura lieu à la date indiquée, voire si elle aura lieu tout court. En effet, selon certaines explications, tout en ordonnant de payer 30% du montant, le gouvernement a demandé de faire un audit de la situation. Le dossier a été attribué à Koni Expertise qui y travaille déjà. Cet audit n’inquiète pas outre mesure les bénéficiaires, mais ils y voient une énième manœuvre des autorités pour retarder les choses au mieux, les remettre carrément en question au pire. D’ailleurs, estiment-ils, toutes les pièces justificatives ont été signées et contresignées par qui de droit, sans compter que l’IUG n’est nullement un cas isolé, d’autant plus que tous les autres établissements publics d’enseignement supérieur étaient dans la même situation sans qu’ils aient fait l’objet d’un traitement spécifique.

Le ministre n’inspire plus confiance.

Dans tous les cas, l’Assemblée a mandaté le bureau syndical de faire le point de paiement des 70% avec le département. Ils s’attendent à ce que le reste des dus soit payé d’ici au 30 juin. Ils l’exigent même, même si nombreux sont les enseignants qui n’ont aucune confiance en leur ministre ; lequel, de leur point de vue, n’a jusque-là pas respecté ses engagements. Ils se font donc peu d’illusions sur une implication personnelle de Me Tall en faveur d’un dénouement rapide et heureux de la crise. Bref, les enseignants espèrent plutôt que d’autres instances comme la présidence, s’investissent à nouveau pour résoudre le problème.

L’épineuse question de l’enseignement à distance.

Le second sujet important qui a été abordé au cours de cette Assemblée générale a été l’enseignement à distance à l’intérieur du Mali, dont l’IUG peut être considéré comme le pionnier en la matière. Les syndicalistes, tout comme d’ailleurs les autres enseignants, ont eu vent d’un projet machiavélique visant à supprimer les cours à distance pilotés par l’unité de formation professionnelle (UFP). Le nouveau Directeur général de l’IUG, M. Konaté, est pointé du doigt comme étant la personne en mission spéciale pour obtenir cette suppression. L’argument invoqué par ce Directeur nommé par Me Tall serait que les cours à distance ne seraient pas rentables. Le processus de suppression a été déjà enclenché avec le refus de l’année dernière de nouveaux dossiers d’inscription. Les enseignants sont très remontés contre cette situation. D’abord ils estiment indécent de ne voir en une structure publique qu’une entreprise devant nécessairement faire du profit. Ils s’insurgent donc contre cet esprit mercantile venant surtout de la part d’un “Monsieur” qui devra faire valoir ses droits à la retraite dans un an. Par ailleurs, à supposer que cet enseignement à distance ne soit pas rentable. La direction de l’IUG s’est-elle au moins donné la peine de commanditer une étude qui puisse expliquer la non rentabilité et proposer des mesures de redressement ? Une telle initiative n’a jamais été prise, martèle-t-on du côté du syndicat.

Autre argument de taille, les enseignants sont convaincus que, au-delà du caractère public de cet enseignement, c’est l’IUG qui a posé les premiers jalons en matière de décentralisation de l’enseignement universitaire et professionnel. L’institut devrait donc être encouragé dans ce sens pour avoir porté le savoir auprès de ceux qui en ont besoin et qui en font la demande. Une des raisons de la baisse de rentabilité est la volonté délibérée de certaines personnes malveillantes qui ont programmé cette suppression et, par conséquent, ont tout fait pour arrêter les campagnes de promotion sur les médias. Le but inavoué étant de favoriser l’émergence d’autres écoles concurrentes programmées pour prendre la place que laisserait vacante l’IUG. Cela, les enseignants ne sont guère prêts à l’admettre et sont prêts à se battre jusqu’au bout pour empêcher le succès de ce plan machiavélique. Me Tall peut donc s’apprêter à de rudes empoignades avec le syndicat de l’IUG. Le Directeur général, M. Konaté, devra lui-même s’expliquer sur la volonté qu’on lui prête de supprimer l’enseignement à distance. S’étant déjà fait beaucoup d’ennemis à ce sujet, il aura du mal à convaincre plus d’un et diriger en toute sérénité. Heureusement qu’il ne lui reste plus grand-chose pour faire valoir ses droits à la retraite. En attendant, les hostilités semblent déclenchées pour encore un bout de temps.

I.Vitalki

 

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