Assemblée générale des Nations Unies : La voix du Sahel résonne à Manhattan

Au cœur du quartier de Manhattan, la tribune du Siège des Nations Unies a résonné au rythme d'une transformation politique majeure.

5 Octobre 2026 - 01:25
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Assemblée générale des Nations Unies : La voix du Sahel résonne à Manhattan

En marge des débats généraux de la 81è session ordinaire de l’Assemblée générale, la Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a fait plus que bouger les lignes de ce tissu de préjugés savamment entretenus en formalisant à New York une doctrine diplomatique souverainiste et fermement engagée dans la redéfinition des rapports de force internationaux. À Manhattan, le Sahel a parlé d’une seule et même voix.

Portée conjointement par le Ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean-Marie Traoré, parlant au nom de la présidence en exercice de l'alliance, le Ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et le Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, l'offensive diplomatique s'est articulée autour de la devise confédérale «Un peuple, un espace, un destin».

Devant la communauté internationale rassemblée à New York, la diplomatie des trois pays fondateurs de la Confédération des États du Sahel a affirmé sa pleine légitimité et rejeté tout mécanisme de tutorat. Le Ministre burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré a résumé cette volonté d'émancipation politique en déclarant : «Nous ne demandons à personne la permission d'exister. Nous ne sollicitons de personne un certificat de souveraineté. Nous avançons, unis et debout, parce que notre cause est juste et parce que notre avenir nous appartient».

Cette démarche conjointe a martelé le refus des ingérences extérieures et traduit en même temps la volonté commune d'instituer des dynamiques propres de gouvernance, des balises de défense communautaire et les jalons pérennes d’un développement durable et endogène.

Pour concrétiser cette rupture avec les instances juridiques jugées partiales, les représentants de l'AES ont notifié le retrait officiel de leurs États du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale, dénonçant la politisation et la sélectivité persistantes de la justice internationale.

 

Réquisitoire contre la guerre hybride et les sponsorings extérieurs

La question sécuritaire a elle aussi donné lieu à des déclarations directes fustigeant les réseaux de déstabilisation à l'œuvre dans l'espace sahélo-saharien. S'exprimant à la tribune des Nations Unies, le Ministre Abdoulaye Diop a dénoncé les tactiques de guerre hybride subies par les populations et pointé du doigt la responsabilité de parrains étrangers : « Le Mali réclame une organisation refondée et dénonce sans détour les soutiens étatiques accordés au terrorisme qui endeuille nos nations ».

Le Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, a complété cette analyse en qualifiant la violence criminelle dans la sous-région d’« ingénierie cynique de recolonisation habillée des oripeaux de l'extrémisme». Le Chef du gouvernement nigérien a rappelé que l'instabilité actuelle demeure la conséquence directe de choix géopolitiques imposés de l'extérieur, notamment les répercussions de l'intervention de l'OTAN en Libye en 2011.

L'événement parallèle organisé le 25 septembre 2026 sous le thème « Sécurité et développement au Sahel : cas de la Confédération des États du Sahel », a permis de réunir de nombreuses chancelleries étrangères et organisations partenaires autour des enjeux spécifiques aux trois États confédérés. Les ministres y ont détaillé l'architecture de défense confédérale, marquée par le déploiement de la Force unifiée de 5000 hommes, l'application du droit de poursuite transfrontalier, ainsi que la mise en place d'une Banque d'investissement commune.

Plusieurs délégations, dont celles du Maroc, du Togo, de la Russie, de l'Algérie, du Congo et de la Chine, ont exprimé des positions de soutien.

Le représentant du Togo a notamment rappelé que les pays du Sahel constituent une « digue sécuritaire pour l'ensemble des pays côtiers qu'il convient d'accompagner sans donner de leçons ».

Sur le plan économique, la réappropriation des richesses naturelles est demeurée un axe central. Le Premier ministre du Niger a souligné la volonté ferme de rompre avec les déséquilibres historiques en déclarant : « Pendant plus d'un demi-siècle, l'uranium du Niger a éclairé les villes d'Europe tandis que les nôtres restaient dans l'obscurité. Cette injustice a désormais pris fin ».

L'AES confirme ainsi son ambition de mobiliser ses ressources minières, énergétiques et pétrolières pour la transformation locale et le financement endogène du développement. À ce sujet, le Mali va bientôt abriter une école des mines et pétrole.

En achevant leurs travaux à Manhattan, les émissaires du Sahel central ont réaffirmé leur engagement en faveur d'un multilatéralisme réorganisé, exigeant une gouvernance mondiale fondée sur le respect strict de la souveraineté, l'égalité entre les États et la non-ingérence.

La Rédaction

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