El Madani DIALLO membre du Comité Exécutif de l'ADEMA : « LES ACCORDS D’ALGER SONT DANGEREUX POUR LA PAIX…… »

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Ahmed El Madani Diallo est né à Ségou où il a fait ses études primaires à l’Ecole Régionale (actuel Groupe Scolaire Bandiougou Bouaré). Etudes secondaires au Lycée Terrassons de Fougères devenu Lycée Askia Mohamed où il a obtenu le baccalauréat série Sciences Exactes. Etudes Universitaires en France où il a obtenu la Maîtrise en Mathématiques et le Doctorat en Sciences Economiques (Mention Monnaie Change et Financement).

De retour au Mali il a travaillé à la CMDT, à l’Office du Niger, à l’Huicoma avant d’exercer les fonctions de Secrétaire Général de la Présidence de la République, de Ministre de l’Economie du Plan et de l’Intégration, de Ministre du Développement Rural. Membre fondateur de l’ADEMA Part Africain pour la Solidarité et la Justice, il a toujours été élu membre du Comité Exécutif de la création du Parti à ce jour. Il a enseigné l’Economie et les Mathématiques à l’Ecole Nationale d’Administration du Mali (ENA). Il a également enseigné les Mathématiques dans divers Lycée en France. Il est marié et père de deux enfants, un garçon et une fille. Il est issu d’une famille très très (il insiste) nombreuse de Ségou. Le fils de Ségou qui révèle que l’éducation qu’il a reçue à Ségou lui fait obligation de ‘’Dire toujours ce que vous pensez et défendez toujours vos convictions, seul Dieu peut vous juger’’ est donc notre invité.

Le Ségovien : Ce parcours vous satisfait il ?

E. Diallo : J’ai toujours essayé de faire de mon mieux, en conformité avec mes convictions et ma conscience. Donc je ne suis pas mécontent de mon parcours. Cependant, je ne suis pas non plus satisfait car il y a tant de choses à faire, tant de tâches à accomplir, tant de défis à relever. Il faut simplement faire de son mieux.

Le Ségovien : Par exemple jusqu’à postuler pour le Palais de Koulouba en 2002….

E. Diallo : Cette candidature de 2002, qui n’avait pas été préparée comme chacun l’a vu, s’est imposée à moi comme une nécessité pour éviter des dérives plus importantes.

Le Ségovien : L’Adema est encore au devant de la scène. Ne renoue-t-elle pas avec cette habitude cette année encore ? Vous aussi ?

E. Diallo : Il est évident que l’ADEMA, premier parti du Mali depuis l’avènement de la démocratie pluraliste dans notre pays, ne laisse personne indifférent. Les dernières élections municipales confirment cela. Alors beaucoup de choses peuvent se dire ici ou là. Ce qui est important, c’est la mise en œuvre du projet ADEMA pour que le Mali avance. Ce qui se passe en réalité dans l’ADEMA c’est que l’ADEMA, parti de débats, continue de vivre, parfois somnole, sommeille même parfois ; mais se réveille toujours et continue sa marche en avant. L’ADEMA est entrain de se réveiller d’une certaine somnolence, comme d’ailleurs beaucoup de maliens peut être. Ma seule intention est de réveiller et de mobiliser mon parti pour qu’il soit utile à mon pays le Mali. C’est cela seul qui compte. L’ADEMA va donc présenter, je l’espère un candidat. Des déclarations ont été faites, des recommandations ont été formulées. Personnellement et c’est l’avis de beaucoup de militants, je pense que l’ADEMA doit présenter des candidats à toutes les élections.

Le Ségovien : Et ce soutien électoral à ATT ?

E. Diallo : Le dernier congrès de l’ADEMA tenu les 16, 17 et 18 Janvier 2004 a décidé de soutenir le Président de la République et son Gouvernement au cours de son mandat actuel. Pour la suite, rien. Encore faut il évaluer sereinement ce soutien, en faire le bilan et tirer les conséquences. Quelle évaluation faisons nous réellement de notre soutien ? La parole est aux militants et la réponse est à un congrès.

Le Ségovien : Les partis politiques doivent ils seulement jouer ce rôle de soutien ?

E. Diallo : La plupart des partis politiques du pays sont issus de la révolution de Janvier et Mars 1991 qui a vu s’instaurer au Mali un multipartisme intégral et effectif. Ces partis sont constitutionnels et concourent à l’expression des suffrages ainsi qu’à la formation politique de la population. Leurs rôles sont essentiels pour la Démocratie Malienne et doivent être renforcés et soutenus. Aujourd’hui les partis politiques éprouvent beaucoup de difficultés à assumer pleinement leurs rôles d’analyse, de mobilisation et de positions face aux problèmes du pays. Mais je pense que la démocratie malienne est jeune et que l’avenir n’est pas sombre. Mais les risques réels sont là qu’il faut analyser et endiguer.

Le Ségovien : Ceci ne revient pas à dire que votre bataille est de pouvoir diriger votre parti ? 

E. Diallo : Etre président d’un parti est une mission de confiance et un honneur qui se mérite certes, mais qui ne devrait pas être un enjeu de luttes pour partager ou profiter de je ne sais quel gâteau. Un président devrait être au service d’un parti, d’une cause, servir et non se servir.

Le Ségovien : Rentrer au gouvernement comme l’estiment certains….

E. Diallo : Ayant accompli cette responsabilité de longues années, je crois avoir donné le meilleur de moi-même. Je n’aspire plus à exercer les fonctions de Ministre. Je crois qu’il faut laisser cela à d’autres qui sont bien préparés à cela. Mais j’espère continuer avec l’habitude de bien faire et de bien servir mon pays tant que je vivrai.

Le Ségovien : Pourquoi pas Député à Ségou ?

E. Diallo : En tant que militant d’un parti qui présentera des candidats aux législatives, je serais concerné au plus haut point par ces élections. Mais moi-même je ne serais pas candidat. Je me battrai pour que des hommes et des femmes (surtout des jeunes) représentatifs des différentes circonscriptions et engagés aux côtés des populations sur le programme et le projet de Société de mon parti puissent se présenter et être élus. Il faut assurer la relève et assurer le devoir de génération

 Le Ségovien : Votre point de vue sur les Accords d’Alger

E. Diallo : Pour moi les accords d’Alger ont été une erreur. Ils ont été mal préparés, et témoignent d’un déficit démocratique et juridique profond. Politiquement, ces accords sont dangereux pour la paix, la cohésion sociale, l’unité du pays et la sécurité intérieure. Ces accords sont également injustes car ils visent à récompenser les auteurs de forfait contre les défenseurs de la sécurité nationale, contre les innocentes populations que l’on est justement sensé protéger. Je dis comme je le pense.

Le Ségovien : Et sur les derniers événements de la Chambre Consulaire à travers l’interpellation du ministre de tutelle…

E. Diallo : Cette interpellation qui devait être un grand moment d’édification pour les maliennes et les maliens s’est déroulée dans une atmosphère lamentable et a laissé un sentiment de profond malaise qui n’honore pas notre démocratie. Il faut que les uns et les autres se ressaisissent.

Le Ségovien : Un appel à lancer ?

E. Diallo : L’appel que je lance est que les militantes et les militants de l’ADEMA PASJ sortent de leur léthargie, se remobilisent pour participer aux prochaines élections massivement, faire élire leurs candidats pour que leur projet de société et leur programme soient appliqués pour le plus grand bonheur des populations maliennes. Ensemble marchons vers la victoire, une victoire pour le Mali et le peuple malien.

Propos recueillis par Gaoussou Diabaté

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