Chronique : Les routes de l'asphyxie

Le voyageur qui emprunte aujourd'hui les axes routiers maliens ne s’engage plus seulement sur une voie de communication, mais sur un véritable théâtre d’opérations asymétriques ...

18 Mai 2026 - 02:35
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Chronique : Les routes de l'asphyxie

Le voyageur qui emprunte aujourd'hui les axes routiers maliens ne s’engage plus seulement sur une voie de communication, mais sur un véritable théâtre d’opérations asymétriques où se joue la résilience économique et humaine de la nation. Circuler à travers le pays est devenu une épreuve de courage, une traversée incertaine face à une criminalité transfrontalière d'un genre nouveau. Nos routes nationales, qui constituaient jadis les artères vitales du commerce et les symboles du brassage culturel sahélien, subissent les assauts répétés d'une faune hybride de bandits armés et de terroristes opportunistes. Ce phénomène, loin de se limiter à du simple brigandage de grand chemin, s'intègre désormais dans une stratégie délibérée d'asphyxie logistique visant à paralyser les flux, à isoler les centres urbains et à saboter les efforts de stabilisation portés par les autorités.

Le quotidien de cette insécurité routière se décline en scènes de terreur qui frappent indistinctement les opérateurs économiques et les populations civiles les plus modestes. Le modus operandi de ces bandes criminelles se caractérise par une violence spectaculaire et une volonté affirmée de marquer les esprits par l’effroi. Les compagnies de transport en commun, qui assurent la liaison indispensable entre la capitale et les régions, se retrouvent en première ligne de cette guerre d'usure. Des bus bondés sont interceptés en plein trajet par des individus lourdement armés qui n'hésitent pas à contraindre les chauffeurs à s'arrêter en ouvrant le feu sur les pneumatiques ou l'habitacle. Une fois le véhicule immobilisé, les passagers sont soumis à des séances d'intimidation brutale, menacés de mort sous le canon des fusils d'assaut, puis méthodiquement dépouillés de leurs économies, de leurs téléphones et de leurs marchandises. Pour couronner cette entreprise de destruction, les assaillants réduisent fréquemment bus, camions de transport de bétail ou de marchandises en cendres, laissant des carcasses calcinées au milieu du goudron comme autant de signatures de leur volonté de rompre définitivement les fils de la libre circulation.

Cette violence ouverte masque en réalité les intérêts très lucratifs d'une économie souterraine dont le contrôle des axes routiers constitue la clé de voûte. Les coupures de routes et le harcèlement des usagers servent de paravent au trafic à grande échelle de carburant, de gasoil de contrebande et de produits illicites. Pour ces réseaux de criminalité organisée, la fluidité de la légalité républicaine est un danger mortel. En installant une psychose permanente sur les axes officiels, ils contraignent les transporteurs légitimes à renoncer à leurs rotations, libérant ainsi des couloirs de circulation exclusifs pour leurs propres convois de fraude. Cette entreprise de spoliation ne prive pas seulement l’État de recettes fiscales indispensables en ces temps de crise, elle étrangle les commerçants locaux et renchérit le coût de la vie pour des populations déjà durement éprouvées par le contexte global.

Pourtant, la superbe de ces seigneurs de la brousse s’évanouit dès lors que s'annonce la réponse de l'outil de défense nationale. Face à la réactivité et à la montée en puissance des Forces Armées Maliennes (FAMa), l'audace de ces bandes armées révèle sa véritable nature, faite de lâcheté et de fuite éperdue. Informés par un réseau de guetteurs de l’imminence d'une patrouille ou d'une intervention héliportée de l'armée régulière, ces criminels refusent systématiquement le choc frontal. Ils abandonnent leurs positions de blocage pour s'enfoncer dans la nature ou, par un stratagème plus vil encore, choisissent de se fondre au sein des populations civiles qu'ils terrorisaient quelques instants plus tôt. C'est dans ce camouflage que l'asymétrie de la menace atteint son paroxysme, puisque ces combattants n'hésitent pas à se délester de leurs armes pour revêtir des atours féminins, usurpant l'identité et la dignité des femmes maliennes pour échapper aux mailles du filet militaire.

La bataille pour la sécurité routière au Mali dépasse donc largement le cadre d'un simple défi policier pour devenir un enjeu de souveraineté territoriale absolue. Face à cette guerre hybride qui utilise le déguisement, la propagande par le feu et le sabotage économique, la résilience nationale repose sur une synergie indéfectible entre les forces d'élite sur le terrain et la vigilance citoyenne à l'arrière. La reconquête complète des axes routiers et la sanctuarisation des corridors de ravitaillement demeurent les conditions non négociables de la survie de l'État et de la préservation de son intégrité. Le Mali forge sa liberté dans la résistance, et ses routes finiront par être purgées de ces imposteurs pour redevenir les chemins de la prospérité et de l'unité nationale. Le nouveau CEMGA, Général de Division Élisée Jean Daou, qui n'est pas en terrain inconnu, est d'office informé et il saura quoi faire.

M.K.L

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Commentaires (2)

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sangare
sangare 5 mois
Aucun officier supérieur,qu'il soit malien ou américain,ne peut rien faire contre des groupes armés intégrés au sein de la population. IL FALLAIT ANTICIPER!!! Être incapable d'anticiper un phénomène de guerre asymétrique exprime l'INCOMPÉTENCE DES AUTORITÉS POLITIQUES. En réalité, on a rendu très difficile le travail des chefs militaires. Ce qu'on appelle "lâcheté" des groupes armés JIHADISTES qui attaquent les bus tout en prenant soin d'éviter l'armée malienne n'est rien d'autre qu'une tactique militaire. QUAND L'ENNEMI EST PLUS FORT, ON L'ÉVITE, PRÉFÉRANT DES GUET APENS. C'est ainsi les États-Unis, les russes ont échoué en Afghanistan. Quand on dit l'armée malienne monte en puissance, il ne s'agit pas des achats d'armes,mais prioritairement par la PERFORMANCE DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT MILITAIRE. C'est ce service qui permet d'ANTICIPER. UNE ARMÉE QUI MONTE EN PUISSANCE EST EN RÉALITÉ LA REMISE EN CAUSE DE L'ORGANISATION ET DU FONCTIONNEMENT DE L'APPAREIL DE DÉFENSE. Ce travail est exclusivement réservé aux HOMMES POLITIQUES car il s'agit d'exprimer une VISION POLITIQUE validée nécessairement dans les URNES. Un chef militaire, qui a des idées de réforme de l'outil de défense afin de l'adapter à la guerre asymétrique, doit soit la mettre à la disposition d'un homme politique qui lui inspire confiance, soit démissionner pour la présenter au peuple malien pendant les campagnes électorales. Ne pas procéder ainsi en 2021,les chefs puchistes ont agi pour le compte des ennemis de notre pays. Ils préfèrent dénoncer les conséquences des actes pris en 2021 inspirés par un homme politique aigri qui a trahi ses camarades du M5-RFP pour être aux côtés des puchistes. CHOGUEL MAIGA EST LE PRINCIPAL RESPONSABLE DES ACTES MILITAIRES ASYMÉTRIQUES QUI SE DÉROULENT ACTUELLEMENT DANS LES ROUTES QUI MÈNENT DANS LA CAPITALE. En 2021,après le coup d'Etat contre BA DAW, CHOGUEL MAIGA aurait accepté que le M5-RFP soit au centre des décisions gouvernementales comme ça se fait avec un parti politique majoritaire à l'assemblée nationale, on aurait obligé les chefs militaires à éviter des erreurs commises dont les conséquences sont,entre autres, l'assassinat d'un des chefs puchistes ministre de la défense. LE M5-RFP EST NATURELLEMENT DANS LE SENS DU RESPECT DE LA DURÉE DE LA TRANSITION ARRÊTÉE AVEC LA CEDEAO. Pendant les campagnes électorales, les maliens auraient choisi une VISION POLITIQUE qui a pu les convaincre, on n'en serait pas là à subir les fous de dieu. C'est vrai qu'en 2013,les maliens ont préféré la force militaire en se prononçant massivement pour IBK, mais manipulés par les puchistes qui ont tout fait pour éviter SOUMAILA CISSE qui incarnait l'esprit de feu BOUBACAR SADA SY ,l'ennemi des mafieux installés par les puchistes du 19 novembre 1968.
Nfp
Nfp 5 mois
Fidèle à lui-même, MKL avec ce torchon n’apprend absolument rien à personne... Ni sur le risque mortel bien réel que constituent effectivement nos axes routiers, ni sur la barbarie tout aussi réelle des terroristes qui y sévissent ! Par contre, en bon griot-larbin, il s'abstient scrupuleusement de mentionner le VRAI fond du problème, à savoir : La totale incapacité de la junte en place à maîtriser l'insécurité qui règne - et s'aggrave chaque jour un peu plus - au Mali !...
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